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Jeudi 1 mai 2008
Commémo

Parce que les combats futurs s'inspirent aussi des combats passés, un petit billet pour jeunes anciens combattants:
le meeting de Ségolène Royal, le 1er Mai 2007 au stade Charléty.





Interviews
envoyé par PernL

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 31 décembre 2007

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Chers amis et amies de Désirs d'avenir,  

Je tiens à vous remercier du fond du cœur de tout ce que nous avons fait ensemble en 2007 et à vous adresser mes vœux les plus chaleureux pour l'année 2008.  

Nous nous rencontrerons à nouveau pour réfléchir, pour travailler ensemble et pour partager des moments d'amitié.  

Je diffuse ce soir à 20 heures par vidéo un message de vœux de quelques minutes qui s'adresse à tous les Français. Le texte vous sera également envoyé par lettre d'information.  

Très bonne année et à bientôt,
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Ségolène Royal présente ses voeux 2008

Bonsoir,

Ce soir j'ai d'abord une pensée particulière pour ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude, dans l'abandon, ou qui ont connu au cours de l'année 2007, des drames ou des épreuves.

Je vous souhaite que l'année 2008 vous apporte de l'espoir et un nouveau départ dans la vie, et j'en suis sûre, cela va vous arriver.

Je souhaite à la France, c'est à dire à nous tous, une République plus fraternelle ou chacun et chacune aura le sentiment, et même la certitude, qu'il doit pouvoir avancer, réussir, en comptant sur les autres, et d'abord en comptant sur l'Etat.

Et d'abord, l'Etat doit tenir sa parole et ceux qui ont parlé en son nom doivent faire ce qu'ils ont dit. J'attends par conséquent que l'année 2008 apporte aux bas salaires une hausse conséquente, une revalorisation des petites retraites car je sais beaucoup de personnes âgées dans la difficulté, après avoir travaillé pourtant toute leur vie.

Je veux que l'année 2008 soit comme cela a été promis, l'année de lutte contre la vie chère. Et je souhaite pour la France, c'est à dire pour nous tous, que les garanties fondamentales soient renforcées et non pas fragilisées. Pouvoir se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école. Recevoir un juste salaire de son travail, pouvoir préparer l'avenir, pouvoir accéder aussi à la culture, tout cela la France a les moyens de pouvoir l'apporter à chacun et à chacune.

Un État fort doit aussi garantir une égalité de développement sur l'ensemble du territoire national et dans les Outre mers. Chacun a le droit d'accéder à la liberté de choix de sa vie, et en même temps aux conditions qui vont garantir cette liberté.

Le monde est devenu un village, rien de ce qui se passe à l'autre bout de la planète nous est étranger. Chaque événement a maintenant une incidence sur toutes les parties du globe. C'est pourquoi si nous voulons ensemble maîtriser les fanatismes, les terrorismes, les atteintes insupportables à l'environnement, alors nous devons faire converger nos politiques diplomatiques pour que les valeurs de protection de la personne humaine l'emportent partout et toujours sur les valeurs financières ou sur l'obscurantisme. C'est cela aussi que je souhaite.

Le temps presse, la France mérite beaucoup mieux que cette juxtaposition entre des comportements ostentatoires et d'un luxe insolent d'un coté, et tant de précarité ou de fragilité pour le plus grand nombre de l'autre.

La France mérite mieux oui, parce que nous avons du potentiel, de l'énergie, du talent dans nos laboratoires, nos entreprises, nos écoles. Toute cette énergie là, pendant l'année 2008, doit être mise au service d'une croissance enfin retrouvée.

Le temps presse, le potentiel est là, et c'est pourquoi je souhaite que l'année 2008 soit l'année de la morale des comportements et des résultats.

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 31 décembre 2007
Visite de la caserne de pompiers de la Porte de Champerret

 

Chères amies,

Chers amis,

A l'occasion de la fin de l'année, je sors à l'instant d'une visite de la caserne de pompiers de la Porte de Champerret, où j'ai été reçue à 15 heures cet après-midi.

