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Mercredi 16 avril 2008

Dimanche 20 avril 2008
à 12h45 sur Canal+
Laurence Ferrari recevra sur le plateau de Dimanche+,
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes.

 Dimanche+ est en clair tous les dimanche sur Canal+.
par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Dans les média communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Dimanche 30 mars 2008


Vendredi 28 mars 2008


De l'utilité des nouveaux médias

Quand on parle d'information sur Internet, les sirènes hurlent souvent à l'intox ou la rumeur. Aujourd'hui, le web a démontré, grâce à sa réactivité, son rôle de vigie citoyenne, en dénonçant un titre totalement abusif du Figaro.
Dans son édition papier, le titre de la page 3, qui prétend que « pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien » est une contre-vérité. En réalité, le sondage d'OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu'il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des Français, comme le souligne intelligemment le site internet Le Post

Alors que les médias traditionnels ont repris toute la journée le titre trompeur, les internautes ont été décortiquer eux-mêmes les résultats d'un sondage utilisé à des fins de propagande grossière.

Je rajouterai à leur analyse pertinente le commentaire suivant. En page 15, les sondeurs d'OpinonWay, demandent aux Français ce qu'ils pensent des alliances que le Parti socialiste pourrait privilégier à l'avenir. Trois solutions basiques sont offertes aux sondés. Mais OpinionWay n'examine à aucun moment l'hypothèse d'un rassemblement à gauche, suivi d'une alliance avec le MoDEM.

Je le répète : il faut d'abord construire un Parti socialiste fort. C'est ce parti qui sera ensuite capable de nouer des alliances à gauche et, chaque fois que cela est possible, au centre.

Citoyens électeurs, prenez garde aux sondages qui déforment la réalité !

Ségolène Royal
par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Dans les média communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 28 mars 2008

Le Point : Où en êtes-vous ? D'abord, souhaitez-vous briguer le poste de premier secrétaire du Parti socialiste ?

Ségolène Royal : Ce que je souhaite, c'est que nous, les socialistes, soyons à la hauteur de la responsabilité historique qui est la nôtre dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l'abri sont aujourd'hui en proie à l'inquiétude parce que la précarité envahit tout. Seuls les privilégiés et les héritiers sont à l'abri, ceux que les premières décisions de Nicolas Sarkozy ont particulièrement choyés. Les électeurs s'en sont rendu compte ! L'initiative économique est en panne et les inégalités n'ont jamais été aussi insolentes. Pour transformer le vote sanction qui vient de s'exprimer en vote d'avenir, il faut un idéal, un projet, une équipe et un leader. Et, comme l'a décidé la direction de notre parti, les militants choisiront en novembre. Ils sont de plus en plus nombreux à me solliciter. Je ne veux ni les abandonner ni précipiter les étapes. Il faut bâtir pierre après pierre une nouvelle maison. Les fondations sont solides, j'en suis sûre.

Combien de temps peut-on attendre pour se confronter au PS ?

Je ne me confronte pas au PS, j'en suis ! Mon parti m'a même désignée pour porter ses couleurs lors de l'élection présidentielle. Ce qui me donne des devoirs. J'ai soutenu à leur demande, dans toute la France, nos candidats aux élections municipales. Partout, j'ai ressenti l'exaspération contre le pouvoir. La question n'est donc pas de se confronter entre socialistes, ce serait même désastreux. C'est sans doute ce qu'attend la droite pour faire oublier ses échecs et ses promesses trompeuses. Je mets en garde toutes celles et tous ceux tentés par le retour des petites phrases discourtoises. Trop de Français sont en souffrance ou en attente pour autoriser ce genre de fantaisie. Le sens du sérieux et de la responsabilité s'impose.

Vous travaillez sur votre projet. Pouvez-vous commencer à définir ce qu'est le « ségolénisme » ?

