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Mardi 24 mars 2009
- Par Jean-Michel Normand
Pendant que Martine Aubry joue les Mère-Courage (même devant des estrades désertées, elle veut brandir le flambeau de la rénovation), Ségolène Royal s'installe dans le rôle de pasionaria de la croissance verte. La présidente de Poitou-Charentes, concernée au premier-chef par les difficultés du constructeur automobile Heuliez installée à Cerizay (Deux-Sèvres) dont la région soutient le projet de construction de véhicules électriques, est montée au créneau  pour qu'une solution soit trouvée afin d'éviter la mise en cessation de paiement de l'entreprise.
Mardi 24 mars devant la presse, Ségolène Royal à de nouveau mis la pression sur le Fonds stratégique d'investissement (FSI), auquel l'entreprise réclame 10 millions d'euros pour boucler un plan de reprise dans lequel la région s'est déjà engagée à hauteur de 5 millions. Plutôt que d'accuser le gouvernement de chercher à nuire à Heuliez - « je ne vois pas de malveillance politique », prévient-elle - Mme Royal met en cause « la pagaille » qui caractériserait l'action du gouvernement et « son manque de vision, de cap et de lignes directrices». « Qui décide de ce qui doit faire le FSI ? Matignon, Christine Lagarde, les conseillers de l'Elysée ? On ne sait pas » accuse Ségolène Royal qui entend faire d'Heuliez « un symbole fort » de la mobilisation pour la « croissance verte ».

segoheuliez444.1237908472.jpgSelon elle, il faut « concentrer les efforts et les investissements » sur cette « croissance verte », un domaine où l'action publique peut engendrer de réels effets de leviers. Rappelant les actions engagés par sa région (plan photovoltaïque, dispositif anti-OGM, aide aux économies d'énergie) Mme Royal y voit le moyen d'imprimer « des effets structurants en faveur de l'industrie » en lançant des programmes d'isolation des logements ou en finançant des projets de véhicules électriques « mais aussi en faveur de l'agriculture ».

Lire l'intégralité de l'article de Jean-Michel Normand

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Samedi 20 décembre 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Le point sur les roses
PS : « Aller devant le juge, c'était comme divorcer »

Un mois après la commission de récolement du PS, l'avocat de Ségolène Royal a accepté d'en raconter les coulisses à Rue89. La suite

Sur Désirs d'avenir

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Mardi 16 décembre 2008
- Par Le Post - Loone

  par Loone - 14/12/08

Que ce soit au Post, au travail, sur les marchés, dans les sections du PS, le débat associé au congrès s'est finalement polarisé sur deux positions politiques tranchées, en apparence irréconciliables, je les nomme Ségophobie et Royalisme. L'objet de ce post est de définir et de donner mon opinion, et donc de vous influencer dans vos jugements à ce sujet, il s'agit donc d'un post militant: ouvert car tranché.


Si le Congrès de Reims n'est pas le début de la Ségophobie, il marque le début du Royalisme. Le mot a commencé à exister dans ce sens, de pudiques guillemets l'entourant encore souvent: la même réserve existe à l'oral. En effet, cela n'a échappé à personne: le mot était pris. Mais de façon subliminale car le terme politique pour décrire les partisans d'une "royauté" est "monarchiste", seuls les partisans d'un Roi se sont appelés "royalistes", et souvent pendant des périodes de tensions graves où la monarchie elle-même vacillait. Cette existence, encore précaire, d'un mouvement s'appelant Royaliste sans roi est en soi une victoire symbolique pour tous ceux qui jusque là "soutenait Ségolène". Ce mouvement est incarné en tant que force politique par les élu-e-s au titre de la motion E : "Espoir, fierté d'être socialiste-e-s", motion arrivée en tête le 6 novembre 2008 avec un petit tiers des voix. Cette victoire relative fonde le Royalisme sur le terrain, principalement sur la façade Atlantique et le couloir Rhodanien. Le Congrès de Reims marque donc la naissance du Royalisme.

"Foutaises !" s'écrit une personne dans la salle. Et un autre petit tiers de la salle acquiesce.

Cette opposition a l'existence même d'un Royalisme s'appelle la Ségophobie. Pour un Ségophobe, toute cette histoire n'a rien de politique, il fulmine ! Il s'agit d'une construction médiatique, une baudruche, un ballon, que dis-je ! une Bulle ! Le vent l'emportera. L'homme qui s'est levé pourrait avoir les traits de Lionel Jospin, en tout cas, il utilise dans cet acte toute son autorité morale : il nous prévient. Ségolène Royal a de noirs désirs. Désir de plaire, désir d'être adulée, désir de renier la foi. Oui, en vérité je vous le dis : cette femme est un faux prophète. Bulle pour bulle, quand tu le secousses, il mousse, il écume, il fout la frousse : le vrai Lionel Jospin est allé jusqu'à agiter le spectre de la collaboration au soir du 20 Novembre 2008. Ce discours est partout, dans les posts et sur les étals, sur les tréteaux et les tables, autour des urnes. La Ségophobie a une telle réalité politique qu'elle cimente l'actuelle direction du PS, regroupant toutes les chapelles du Parti contre une seule. Le résultat final, indécis au lieu d'être écrasant, aurait pu faire réfléchir, mais l'infaillibilité est autiste et pourtant elle tourne.