J'ai choisi ce lieu symbolique pour mettre l'accent sur un service public particulièrement mobilisé en ce jour, et d'ailleurs toute l'année.

J'avais été invitée il y a déjà quelques temps, et je voulais terminer l'année en honorant cette promesse.

J'ai été reçue par le Colonel Fievet, responsable de l'état-major de la Brigade de sapeurs pompiers.

Après avoir visité la salle d'état-major où seront gérées toutes les activités de la nuit à venir sur Paris et les trois départements de la petite couronne, nous nous sommes rendus dans la salle d'appels du18. J'ai longuement discuté avec l'ensemble des pompiers chargés de répondre aux appels d'urgence, une bonne dizaine étant présents y compris trois médecins, un infirmier et du personnel médical spécialisé pour évaluer les appels.

Une discussion sur l'évolution du métier s'est alors engagée. Cette année les interventions des pompiers ont augmenté de plus de 17%. C'est aussi le miroir d'une société qui se raccroche à un service public qui obéit aux trois mots d'ordre, affichés dans la salle d'appels : "ALTRUISME, EFFICIENCE, DISCRETION".

Ils observent une montée des solitudes, des précarités, des pauvretés, mais aussi de personnes qui ne sont pas pauvres et appellent les pompiers parce qu'il y a moins de médecine libérale de proximité.

Malgré leur obligation de réserve, j'ai compris à demi-mot, y étant moi-même confrontée dans la région que je préside qu'il y a une réforme sérieuse et urgente à faire pour coordonner tout le dispositif des interventions d'urgence. Il est d'ailleurs à craindre que la franchise médicale va encore déporter vers les pompiers des interventions qui relèvent d'autres corps de métier.

A travers eux, c'est aussi à tous les métiers qui par leur dévouement assurent la continuité du lien social que j'ai voulu honorer.

La préfecture de Police n'a pas autorisé la presse à m'accompagner. C'est dommage car ce sont des sujets qui intéressent les Français, mais quelques photos ont été prises que je vous joins à ce lettre.

Je leur ai souhaité une très bonne année et je vous adresse également, à vous tous, mes voeux les plus chaleureux.

A bientôt,

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 12 décembre 2007

Les 100 Français qui font bouger la France 

Ségolène Royal était l'invitée mardi 11 décembre des "100 Français qui font bouger la France" sur France 2.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 7 décembre 2007

 

Si vous avez raté Ségolène Royal hier soir dans l'émission "A VOUS DE JUGER" sur FRANCE2, nous vous proposons de la voir (ou revoir) ci-dessous.

 

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 5 décembre 2007

par Rue89

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd'hui le livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, c’est vous" (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu'elle aussi était une femme qui avait souffert? 

Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d'une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.

 
La force 

Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d'honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate. 

Elle a "hésité longuement à parler" d'un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d'ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne. 

La vie politique -"Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c'est le bon jour, il va basculer vers moi. (...) Et ce jour n'est jamais venu."- se mêle à la vie privée -"une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë". 

L'humeur est également aux règlements de compte: "Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n'était pas une bonne idée." Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d'espoir, de 2012... et de sa condition de femme:

"Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d'un compagnon amoureux, à fond avec la candidate."

En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans "Une élection imperdable" (L'Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings ("Et pourtant je ne lévite pas", ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui "un procureur impitoyable". 

Elle pense aussi avoir été rejetée "comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes". 

Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:

"D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force."

Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l'implosion du PS pour mieux le reconstruire.

 
L’humour 

"J’étais sorcière, tu me voulais câline." Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti. 

"Ma plus belle histoire, c’est vous" est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:

"Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer."

L'identification 

"Depuis le 6 mai 2007, j'y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?" Ségolène Royal est une femme et s'interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n'y échappe. Aucun fait de campagne n'est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l'appréciation des (é)lecteurs. 