C'est d'abord un itinéraire. Celui d'une femme politique qui n'était apparemment pas programmée pour cela, mais à qui la République a permis ceci : surmonter bien des épreuves et assumer la chance de se mettre à son service. C'est ce qui me permet sans doute de regarder la réalité en face, sans oeillères, pour entendre ce que les Français disent de la vie telle qu'elle est. Tant pis si cela bouscule certains préjugés : il faut en finir avec les conformismes. Et tant mieux si cela permet de mieux comprendre pourquoi, parfois, les politiques publiques les mieux intentionnées n'atteignent pas ou plus leurs objectifs. Je m'efforce de bâtir une vision du monde et une proposition pour la France émancipées des schémas tout faits qui inhibent la pensée et l'action. J'essaie de voir ce qu'il y a de légitime dans des affirmations apparemment contradictoires et d'en tirer de nouvelles synthèses qui permettent de construire les solutions nouvelles. Par exemple, je revendique pour la gauche l'intérêt bien compris des entreprises et de leurs salariés. Je tiens, dans l'économie moderne, l'investissement dans le capital humain et dans l'innovation pour des facteurs majeurs de compétitivité et de progrès social. Je trouve aberrant le maquis bureaucratique des aides aux entreprises qui ne bénéficient pas à celles qui en ont le plus besoin : nos PME, principales créatrices d'emplois mais insuffisamment épaulées dans leur croissance et à l'exportation.

Même chose pour l'autorité, notion à mes yeux fondamentale avec laquelle la gauche est parfois mal à l'aise et que la droite confond avec un autoritarisme dépassé. Je crois, moi, que la juste autorité est, dans la famille, protectrice de l'enfant et condition de sa liberté à venir. Et je crois que, dans la société, elle est ce qui s'oppose à l'abus de pouvoir, car sa légitimité se mérite et suppose l'acquiescement des citoyens à des règles communes qui ne soient pas le masque des injustices, mais le moyen de les corriger. Au fond, si je devais résumer mon approche, je dirais qu'elle allie une grande fermeté sur les valeurs fondamentales de justice sociale et de liberté individuelle à un parti pris pragmatique, soucieux de résultats concrets, tangibles, vécus par tous. C'est ma boussole dans un monde à bien des égards incertain, complexe, où la lutte de tous contre tous est le danger principal. C'est tout le paradoxe de notre modernité, dont l'actuelle globalisation est une nouvelle étape : comment redéfinir, dans le contexte d'aujourd'hui, les droits et les devoirs réciproques de l'individu et de la société, de telle sorte que la liberté de conduire sa vie, à laquelle chacun aspire, ne soit pas le privilège de quelques-uns, mais le droit collectivement garanti de tous ?

Le grand débat n'est-il pas aujourd'hui entre le socialisme et le libéralisme ?

De quel libéralisme parlez-vous ? Si c'est du libéralisme politique, il est depuis l'origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Pierre Leroux, l'inventeur du mot socialisme en 1840, Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l'individu est la mesure de toute chose » , Blum anticipant lors du congrès de Tours la dérive dictatoriale du communisme soviétique, Mitterrand abolissant la Cour de sûreté de l'Etat et la peine de mort. La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! Si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, laisser-aller, qui, depuis l'aube du capitalisme, oppose les vertus de la main invisible du marché aux régulations de la puissance publique et l'harmonieuse convergence des intérêts particuliers à la construction volontaire de l'intérêt général, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là et il n'est pas le seul. Le gaullisme non plus ne tombait pas dans ce panneau. Et la République s'est construite, non sans mal, non sans reculs, contre cette illusion naturaliste.

Le libéralisme n'est-il pas une belle idée de gauche à l'origine, inventée au XVIIIe siècle, contre la monarchie ? Pourquoi la gauche l'a-t-elle diabolisée ?

Je vais vous dire le fond de ma pensée : les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, qui est au fond l'autre nom de la démocratie, ce sont tous ceux, à gauche mais pas uniquement, qui savent combien les libertés politiques sont fragiles si l'on fait l'impasse sur les inégalités sociales. C'était vrai hier et ça l'est toujours aujourd'hui. Car la liberté du renard dans le poulailler, on sait ce que cela donne !

Votre projet consiste-t-il à réhabiliter la concurrence et le marché ?