Car Ségolène Royal a une doctrine. J'en exposerais quatre points qui me paraissent centraux, puis je montrerai comment la Ségophobie, prisonnière de son incapacité à accepter la réalité de la doctrine Royaliste s'enferme dans une impasse.

  • Un fondement de cette doctrine est démocratique : "la parole au peuple". Alors évidemment, si c'était simple, cela ferait longtemps que ce serait fait, c'est donc complexe de donner la parole au peuple. Mais il s'agit d'une volonté politique forte, impérieuse, essentielle, un retour assumé aux idéaux de la révolution de 1789, renouvelés à la lumière des progrès de la technique, en particulier télématiques. Enfin l'exigence de participation est une attente populaire, le peuple est souverain, à nous de trouver les moyens de cette expression. C'est à ce préalable que nous ramènerons des proportions significatives de citoyens à l'exercice de leur devoir : participer à la vie politique.
  • Un deuxième fondement est la "lucidité radicale", et je ne saurais trop vous conseiller de (re)lire Le Capital pour vous faire une idée sur cette question. Lorsque les dogmes sont invalidés par les faits, il faut changer les dogmes, pas changer les faits. Marx est vivant : voila un fait. Aujourd'hui, pour être lucide il faut comprendre que les problèmes du prochain siècle sont l'eau, le pétrole et le climat, ensuite comprendre que si le peuple ne reprend pas la main sur les processus industriels, on lui vendra avec des profits indus de l'eau, du pétrole et enfin, de l'air. Il est temps de se réveiller avant d'étouffer en cas de défaillance de paiement !
  • Un troisième fondement est la "dignité du travail et dans le travail", de la nécessité pour l'homme de donner un sens à son existence par la transformation de ce qui l'entoure, que cette transformation soit matérielle ou non. Il s'agit d'un droit constitutionnel inscrit dans le préambule de la Constitution de notre République. Ensuite, la dignité dans le travail s'oppose au "nouveau productivisme" et à son cortège de vexations étouffées qui touchent désormais toutes les classes sociales, à l'exception de ceux protégés par le bouclier fiscal, autant dire une infime minorité. Cette revendication renouvellée de dignité permet de résoudre une contradiction rhétorique de la gauche, cause cardinale de la défaite de 2007: comment ne pas faire apparaître la défense des intérêts de travailleurs comme une perspective conservatrice.
  • Le dernier fondement développé ici, c'est "penser globalement, agir localement", cette forme distribuée d'action politique, consubstantielle au développement durable, implique une refonte de notre pensée politique verticale hérité du Léninisme. Recyclé par l'écologie politique dans les années 70, ce décentralisme radical emprunte à des courants marginalisés de la Gauche souvent regroupés de façon simpliste dans l'anarchisme. Cela suppose aussi une transparence, un effort de formation capable de susciter une capacité d'entraînement positive sur le corps social. L'actuelle configuration du Royalisme, minorité dynamique, privée de représentation à la tête mais implanté localement sera un terrain d'expérimentation idéal de cet aspect de notre doctrine politique. Sa validation ou sa réfutation en découlera, elle sera décisive en 2011.

En 1993, lorsque Ségolène Royal est ministre de l'Environnement et accouche de son dernier enfant. Selon ses déclarations "pour montrer qu'une femme accédant à des responsabilités pouvait concilier maternité, vie affective et métier", elle autorise des photographes à la montrer au travail dans sa chambre médicalisée, elle y pose aussi avec sa fille. L'irruption de ces clichés provoque une polémique : La Ségophobie est née.

En 1997, elle revendique le perchoir mais s'efface devant Fabius, cette outrecuidance inouïe achève de la représenter pour une arriviste forcenée pour les cercles dirigeants du PS. Elle est nommée secrétaire d'Etat du bras droit de M. Jospin d'alors : M. Allègre. Par sa prise de position contre l'institution et pour les victimes lors des affaires de pédophilie, elle s'aliène une bonne partie des enseignants par la loi de juin 1998. Les enseignants sont une colonne vertébrale du Parti : dès lors pour beaucoup grillée, elle est politiquement insignifiante et la Ségophobie s'enkyste dans une sourde détestation. Les années passent.

Le traumatisme de 2002 fige l'ensemble du Parti dans une attitude de déni, d'absence de remise en question de fond, en particulier de la façon dont on a traité en supplétif nos alliés de la Gauche Plurielle, véritable cause du désastre : favoriser le nucléaire avec les Verts, privatiser comme jamais avec les Communistes... En 2004, Ségolène Royal prend la Région Poitou-Charentes à J-P.Raffarin et se présente en 2006 aux primaires qu'elle remporte et échoue dans la foulée au deuxième tour de l'élection de 2007 avec 47,3% des suffrages, soit a peu de choses près le score de Lionel Jospin au début de sa séquence, avortée en 2002. Et la Ségophobie, intacte, outre son rôle indéniable pendant la campagne présidentielle, resurgit pour bannir la perdante : la Ségolâtrie est une impasse. Tout est tenté pour l'écarter, avec le succès que l'on sait : la Ségophobie règne rue de Solférino.