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l'une des cinq parties de l'ouvrage. Au titre évocateur: "L'autre moitié du ciel: candidate mais femme." Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: "Etre une femme candidate, c'est pas si facile..." 

Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples "écarts de langage" pour mieux souligner leur gravité:

"Qui va garder les enfants?"
"Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel"
La présidentielle "n'est pas un concours de beauté"...
... ou "une question de mensurations"

Elle revient sans cesse à la charge: "Je le maintiens: le fait d'être une femme, ça a compté." Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux "caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré". A toutes les "travailleuses pauvres": "Sur 8,4 millions de salariés qui n'atteignent pas le smic, 80% sont des femmes." 

Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s'empêcher de penser: 

"L'ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?" 

Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit: 

"Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne." 

On est, nous aussi, en droit de s'interroger: quelles n'auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: "Comme une amoureuse qui craint un manque de libido"?
 

L'objectif 

"Dis, quand reviendras-tu?", chantait la dame en noir. L'ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012. 

C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où "le jour se lève encore". 

Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la "bravitude"), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne. 

Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu'elle a souffert pour l'écrire, qu'elle tenait à l'écrire. 

Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de... Barbara:

"Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose..."

Hubert Artus et Julien Martin

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Jeudi 22 novembre 2007

Sortie prévue le 3 décembre 2007

Editions Grasset et Fasquelle, 336 pages, 14x23 cm.
Vous pouvez d'ores et déjà commander le livre sur alapage.com au prix de 18,53 euros
(5% de réduction sur le prix éditeur).

Source: nosdesirsdavenir

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 31 octobre 2007

"La droite a le sens du chef. Pas les socialistes..."

 

Il y a un an, sa cote était au plus haut. Il y a six mois, elle a subi une lourde défaite. L' ex-star des sondages peut-elle être autre chose qu'un espoir déçu ? Comment imposer son leadership sur le PS et préparer sa revanche en 2012 ?
Ségolène Royal s'est confiée à Matthieu Croissandeau.

Opération reconquête

La foule se presse sur le trottoir. On parle on rit, on attend. Il est 22h30 devant la Casa del Popolo Vie Nuove, dans les faubourgs de Florence. Ce 18 octobre, quelque 300 militants sont venus fêter la naissance du Parti démocrate, issu du rapprochement des démocrates chrétiens de la Marguerite et des démocrates de gauche. Ses fondateurs ont convié une invitée de marque pour porter le nouveau mouvement sur les fonts baptismaux. Une portière claque, les flashes crépitent... Ségolène Royal fait son apparition. On croit rêver. C'est comme si tout recommençait. Même sourire, même «Marseillaise» qui résonne dans la salle, même drapeau bleu-blancrouge sur l'estrade, même ovation chaleureuse sur les bancs... Le temps aurait-il suspendu son vol dans le ciel de Toscane ?

Six mois après sa défaite à la présidentielle, Ségolène Royal est ailleurs mais debout. Depuis la rentrée, elle distille ses apparitions au compte-gouttes, préférant s'offrir de grands bols d'air, hors des frontières étroites de son Poitou-Charentes et de l'ambiance mortifère de Solférino. Après le Québec et la République tchèque en septembre, l'Argentine et le Chili le week-end dernier, elle s'envolera prochainement pour le Brésil, puis Harvard, avant Londres et peutêtre l'Inde. A chaque étape, elle fait salle comble. A chaque étape aussi, les mêmes effusions. Au Québec, c'est un car de touristes espagnols qui lui est tombé dans les bras, raconte-t-elle. En Italie, ce sont des jeunes femmes qui se bousculaient pour être prises en photo avec elle. A Paris, les mauvaises langues prétendent qu'elle est désormais plus populaire à l'étranger que dans l'Hexagone, oubliant au passage que, selon les derniers sondages, de nombreux électeurs de gauche comptent encore sur elle.