La bonne question est : que fait-on pour que l'économie de marché et la concurrence (qui serait bienvenue du côté de la grande distribution) ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers mais servent au bien-être de tous ? Il nous faut apporter une réponse d'aujourd'hui à cette question. Au-delà, le socialisme ne peut pas se contenter d'aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple : impossible de conditionner les aides aux entreprises à l'interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l'ai fait dans ma région et nous sommes aujourd'hui l'une des mieux placées en termes de créations d'entreprises !

Certains de vos adversaires au PS vous accusent de vouloir tirer le parti vers la droite. L'heure de l'aggiornamento n'a-t-elle pas sonné ?

C'est vers l'avenir que je m'emploie à tirer le Parti socialiste. Une chose est sûre : à l'heure de la crise des subprimes , des errements de la Société générale et du scandale de l'UIMM, c'est la droite qui est en faillite idéologique. Il est piquant de constater que ceux qui, hier encore, tapaient à bras raccourcis sur les insupportables ingérences de l'Etat, l'appellent aujourd'hui au secours et vont clamant que les marchés financiers ne peuvent se réguler tout seuls. J'ai comme l'impression que la lucidité et la modernité penchent aujourd'hui à gauche... Raison de plus pour aller au bout de ce que nous avons amorcé.

La gauche française n'a-t-elle pas de leçons à prendre dans les expériences de Gerhard Schröder, de Tony Blair ou des social-démocraties nordiques ? Et lesquelles ?

Elle a, je le dis depuis longtemps, à tirer les leçons de ce qui marche et de ce qui ne marche pas chez nos voisins. Vous auriez pu citer Zapatero, sous la conduite duquel l'Espagne se métamorphose à grands pas. Mais il n'y a pas de modèle mécaniquement transposable, plutôt une inspiration à puiser dans les expériences des uns et des autres, sans oublier que la social-démocratie traditionnelle est elle aussi en crise.

L'étape suivante, ce n'est pas le retour au congrès de Bad Godesberg, il y a un demi-siècle ! Le monde a changé, le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission. Nos amis scandinaves ont, les premiers, su concilier l'ouverture à la compétition mondiale et la consolidation des solidarités nécessaires, la souplesse dont les entreprises ont besoin et la sécurité que les salariés sont en droit d'attendre pour ne pas vivre mobilité et reconversion comme un drame, la force d'un mouvement syndical puissant et la qualité d'un dialogue social permettant d'anticiper ensemble les mutations à réussir.

Ce parti pris garde, sur le fond, une grande actualité, mais les outils sur lesquels il s'est appuyé se sont usés au fil du temps. Et les dérégulations réalisées en Suède sont loin d'être toutes un succès, en particulier dans le domaine de l'énergie. Il n'y a donc pas de recette du socialisme moderne, mais des questions, des réussites et des échecs à mettre en commun pour que chacun, avec son histoire propre, en tire des conséquences opérationnelles pour son pays. Je suis conviée en Europe du Nord et en Allemagne, et c'est de cela que nous allons discuter avec les socialistes.


Comment jugez-vous l'état du PS aujourd'hui ? N'est-il pas encore archaïque ?

Tous les socialistes sont fiers de la victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales. Ce vote des Français n'est pas une prime à l'archaïsme, mais un encouragement à prolonger à l'échelle nationale les démarches souvent novatrices que nos élus mettent en place dans les territoires. Nous ne sommes pas au bout du chemin, mais ne sous-estimez pas l'élan qui, d'une campagne à l'autre, pousse les socialistes à épouser hardiment leur siècle.

Comment expliquez-vous votre popularité à gauche ?

Ce n'est pas à moi de le dire mais peut-être y apprécie-t-on ma liberté de pensée et de parole, peut-être me reconnaît-on de la constance et une certaine ténacité, des valeurs fermes et justes, la capacité à défricher des voies nouvelles, peut-être aussi les Français savent-ils que je prends au sérieux ce qu'ils me disent. D'horizons très divers : les quartiers populaires notamment, ceux que les socialistes avaient perdus.

Etes-vous toujours pour une alliance avec le MoDem de François Bayrou ?

Oui, parce qu'il s'agit d'une attitude de la main tendue à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la politique de la droite. Mais il ne peut s'agir d'un renversement d'alliance ni de tractations d'appareil. Aux municipales, les élus socialistes ont parfaitement su le faire.