La Ségophobie nie toute pertinence politique à Ségolène Royal, elle la présente comme une arriviste incompétente, uniquement intéressée par son avenir personnel comme en témoigne sa candidature insensée au perchoir en 1997. Enfin démagogique, elle flatte indûment le peuple en se positionnant comme victime, d'ailleurs n'a-t-elle pas pris fait et cause pour les victimes en 1998 contre nos loyaux électeurs enseignants ?
Bien sûr Ségolène Royal est ambitieuse, mais trouver un leader capable de gagner une présidentielle qui n'ait pas d'ambition, autant chercher une carpe qui chasse des lapins ! Enfin pour ceux qui acceptent de reconnaître la validité de son projet politique, il faut lui reconnaître quelques qualités finalement peu répandues : la franchise et la fiabilité. Suivre Ségolène Royal ne vous fait pas l'otage de compromissions permanentes, nous avons une doctrine en constante amélioration, nous avons un leader sûre de sa force et qui n'a pas besoin d'arrangements byzantins pour conquérir le pouvoir. Que demande le peuple ?
Mais les Ségophobes ne sont pas préoccupés de ce demande le peuple, ils sont préoccupés de ce qu'il faut au peuple pour son bonheur. La démocratie participative leur apparaît une tartufferie puisque le programme de 2007 était fixé par le Parti dans un texte admirable -- sans relief et bon enfant -- édité avant les primaires. Plus grave, disent les Ségophobes, les manifestations festives où la politique partage la scène avec des artistes sont une évidente manifestation de culte de la personnalité. Enfin, faire scander "Fraternité" par une foule forme une dérive sectaire. Tout ceci relève d'une méprise dont les racines sont chrétiennes, la pensée chrétienne est structurée autour de l'opposition entre la religion, descendante et révélée, et la foi, ascendante et vécue. Permettre l'ascendant du peuple citoyen sur le collège des experts apparaît comme une réhabilitation de la foi.
Oui, le Royalisme est fondé sur un socle de croyances positives, et nous revendiquons le droit à l'utopie active, ici et ailleurs. Mais cette croyance n'est pas en une personne, mais en une synthèse politique nouvelle incarnée dans une personne. Cette incarnation est d'ailleurs paradoxale, par exemple elle offre un contraste saisissant avec Barack Obama, orateur flamboyant à la peau noire, démocrate et conservateur. Le Royalisme, une pensée de gauche du prochain siècle, s'est incarnée dans un corps de "petite fille sage", oratrice parfois fragile, à la peau blanche, démocrate et idéaliste.
La Ségophobie est lourdement tributaire de son incapacité à admettre publiquement l'existence de la doctrine Royaliste. Même sa réfutation poserait des problèmes rhétoriques puisqu'elle est sensée ne pas exister. La Ségophobie en est donc réduit à faire ce qu'elle dénonce : personnaliser le débat, ritualiser son opposition sur des totems, tenter des ralliements. Il n'est pas viable de fonder son action politique sur une méprise qui vous mène à faire constamment ce que vous prétendez rejeter. Le phénomène de le Ségophobie s'apparente à une bulle, toute la Ségophobie rassemblée est prisonnière à présent de cette bulle et si elle ne la brise pas, le vent l'emportera.

Lire et commenter en ligne le post de Loone sur LePost.fr

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Dimanche 22 juin 2008
- Par Pascal Schmitt

Un article tout récement publié dans m'a vivement fait réagir:
"Au Mans, les militants socialistes préfèrent parler Europe que congrès".

Deux heures et demie de discussion entre socialistes sans même évoquer - si ce n'est de manière cursive et parfaitement consensuelle - le congrès de Reims. Cela s'est passé dans la soirée du jeudi 19 juin au Mans, dans les locaux de la fédération de la Sarthe.

A l'invitation de l'association locale Désirs d'Avenir, qui regroupe les partisans de Ségolène Royal, et de la fédération du PS, Jean-Louis Bianco, député des Alpes de Haute-Provence, et Stéphane Le Foll, député européen et bras droit de François Hollande, ont fait assaut d'amabilités sur le thème de la construction européenne "de gauche". "Nous sommes capables de dégager une majorité forte sur ce sujet", affirme le premier, "royaliste" convaincu, alors que le second acquiesce, rappelant que le PS se définit comme "un parti européen" dans sa nouvelle déclaration de principes.

De la part du chroniqueur, comme un regrets que les socialistes participants à cette rencontre ne se soient pas écharpés ... au grand dépit des rédac'chefs n'ayant aucun titre croustillant à se mettre sous la plume. Alors l'info, quand il n'y en a pas, on l'invente, on spécule, on s'égare en conjecture ...