Il y a un an presque jour pour jour, le pays tombait sous le charme de Ségolène. La candidate fraîchement désignée par un vote massif des militants écrasait tout sur son passage : les sondages, ses rivaux du PS et même le futur président... Mais aujourd'hui que reste-t-il de la madone ? Son sourire ou son programme ? La ferveur des meetings ou les boulettes de la campagne ? La défaite ou les 17 millions de Français qui lui ont apporté leurs suffrages ? L'espoir ou l'indifférence ? Après six mois d'omniprésence médiatique, l'ex-candidate a mis la sourdine, prenant le risque de l'effacement. Les dernières tribunes qu'elle a livrées à la presse sur l'international ou l'économie, pourtant plus charpentées que certains de ses discours de campagne, n'ont guère rencontré d'écho. Samedi dernier, c'est à peine si son absence a été remarquée à la Mutualité, où ses camarades socialistes tenaient un conseil national. Loin des yeux... «Elle prend de la distance, pas du recul, prévient l'adjoint à la culture parisien Christophe Girard, qui a dîné avec elle à Buenos Aires. Elle observe tout.»

N'en déplaise à ses détracteurs, Ségolène Royal ne s'est pas retirée de la vie politique. Au lendemain de la défaite, son caractère trempé et son agenda chargé lui ont évité de sombrer dans la dépression qui marque d'ordinaire les lendemains de déconvenues électorales. «J'ai d'abord tenu pour mon entourage. Je portais le deuil des autres», résumet-elle aujourd'hui joliment. «Maman Royal» s'est d'abord occupé des siens, de ses enfants, notamment de son fils Thomas, qui s'était beaucoup investi dans la campagne, au risque de s'y brûler les ailes. Un instant seulement elle a hésité à jeter l'éponge, quand ses camarades l'ont invitée à battre l'estrade au Zénith entre les deux tours des législatives. «Je me disais : s'ils sont si malins, qu'ils se débrouillent sans moi, se souvient-elle. J'y suis allée en rampant...» Mais le naturel a vite repris le dessus. Question de survie pour l'ex-candidate : «Si j'avais marqué la moindre hésitation à ce moment-là, aujourd'hui je serais morte.»

 

Déprimée non, mais désorientée sans aucun doute. Au PS, personne n'a oublié la «semaine sanglante», selon l'expression de Pierre Mauroy, qui depuis a pris ses distances avec sa candidate favorite. En quelques jours, fin juin, Ségolène Royal annonce coup sur coup sa rupture avec François Hollande, confirme ses ambitions pour le poste de premier secrétaire et la candidature en 2012, tout en expliquant qu'elle n'a pas cru à deux mesures phares de sa campagne, les 35 heures et le smic à 1 500 euros. Et puis ? Et puis rien, justement. Après avoir beaucoup parlé, Ségolène Royal a fini par taire ses ambitions. La femme pressée s'est résolue à accepter le calendrier dilatoire de la rénovation que lui proposait son ex-compagnon. «Pour la première fois elle a joué à front renversé, analyse aujourd'hui un de ses soutiens, qui regrette amèrement qu'elle ait loupé le coche. Elle a choisi de ne rien faire alors que sa principale force, aux yeux de tous, c'était précisément le mouvement.»

Faute d'avoir su ou pu forcer son destin pour prendre le PS, la cheftaine naturelle est aujourd'hui redevenue une prétendante parmi d'autres. Dans la grande tradition mitterrandienne, Ségolène Royal assure vouloir donner «du temps au temps» et feint d'entretenir le suspense sur ses ambitions. Par prudence : «Personne ne peut dire ce qui va se passer dans un an, ça ne sert à rien, les choses se méritent», explique-t-elle. Par égoïsme aussi : «J'ai passé ma vie à porter les autres. Aujourd'hui mes enfants ont grandi, je suis une femme libre, la campagne est terminée. J'ai besoin de me reconstruire une épaisseur intérieure.»