N'est-il pas logique que vous bâtissiez une majorité avec François Hollande au prochain congrès ?

Avec François Hollande, nous avons eu quelques désaccords mais aussi pas mal d'accords politiques [Sourire] .

Comment jugez-vous le portrait-robot du prochain premier secrétaire brossé par Lionel Jospin dans un article du « Monde » ?

Je ne vois rien à redire, et cela prouve que nous pouvons débattre tous ensemble dans un contexte apaisé. J'ai reconnu là une clarté que j'apprécie.

Comment jugez-vous vos concurrents et adversaires ? D'abord vous-même : quelles sont vos forces et vos faiblesses ?

Je ne raisonne pas dans ces termes et je n'estime pas avoir d'adversaires au Parti socialiste. Que certains se positionnent de la sorte, c'est leur affaire, pas la mienne. Quant à faire l'inventaire de mes forces et de mes faiblesses, ce serait un exercice bien immodeste et je ne suis pas sûre d'être la plus objective en la matière ! Disons que l'adversité, loin de m'abattre, me stimule et que ce n'est pas, en politique, un handicap. J'ai la faiblesse de penser que, si l'on croit à ce que l'on dit et si l'on maintient fermement le cap sur l'essentiel tout en restant ouvert, ce qui peut remettre en question certaines certitudes, on est sur le bon chemin. On me reproche parfois d'assumer sans états d'âme l'autorité qui est la mienne. C'est vrai. J'écoute beaucoup, je consulte beaucoup, mais, quand j'ai tranché, je veux de la discipline dans l'action.

Au fond, vous vous situez dans la tradition rocardienne. Mais cette ligne ne l'a jamais emporté au PS.

D'ordinaire, on souligne plutôt ma filiation mitterrandienne ! Première gauche, deuxième gauche, je veux dépasser cette opposition et prendre ce qu'il y a de plus actuel dans chacune d'elles. Par exemple, la créativité de la société et la nécessité de lui donner une large place sont des apports majeurs de la deuxième gauche de Michel Rocard. Je me revendique par ailleurs de la vision européenne de Jacques Delors.

Qui sont vos modèles ? Mitterrand, Blum, Jaurès... ?

Je m'inscris dans une lignée et j'en suis fière. Elle m'aide à me projeter dans l'avenir avec la même audace novatrice que celle dont nos grands anciens ont su, en leur temps, faire preuve. Celle de Jaurès appelant les socialistes à « se commettre avec la société d'aujourd'hui » et à « remettre en chantier l'examen du réel » sans avoir peur d'aucune idée neuve. Celle de Blum appelant lui aussi les socialistes, dans son premier discours, à « actualiser le programme traditionnel du socialisme » et, dans son dernier discours, à « cesser d'avoir peur de la nouveauté » . Celle de François Mitterrand affirmant crânement au congrès d'Epinay « Je dis ce que je pense, pas simplement ce qui fait plaisir » et engageant le nouveau Parti socialiste dans une « mission de conquête » de l'opinion et du pouvoir. Il écrivait crûment que la démocratie parlementaire, par manque d'imagination, a confisqué au citoyen le pouvoir de penser et de décider ; voilà comment, disait-il, « la hiérarchie des mandataires réduit les mandants au rôle de figurants » . J'ai toujours ce constat en tête quand je défends la complémentarité de la démocratie représentative et de la démocratie participative. Je me sens pleinement dans la continuité de la révolution décentralisatrice accomplie par Pierre Mauroy.

Quels sont les penseurs ou les philosophes dont vous vous sentez le plus proche ?

J'aime Montaigne faisant avant l'heure l'éloge des identités plurielles, Montesquieu jetant avec force les bases de l'Etat de droit, Durkheim cherchant obstinément comment concilier l'individualisme moderne et la cohésion sociale, Hannah Arendt définissant de manière lumineuse la responsabilité de ceux d'avant à l'égard de ceux d'après. Michel Foucault, aussi, qui a tellement bien dit que derrière les relations de pouvoir rigide il y a la vie qui invente et repousse les limites. Je tiens à citer également Albert Camus parce qu'il cherche et qu'il s'engage. Et tous ces jeunes chercheurs-économistes, historiens, sociologues, philosophes...-que j'écoute et qui analysent les mutations de notre monde renouvellent l'approche que nous avons des inégalités, des discriminations, des principes de justice, des risques et des opportunités de la mondialisation.