Congrès du Parti Socialiste, le feuilleton de l'été

Cet été, vous échapperez au quiz intello ou au quiz sexuel dans vos hebdomadaire, mais aussi à la saga de l'infirmière amoureuse du chirurgien chef. Place aux feuilletons socialistes.

On relève déjà MOTION IMPOSSIBLE parmi les blogs . Il y a aussi LA VIE EN ROSE à . Nul doute que d'autres vont suivre (n'hésitez pas à nous les signaler pour que nous puissions les partager). Le degré d'humour de ces rédactions est varié, fonction des convictions et de la ligne éditoriale des auteurs. Ainsi pour MOTION IMPOSSIBLE: "Motions, courants, synthèses, alliances et trahisons... d'ici au 14 novembre 2008, le PS va devoir choisir sa ligne politique et son futur premier secrétaire. Quatre journalistes du Figaro vous proposent de les suivre sur la route semée d'embûches qui mène au congrès socialiste de Reims" et pour LA VIE EN ROSE: "Il s'agit plutôt d'une petite chronique, au jour le jour, de la vie entre camarades. D'un récit personnel, entre détails d'ambiance et choses vues, petites phrases et anecdotes, du jeu politique tel que le pratiquent les dirigeants socialistes.".

Nous l'avons gardé pour la fin, mais la palme revient à PLUS BELLE LA GAUCHE accueilli par et signalé par un éminent socialiste de l'Oise qui a voulu garder l'anonymat (décidément, personne ne veut se mouiller dans l'Oise à l'approche du congrès).

C'est cette première sitecom socialiste que nous avons choisie pour vous faire passer l'été dans l'intimité de "Gaucheville" et "patienter jusqu'au Congrès du PS".

Sa forme, son humour et son impertinence éditoriale nous ont séduit et vous le retrouverez en lien sur notre site.

On en est déjà au 8ème épisode ... nous lui souhaitons longue vie. N'hésitez pas à réagir sur le site à chaque parution.

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Lundi 16 juin 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Trouvée sur Agoravox, cette tribune de robert joupiniou qui derrière un titre volontairement provocateur nous conte son regard étonné sur "le retour du Ségo bashing et grand élan d'amour médiatique et blogosphérique pour la personne de Bertrand Delanoë".

Lire en ligne et commenter sur Agoravox:

Et si Royal était (un peu) révolutionnaire ?

Quelques extraits pour vous mettre l'eau à la bouche:

Loin d'être un adepte de Ségolène Royal que j'ai souvent du mal à comprendre ou à suivre, la recrudescence des attaques et, surtout, leur forme m'a poussé à m'interroger sur ce paradoxe : Royal serait-elle l'ennemi à abattre ?

Cette tribune pleine de paradoxes et de provocation n'a d'autre but que de proposer quelques questions, de renverser quelques points de vue et d'inviter au débat.

...

Royal plus que beaucoup de politiques traîne quelques mythes habilement entretenus :

- Elle a été faite par la presse. ...

- Elle a été faite par des sondages. ...

- Elle est de droite ! ...

...

Je ne la comprends pas, souvent je ne la supporte pas. Mais je sais qu'elle n'est ni stupide ni de droite. Elle est incroyablement pragmatique, elle a un feeling incroyable et inexplicable avec les "vraies gens" (vous savez il n'y a pas que Paris et les bobos) et elle ne se moque pas d'eux. Elle a une démarche très intéressante d'éventail idéologique (même si la presse veut absolument en faire une social-démocrate alors même qu'elle a récusé le terme ce qui, étrangement, n'a pas fait débat, tant, pour la presse parisienne et "pensée unique", on ne doit pas remettre en cause le consensus social-démocrate socialo-centriste) allant de la gauche radicale constructive au centre. Se rapprocher du centre sur des principes, ne pas se couper de la gauche de la gauche sur les idées et les combats. Il y a là un positionnement qui se discute, mais ne manque pas d'intérêt et qui mériterait, lui, un débat.

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Lundi 26 mai 2008
- Par Ségolène20012.new.fr
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Mercredi 16 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Dimanche 20 avril 2008
à 12h45 sur Canal+
Laurence Ferrari recevra sur le plateau de Dimanche+,
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes.

 Dimanche+ est en clair tous les dimanche sur Canal+.
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Dimanche 30 mars 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60


Vendredi 28 mars 2008


De l'utilité des nouveaux médias

Quand on parle d'information sur Internet, les sirènes hurlent souvent à l'intox ou la rumeur. Aujourd'hui, le web a démontré, grâce à sa réactivité, son rôle de vigie citoyenne, en dénonçant un titre totalement abusif du Figaro.
Dans son édition papier, le titre de la page 3, qui prétend que « pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien » est une contre-vérité. En réalité, le sondage d'OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu'il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des Français, comme le souligne intelligemment le site internet Le Post

Alors que les médias traditionnels ont repris toute la journée le titre trompeur, les internautes ont été décortiquer eux-mêmes les résultats d'un sondage utilisé à des fins de propagande grossière.