Du temps, Ségolène Royal s'en accorde pour consulter, travailler, «densifier son discours», résume un proche. Comme elle le faisait quand elle était au ministère de la Famille entre 2000 et 2002, elle rencontre les experts qu'elle avait vus parfois en coup de vent pendant la campagne. Fini le temps où elle avalait cinquante notes par jour à tort et à travers. Royal a ressorti son petit cahier, approfondi ses connaissances économiques avec Thomas Piketty ou Philippe Aghion, travaillé sur les questions internationales avec un groupe de jeunes diplomates, multiplié les voyages à l'étranger.

Et puis il y a ce livre auquel elle met la dernière main, avec sa plus proche conseillère, Sophie Bouchet-Petersen. Sans doute l'exercice le plus dur qu'elle se soit imposé depuis sa défaite. «Parce qu'il a fallu déconstruire ce qui s'était passé, le reformuler et donc le revivre, confie Ségolène Royal. Parce que dans ces caslà ce qui n'a pas marché vous saute aux yeux comme sous une loupe grossissante.» Donner sa version des faits, renvoyer dans leurs cordes tous ses contradicteurs, qui «refont le match sans le moindre respect dû à la combattante», écrire pour ses partisans et ses électeurs aussi, qui ont vécu cette histoire autant qu'elle... L'introspection prend du temps, au grand dam de son conseiller-éditeur Bernard-Henri Lévy, qui s'arrache les cheveux de la voir parcourir le globe au lieu d'écrire. Mais qu'importe. Des ouvrages que prépare l'ex- (future ?) candidate, celui-là est le plus important : il doit permettre de solder la folle aventure de 2007 tout en posant les fondations de la prochaine.

Car il y aura bien une prochaine. Ségolène Royal l'a redit à sa manière, inimitable, en inaugurant la semaine dernière avec quelques proches les locaux parisiens que lui loue généreusement Pierre Berge : «Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera jamais...» Son objectif reste bien d'affirmer son leadership sur le PS pour prendre sa revanche en 2012. Reste à savoir comment. C'est là que le bât blesse. Dans un PS qui a le nez sur les municipales et qui se vide de ses adhérents (voir encadré), Ségolène Royal n'est plus forcément un sujet d'actualité. «Sa cote reste haute», veut croire Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne, qui concède toutefois «une interrogation chez certains cadres du parti, qui aimeraient qu'elle structure ses amis». Assommés par la défaite, déboussolés par ses déclarations à l'emporte-pièce, ses partisans ont parfois le sentiment d'être abandonnés. «Il y a une impression de surplace pour les troupes, confirme un de ses premiers soutiens, qui a tiré plusieurs fois, en vain, le signal d'alarme. Pour la constitution des listes aux municipales, on se fait zigouiller de partout. Dans les fédérations tenues par des «antiRoyal», les militants ont payé double : non seulement leur championne a perdu, mais en plus ils n'ont pas de réseaux ni de courants pour les défendre ou les protéger.»

Ségolène Royal, qui n'a jamais brillé par son sens de l'organisation collective, s'en tient à quelques réunions hebdomadaires auxquelles participent, entre autres, ses exdirecteurs de campagne François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, ses vieux copains JeanPierre Mignard et Michel Sapin, les députées Aurélie Filippetti et Delphine Batho, ou encore le député européen Vincent Peillon. Mais pas question de s'organiser en courant. Par peur de se faire instrumentaliser ou de se banaliser. «Si je commettais cette faute tactique, je me mettrai au niveau des autres», assure t-elle, convaincue que sa candidature même malheureuse à la présidentielle lui confère un statut hors norme par rapport à ses rivaux.