N'est-il pas temps que la gauche se réconcilie avec Tocqueville ?

Mais d'où tenez-vous que nous serions fâchés ? Vous connaissez le beau discours de François Mitterrand lors de la remise du prix Tocqueville à Octavio Paz. Ce qui rend toujours stimulante la lecture de Tocqueville, disait-il à cette occasion, c'est qu'il met le doigt sur les points les plus sensibles de la mise en oeuvre des idéaux démocratiques. Pour moi, il est l'un de ceux qui ont le mieux analysé et anticipé les conséquences de la suppression des hiérarchies statutaires de l'Ancien Régime et les paradoxes de cette « passion de l'égalité » qui en résulte. On connaît sa description des risques d'un Etat paternaliste, omniprésent et liberticide. Mais on oublie les pages visionnaires où il prédit que l'ignorance des inégalités réelles corrompt la dynamique démocratique et que la totale liberté économique porte atteinte à la liberté politique. Savez-vous qu'il a mis en garde contre les dangers d'un « nouvel Ancien Régime » reconstituant les privilèges de la naissance, la fortune remplaçant la caste ? Nous y sommes. J'aime le Tocqueville qui, sans rien abdiquer de sa vigilance critique, rend justice à la grandeur de ces révolutionnaires qui croyaient suffisamment en eux pour forcer le cours des choses. Et aussi le Tocqueville qui écrivait : « Je connais ma nation, je ne vois que trop bien ses erreurs, ses faiblesses et ses misères ; mais je sais aussi de quoi elle est capable . »

Quelle est la part de l'intuition en politique ? Vous paraît-elle prioritaire ?

Il vaut mieux en avoir qu'en être dépourvu ! L'intuition, c'est souvent le pressentiment d'un chemin à explorer, une échappée vers le possible qu'il faut évidemment étayer, une cristallisation soudaine de l'expérience accumulée. Elle ne dispense pas de travailler, au contraire, mais elle aide à dégager l'horizon et à empoigner l'occasion.

Quel est l'ouvrage que vous lisez en ce moment ?

« Repenser l'égalité des chances », de Patrick Savidan, une formidable balade dans l'histoire des idées qui, depuis deux siècles, s'affrontent autour de cette notion apparemment consensuelle et, à y regarder de près, fortement paradoxale. En effet, si la religion méritocratique se borne à l'exacerbation de la concurrence de tous avec tous, elle risque d'être un facteur d'atomisation plus que de cohésion sociale. Quelle serait une égalité des chances qui tienne conjointement la promesse de l'individualisme moderne et celle d'une « société bien ordonnée », comme on disait au XVIIIe siècle, ou, si l'on préfère, d'un ordre juste ? De l'école au travail, c'est aujourd'hui l'une des questions centrales.
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Vendredi 29 février 2008

S.P. (lefigaro.fr), avec Sud Ouest
29/02/2008 | Mise à jour : 16:21

undefinedUn militaire de Picardie a hérité de l'ancien numéro de portable de la candidate PS à la présidentielle et reçoit des dizaines d'appels, parfois très confidentiels...

Qui pourrait accepter de recevoir des dizaines de coups de téléphone de jour comme de nuit - qui ne lui sont pas destinés - avec le sourire ? Pas grand-monde à priori, sauf peut-être… le caporal Henry Lebon, dont le quotidien Sud Ouest raconte l'histoire croustillante. Cet homme affecté au régiment de marche de Noyon, en Picardie, a récupéré le numéro de téléphone portable de Ségolène Royal.

«C'est un numéro attribué temporairement à Ségolène Royal pour la campagne présidentielle», explique l'association Désirs d'avenir, contactée par lefigaro.fr. La présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas encore souhaité réagir officiellement.