Je rajouterai à leur analyse pertinente le commentaire suivant. En page 15, les sondeurs d'OpinonWay, demandent aux Français ce qu'ils pensent des alliances que le Parti socialiste pourrait privilégier à l'avenir. Trois solutions basiques sont offertes aux sondés. Mais OpinionWay n'examine à aucun moment l'hypothèse d'un rassemblement à gauche, suivi d'une alliance avec le MoDEM.

Je le répète : il faut d'abord construire un Parti socialiste fort. C'est ce parti qui sera ensuite capable de nouer des alliances à gauche et, chaque fois que cela est possible, au centre.

Citoyens électeurs, prenez garde aux sondages qui déforment la réalité !

Ségolène Royal
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Vendredi 28 mars 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Le Point : Où en êtes-vous ? D'abord, souhaitez-vous briguer le poste de premier secrétaire du Parti socialiste ?

Ségolène Royal : Ce que je souhaite, c'est que nous, les socialistes, soyons à la hauteur de la responsabilité historique qui est la nôtre dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l'abri sont aujourd'hui en proie à l'inquiétude parce que la précarité envahit tout. Seuls les privilégiés et les héritiers sont à l'abri, ceux que les premières décisions de Nicolas Sarkozy ont particulièrement choyés. Les électeurs s'en sont rendu compte ! L'initiative économique est en panne et les inégalités n'ont jamais été aussi insolentes. Pour transformer le vote sanction qui vient de s'exprimer en vote d'avenir, il faut un idéal, un projet, une équipe et un leader. Et, comme l'a décidé la direction de notre parti, les militants choisiront en novembre. Ils sont de plus en plus nombreux à me solliciter. Je ne veux ni les abandonner ni précipiter les étapes. Il faut bâtir pierre après pierre une nouvelle maison. Les fondations sont solides, j'en suis sûre.

Combien de temps peut-on attendre pour se confronter au PS ?

Je ne me confronte pas au PS, j'en suis ! Mon parti m'a même désignée pour porter ses couleurs lors de l'élection présidentielle. Ce qui me donne des devoirs. J'ai soutenu à leur demande, dans toute la France, nos candidats aux élections municipales. Partout, j'ai ressenti l'exaspération contre le pouvoir. La question n'est donc pas de se confronter entre socialistes, ce serait même désastreux. C'est sans doute ce qu'attend la droite pour faire oublier ses échecs et ses promesses trompeuses. Je mets en garde toutes celles et tous ceux tentés par le retour des petites phrases discourtoises. Trop de Français sont en souffrance ou en attente pour autoriser ce genre de fantaisie. Le sens du sérieux et de la responsabilité s'impose.

Vous travaillez sur votre projet. Pouvez-vous commencer à définir ce qu'est le « ségolénisme » ?

C'est d'abord un itinéraire. Celui d'une femme politique qui n'était apparemment pas programmée pour cela, mais à qui la République a permis ceci : surmonter bien des épreuves et assumer la chance de se mettre à son service. C'est ce qui me permet sans doute de regarder la réalité en face, sans oeillères, pour entendre ce que les Français disent de la vie telle qu'elle est. Tant pis si cela bouscule certains préjugés : il faut en finir avec les conformismes. Et tant mieux si cela permet de mieux comprendre pourquoi, parfois, les politiques publiques les mieux intentionnées n'atteignent pas ou plus leurs objectifs. Je m'efforce de bâtir une vision du monde et une proposition pour la France émancipées des schémas tout faits qui inhibent la pensée et l'action. J'essaie de voir ce qu'il y a de légitime dans des affirmations apparemment contradictoires et d'en tirer de nouvelles synthèses qui permettent de construire les solutions nouvelles. Par exemple, je revendique pour la gauche l'intérêt bien compris des entreprises et de leurs salariés. Je tiens, dans l'économie moderne, l'investissement dans le capital humain et dans l'innovation pour des facteurs majeurs de compétitivité et de progrès social. Je trouve aberrant le maquis bureaucratique des aides aux entreprises qui ne bénéficient pas à celles qui en ont le plus besoin : nos PME, principales créatrices d'emplois mais insuffisamment épaulées dans leur croissance et à l'exportation.

Même chose pour l'autorité, notion à mes yeux fondamentale avec laquelle la gauche est parfois mal à l'aise et que la droite confond avec un autoritarisme dépassé. Je crois, moi, que la juste autorité est, dans la famille, protectrice de l'enfant et condition de sa liberté à venir. Et je crois que, dans la société, elle est ce qui s'oppose à l'abus de pouvoir, car sa légitimité se mérite et suppose l'acquiescement des citoyens à des règles communes qui ne soient pas le masque des injustices, mais le moyen de les corriger. Au fond, si je devais résumer mon approche, je dirais qu'elle allie une grande fermeté sur les valeurs fondamentales de justice sociale et de liberté individuelle à un parti pris pragmatique, soucieux de résultats concrets, tangibles, vécus par tous. C'est ma boussole dans un monde à bien des égards incertain, complexe, où la lutte de tous contre tous est le danger principal. C'est tout le paradoxe de notre modernité, dont l'actuelle globalisation est une nouvelle étape : comment redéfinir, dans le contexte d'aujourd'hui, les droits et les devoirs réciproques de l'individu et de la société, de telle sorte que la liberté de conduire sa vie, à laquelle chacun aspire, ne soit pas le privilège de quelques-uns, mais le droit collectivement garanti de tous ?