Au-dessus du parti, mais pas à côté... La présidente de Poitou-Charentes, qui reste persuadée que sa victoire aurait été possible si elle avait bénéficié de l'unité de son camp, a retenu la leçon. Comme le résume une de ses proches : «Nous avons bu le calice de la dysharmonie entre le PS et la candidate jusqu'à la lie. Plus jamais ça. Il faut un parti en ordre de marche, c'est clair et indiscutable.» C'est aussi tout le problème. Car la rénovation ségoléniste est loin de faire l'unanimité. «La droite a le sens du chef, les socialistes ne l'ont pas, constate Royal. Il va falloir qu'ils l'apprennent !» Pour y parvenir, elle souhaite d'abord transformer le PS en parti de masse, quitte à baisser encore s'il le faut le prix des adhésions; favoriser l'émergence d'une majorité cohérente en supprimant la représentation proportionnelle dans les organes de direction; distinguer enfin les instances qui débattent des idées de celles qui s'occupent de la désignation. L'ex-candidate est convaincue qu'elle ne gagnera pas si la partie se joue dans un PS claquemuré et replié sur luimême. Elle vient de relancer son association Désirs d'Avenir ( voir encadré ) et plaide désormais pour que le prochain postulant socialiste à l'Elysée soit désigné par des primaires ouvertes aux sympathisants. «Merci de nous avoir donné cette leçon de démocratie, je souhaite que le PS puisse suivre votre exemple», a-t-elle déclaré à ses amis démocrates italiens l'autre jour, lors de sa visite à Florence.

Reste à convaincre ses camarades français et à déjouer les plans de ses rivaux... Bertrand Delanoë ? Elle l'observe. A y regarder de plus près, la présidente de Poitou Charentes ne voit pas grand-chose qui le distingue d'elle sur le fond. Elle s'amuse en experte de la mayonnaise médiatique qui monte autour du maire de Paris. Elle sait trop bien comment ces histoires-là se terminent, pour en avoir elle-même éprouvé le retour de bâton. François Hollande ? Elle n'en parle pas. Ses amis le font pour elle, qui rêvent d'une réconciliation politique au prochain congrès, pour permettre à Ségolène Royal de voir revenir à elle les bataillons militants des grandes fédérations du parti. Les autres ? Ils n'existent pas ou presque. L'ex-candidate ne tarit pas d'éloge sur Pierre Moscovici. Elle voit aussi Manuel Valls. Audelà de leurs compétences respectives, ces deux-là présentent l'immense qualité à ses yeux de s'être montrés «propres» et «corrects» pendant la campagne. Ségolène Royal a beau tenter de tourner la page de la présidentielle, elle n'oublie rien, ni personne...

par Matthieu Croissandeau - NouvelObs publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Lundi 29 octobre 2007
Amigas, Amigos,

Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty” francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡

Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager léger...

J’ai rendez-vous à 17 heures avec Cristina, dans sa résidence privée. Son avance sur les autres candidats est telle que tout le monde la donne gagnante, la seule question étant de savoir si ce sera dès le premier tour ou a l’issue du second.

La campagne s’arrêtant le vendredi, Cristina a prévu de partir jusqu’à dimanche, jour du vote, en Patagonie, la région dont elle a été longtemps l’élue et dont son mari, Nestor Kirchner, a été le gouverneur avant d’être Président de la République argentine. Là-bas, dans la ville de Calafete, a 3.500 km de Buenos Aires, elle a sa maison, ses bases.

Elle a repoussé son départ pour me recevoir et j’en suis très touchée.

Nous nous étions vues en février à Paris lorsque j’étais en campagne, nous avions surtout parlé de la France, je suis heureuse de lui rendre, dans son pays, cette politesse amicale. Cette fois-ci, nous avons surtout parlé de l’Argentine dont je trouve le redressement économique spectaculaire et l’expérience politique de ces dernières années très intéressante dans un monde en pleine recomposition.

Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.

C’est un débat qui traverse aujourd'hui toute l'Amérique latine, majoritairement gouvernée à gauche. Des gauches différentes, bien sûr, qui sont loin d'être d’accord sur tout. Mais des gauches qui, pour beaucoup, savant bien que si le marché est un bon serviteur, il est un mauvais maître… Des gauches qui ont tiré les leçons des tentatives de pa