Le grand débat n'est-il pas aujourd'hui entre le socialisme et le libéralisme ?

De quel libéralisme parlez-vous ? Si c'est du libéralisme politique, il est depuis l'origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Pierre Leroux, l'inventeur du mot socialisme en 1840, Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l'individu est la mesure de toute chose » , Blum anticipant lors du congrès de Tours la dérive dictatoriale du communisme soviétique, Mitterrand abolissant la Cour de sûreté de l'Etat et la peine de mort. La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! Si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, laisser-aller, qui, depuis l'aube du capitalisme, oppose les vertus de la main invisible du marché aux régulations de la puissance publique et l'harmonieuse convergence des intérêts particuliers à la construction volontaire de l'intérêt général, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là et il n'est pas le seul. Le gaullisme non plus ne tombait pas dans ce panneau. Et la République s'est construite, non sans mal, non sans reculs, contre cette illusion naturaliste.

Le libéralisme n'est-il pas une belle idée de gauche à l'origine, inventée au XVIIIe siècle, contre la monarchie ? Pourquoi la gauche l'a-t-elle diabolisée ?

Je vais vous dire le fond de ma pensée : les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, qui est au fond l'autre nom de la démocratie, ce sont tous ceux, à gauche mais pas uniquement, qui savent combien les libertés politiques sont fragiles si l'on fait l'impasse sur les inégalités sociales. C'était vrai hier et ça l'est toujours aujourd'hui. Car la liberté du renard dans le poulailler, on sait ce que cela donne !

Votre projet consiste-t-il à réhabiliter la concurrence et le marché ?

La bonne question est : que fait-on pour que l'économie de marché et la concurrence (qui serait bienvenue du côté de la grande distribution) ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers mais servent au bien-être de tous ? Il nous faut apporter une réponse d'aujourd'hui à cette question. Au-delà, le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple : impossible de conditionner les aides aux entreprises à l'interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l'ai fait dans ma région et nous sommes aujourd'hui l'une des mieux placées en termes de créations d'entreprises !

Certains de vos adversaires au PS vous accusent de vouloir tirer le parti vers la droite. L'heure de l'aggiornamento n'a-t-elle pas sonné ?

C'est vers l'avenir que je m'emploie à tirer le Parti socialiste. Une chose est sûre : à l'heure de la crise des subprimes , des errements de la Société générale et du scandale de l'UIMM, c'est la droite qui est en faillite idéologique. Il est piquant de constater que ceux qui, hier encore, tapaient à bras raccourcis sur les insupportables ingérences de l'Etat, l'appellent aujourd'hui au secours et vont clamant que les marchés financiers ne peuvent se réguler tout seuls. J'ai comme l'impression que la lucidité et la modernité penchent aujourd'hui à gauche... Raison de plus pour aller au bout de ce que nous avons amorcé.

La gauche française n'a-t-elle pas de leçons à prendre dans les expériences de Gerhard Schröder, de Tony Blair ou des social-démocraties nordiques ? Et lesquelles ?

Elle a, je le dis depuis longtemps, à tirer les leçons de ce qui marche et de ce qui ne marche pas chez nos voisins. Vous auriez pu citer Zapatero, sous la conduite duquel l'Espagne se métamorphose à grands pas. Mais il n'y a pas de modèle mécaniquement transposable, plutôt une inspiration à puiser dans les expériences des uns et des autres, sans oublier que la social-démocratie traditionnelle est elle aussi en crise.

L'étape suivante, ce n'est pas le retour au congrès de Bad Godesberg, il y a un demi-siècle ! Le monde a changé, le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission. Nos amis scandinaves ont, les premiers, su concilier l'ouverture à la compétition mondiale et la consolidation des solidarités nécessaires, la souplesse dont les entreprises ont besoin et la sécurité que les salariés sont en droit d'attendre pour ne pas vivre mobilité et reconversion comme un drame, la force d'un mouvement syndical puissant et la qualité d'un dialogue social permettant d'anticiper ensemble les mutations à réussir.

Ce parti pris garde, sur le fond, une grande actualité, mais les outils sur lesquels il s'est appuyé se sont usés au fil du temps. Et les dérégulations réalisées en Suède sont loin d'être toutes un succès, en particulier dans le domaine de l'énergie. Il n'y a donc pas de recette du socialisme moderne, mais des questions, des réussites et des échecs à mettre en commun pour que chacun, avec son histoire propre, en tire des conséquences opérationnelles pour son pays. Je suis conviée en Europe du Nord et en Allemagne, et c'est de cela que nous allons discuter avec les socialistes.


Comment jugez-vous l'état du PS aujourd'hui ? N'est-il pas encore archaïque ?

Tous les socialistes sont fiers de la victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales. Ce vote des Français n'est pas une prime à l'archaïsme, mais un encouragement à prolonger à l'échelle nationale les démarches souvent novatrices que nos élus mettent en place dans les territoires. Nous ne sommes pas au bout du chemin, mais ne sous-estimez pas l'élan qui, d'une campagne à l'autre, pousse les socialistes à épouser hardiment leur siècle.

Comment expliquez-vous votre popularité à gauche ?

Ce n'est pas à moi de le dire mais peut-être y apprécie-t-on ma liberté de pensée et de parole, peut-être me reconnaît-on de la constance et une certaine ténacité, des valeurs fermes et justes, la capacité à défricher des voies nouvelles, peut-être aussi les Français savent-ils que je prends au sérieux ce qu'ils me disent. D'horizons très divers : les quartiers populaires notamment, ceux que les socialistes avaient perdus.

Etes-vous toujours pour une alliance avec le MoDem de François Bayrou ?

Oui, parce qu'il s'agit d'une attitude de la main tendue à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la politique de la droite. Mais il ne peut s'agir d'un renversement d'alliance ni de tractations d'appareil. Aux municipales, les élus socialistes ont parfaitement su le faire.

N'est-il pas logique que vous bâtissiez une majorité avec François Hollande au prochain congrès ?

Avec François Hollande, nous avons eu quelques désaccords mais aussi pas mal d'accords politiques [Sourire] .

Comment jugez-vous le portrait-robot du prochain premier secrétaire brossé par Lionel Jospin dans un article du « Monde » ?

Je ne vois rien à redire, et cela prouve que nous pouvons débattre tous ensemble dans un contexte apaisé. J'ai reconnu là une clarté que j'apprécie.

Comment jugez-vous vos concurrents et adversaires ? D'abord vous-même : quelles sont vos forces et vos faiblesses ?

Je ne raisonne pas dans ces termes et je n'estime pas avoir d'adversaires au Parti socialiste. Que certains se positionnent de la sorte, c'est leur affaire, pas la mienne. Quant à faire l'inventaire de mes forces et de mes faiblesses, ce serait un exercice bien immodeste et je ne suis pas sûre d'être la plus objective en la matière ! Disons que l'adversité, loin de m'abattre, me stimule et que ce n'est pas, en politique, un handicap. J'ai la faiblesse de penser que, si l'on croit à ce que l'on dit et si l'on maintient fermement le cap sur l'essentiel tout en restant ouvert, ce qui peut remettre en question certaines certitudes, on est sur le bon chemin. On me reproche parfois d'assumer sans états d'âme l'autorité qui est la mienne. C'est vrai. J'écoute beaucoup, je consulte beaucoup, mais, quand j'ai tranché, je veux de la discipline dans l'action.

Au fond, vous vous situez dans la tradition rocardienne. Mais cette ligne ne l'a jamais emporté au PS.

D'ordinaire, on souligne plutôt ma filiation mitterrandienne ! Première gauche, deuxième gauche, je veux dépasser cette opposition et prendre ce qu'il y a de plus actuel dans chacune d'elles. Par exemple, la créativité de la société et la nécessité de lui donner une large place sont des apports majeurs de la deuxième gauche de Michel Rocard. Je me revendique par ailleurs de la vision européenne de Jacques Delors.

Qui sont vos modèles ? Mitterrand, Blum, Jaurès... ?

Je m'inscris dans une lignée et j'en suis fière. Elle m'aide à me projeter dans l'avenir avec la même audace novatrice que celle dont nos grands anciens ont su, en leur temps, faire preuve. Celle de Jaurès appelant les socialistes à « se commettre avec la société d'aujourd'hui » et à « remettre en chantier l'examen du réel » sans avoir peur d'aucune idée neuve. Celle de Blum appelant lui aussi les socialistes, dans son premier discours, à « actualiser le programme traditionnel du socialisme » et, dans son dernier discours, à « cesser d'avoir peur de la nouveauté » . Celle de François Mitterrand affirmant crânement au congrès d'Epinay « Je dis ce que je pense, pas simplement ce qui fait plaisir » et engageant le nouveau Parti socialiste dans une « mission de conquête » de l'opinion et du pouvoir. Il écrivait crûment que la démocratie parlementaire, par manque d'imagination, a confisqué au citoyen le pouvoir de penser et de décider ; voilà comment, disait-il, « la hiérarchie des mandataires réduit les mandants au rôle de figurants » . J'ai toujours ce constat en tête quand je défends la complémentarité de la démocratie représentative et de la démocratie participative. Je me sens pleinement dans la continuité de la révolution décentralisatrice accomplie par Pierre Mauroy.

Quels sont les penseurs ou les philosophes dont vous vous sentez le plus proche ?

J'aime Montaigne faisant avant l'heure l'éloge des identités plurielles, Montesquieu jetant avec force les bases de l'Etat de droit, Durkheim cherchant obstinément comment concilier l'individualisme moderne et la cohésion sociale, Hannah Arendt définissant de manière lumineuse la responsabilité de ceux d'avant à l'égard de ceux d'après. Michel Foucault, aussi, qui a tellement bien dit que derrière les relations de pouvoir rigide il y a la vie qui invente et repousse les limites. Je tiens à citer également Albert Camus parce qu'il cherche et qu'il s'engage. Et tous ces jeunes chercheurs-économistes, historiens, sociologues, philosophes...-que j'écoute et qui analysent les mutations de notre monde renouvellent l'approche que nous avons des inégalités, des discriminations, des principes de justice, des risques et des opportunités de la mondialisation.

N'est-il pas temps que la gauche se réconcilie avec Tocqueville ?

Mais d'où tenez-vous que nous serions fâchés ? Vous connaissez le beau discours de François Mitterrand lors de la remise du prix Tocqueville à Octavio Paz. Ce qui rend toujours stimulante la lecture de Tocqueville, disait-il à cette occasion, c'est qu'il met le doigt sur les points les plus sensibles de la mise en oeuvre des idéaux démocratiques. Pour moi, il est l'un de ceux qui ont le mieux analysé et anticipé les conséquences de la suppression des hiérarchies statutaires de l'Ancien Régime et les paradoxes de cette « passion de l'égalité » qui en résulte. On connaît sa description des risques d'un Etat paternaliste, omniprésent et liberticide. Mais on oublie les pages visionnaires où il prédit que l'ignorance des inégalités réelles corrompt la dynamique démocratique et que la totale liberté économique porte atteinte à la liberté politique. Savez-vous qu'il a mis en garde contre les dangers d'un « nouvel Ancien Régime » reconstituant les privilèges de la naissance, la fortune remplaçant la caste ? Nous y sommes. J'aime le Tocqueville qui, sans rien abdiquer de sa vigilance critique, rend justice à la grandeur de ces révolutionnaires qui croyaient suffisamment en eux pour forcer le cours des choses. Et aussi le Tocqueville qui écrivait : « Je connais ma nation, je ne vois que trop bien ses erreurs, ses faiblesses et ses misères ; mais je sais aussi de quoi elle est capable . »

Quelle est la part de l'intuition en politique ? Vous paraît-elle prioritaire ?

Il vaut mieux en avoir qu'en être dépourvu ! L'intuition, c'est souvent le pressentiment d'un chemin à explorer, une échappée vers le possible qu'il faut évidemment étayer, une cristallisation soudaine de l'expérience accumulée. Elle ne dispense pas de travailler, au contraire, mais elle aide à dégager l'horizon et à empoigner l'occasion.

Quel est l'ouvrage que vous lisez en ce moment ?

« Repenser l'égalité des chances », de Patrick Savidan, une formidable balade dans l'histoire des idées qui, depuis deux siècles, s'affrontent autour de cette notion apparemment consensuelle et, à y regarder de près, fortement paradoxale. En effet, si la religion méritocratique se borne à l'exacerbation de la concurrence de tous avec tous, elle risque d'être un facteur d'atomisation plus que de cohésion sociale. Quelle serait une égalité des chances qui tienne conjointement la promesse de l'individualisme moderne et celle d'une « société bien ordonnée », comme on disait au XVIIIe siècle, ou, si l'on préfère, d'un ordre juste ? De l'école au travail, c'est aujourd'hui l'une des questions centrales.
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Vendredi 29 février 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

S.P. (lefigaro.fr), avec Sud Ouest
29/02/2008 | Mise à jour : 16:21

undefined Un militaire de Picardie a hérité de l'ancien numéro de portable de la candidate PS à la présidentielle et reçoit des dizaines d'appels, parfois très confidentiels...

Qui pourrait accepter de recevoir des dizaines de coups de téléphone de jour comme de nuit - qui ne lui sont pas destinés - avec le sourire ? Pas grand-monde à priori, sauf peut-être… le caporal Henry Lebon, dont le quotidien Sud Ouest raconte l'histoire croustillante. Cet homme affecté au régiment de marche de Noyon, en Picardie, a récupéré le numéro de téléphone portable de Ségolène Royal.

«C'est un numéro attribué temporairement à Ségolène Royal pour la campagne présidentielle», explique l'association Désirs d'avenir, contactée par lefigaro.fr. La présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas encore souhaité réagir officiellement.

Jacques Chirac au bout du fil

Résultat pour le caporal Lebon ? Une avalanche d'appels de personnalités, parfois jusqu'au sommet de l'Etat. Ainsi, il raconte que l'ex-président de la République Jacques Chirac aurait contacté ce numéro à la fin de l'été 2007. S'il se dit ravi de pouvoir discuter avec de hauts responsables politiques ne s'attendant pas à tomber sur un militaire, Henry Lebon tient à garder secret la nature de ses conversations.

Il aurait en effet reçu des SMS de François Hollande, dont il est seul avec l'intéressé à connaître le contenu. Le rapprochement avec l'actualité récente se fait naturellement : début février, la publication par le Nouvel Observateur d'un SMS attribué à Nicolas Sarkozy et à destination de son ex-épouse Cécilia («Si tu reviens, j'annule tout») avait déclenché une tempête judiciaire. L'avocat du chef de l'Etat, Me Thierry Herzog, a déposé une plainte pour «faux, usage de faux et recel».


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