Jacques Chirac au bout du fil

Résultat pour le caporal Lebon ? Une avalanche d'appels de personnalités, parfois jusqu'au sommet de l'Etat. Ainsi, il raconte que l'ex-président de la République Jacques Chirac aurait contacté ce numéro à la fin de l'été 2007. S'il se dit ravi de pouvoir discuter avec de hauts responsables politiques ne s'attendant pas à tomber sur un militaire, Henry Lebon tient à garder secret la nature de ses conversations.

Il aurait en effet reçu des SMS de François Hollande, dont il est seul avec l'intéressé à connaître le contenu. Le rapprochement avec l'actualité récente se fait naturellement : début février, la publication par le Nouvel Observateur d'un SMS attribué à Nicolas Sarkozy et à destination de son ex-épouse Cécilia («Si tu reviens, j'annule tout») avait déclenché une tempête judiciaire. L'avocat du chef de l'Etat, Me Thierry Herzog, a déposé une plainte pour «faux, usage de faux et recel».


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Vendredi 7 décembre 2007

Découverte sur le net, cette lettre ouverte d'Eva à Ségolène Royal après son passage sur FRANCE2 hier soir. 

Nous pardonnons l'erreur qui met Ségolène à la présidence de la région Picardie ... nous en avons rêvé ... mais ce n'est pas le cas.

Extraits:

Spécial Ségolène Royal sur FR2 le 6 décembre 2007
 
Bonjour, 

Sur FR2 la voix de son maître, Arlette Chabot annonce triomphalement, au nom du pluralisme sans doute, qu’elle t’invite à son micro pour parler de toi, de la gauche, et de Nicolas Sarkozy. On allait donc savoir ce que tu penses de la politique du Président ! On allait enfin entendre sur une grande chaîne critiquer librement le nouvel élu ! Quel évènement ! 

Au cours de l’émission, il a été dit - par Olivier Besancenot je crois - que Sarkozy était le Président de 7% des Français. Et en effet, les maîtres du monde l’ont choisi pour diriger la France comme ils vont bientôt s’arranger pour faire élire aux Etats-Unis, en dépit de ses origines autrichiennes, "Terminator" ; un bon avocat et un comédien, on n’en demande pas plus pour berner les citoyens, voir http://syti.net, assurément le meilleur site du Web. 

Ségolène, je te tutoie car je suis une ancienne militante du P.S., j’avais des responsabilités, et même François Mitterrand me tutoyait. Je continue sur la lancée. J’ai quitté le P.S. car je le trouvais un peu trop complaisant envers le libéralisme et l’OTAN, et pas assez offensif. Désormais, je suis hors parti - mais toujours aussi militante. Du moins dans mon blog. 

 

...

 
Toi-même, Ségolène, quand tu rappelais certaines vérités concernant Sarkozy, on t’opposait aussitôt, par exemple, un embarrassant et perfide "Il y a quelque chose qui a beaucoup dérangé les socialistes, c’est la possibilité de demander à Bayrou d’être premier ministre...", auquel tu as parfaitement répondu, vu les circonstances : "C’était dans l’intérêt de la France". 

La Chabot te demande alors ce qu’il y a de commun entre toi et lui ; elle ne t’interrompt pas lorsque tu parles d’Etat impartial, de l’Education, des valeurs humaines communes, mais quand tu enchaînes en rappelant que Bayrou a eu des propos très durs sur le système de Nicolas Sarkozy, hop ! On reparle aussitôt de la mésentente des socialistes ; Il ne s’agit surtout pas d’évoquer, comme Bayrou l’a pourtant fait, la collusion des médias avec le candidat de l’UMP, son inféodation à l’Amérique et à Israël , et sa collusion avec les grandes puissances financières. Secrets d’ Etat ! 

A un autre moment, Arlette Chabot évoque le procès en incompétence dont tu as fait l’objet ; tu as fort bien répondu en parlant de tes propositions, et en rappelant ton itinéraire, qui t’a conduit de l’ENA au Parlement et à la Tête de la Région de Picardie, en passant par les différentes charges ministérielles. A ta place, j’aurais évoqué le fait que tu es la première femme à diriger une région, prélude à la direction d’un Etat, et surtout que tu as été la conseillère de François Mitterrand en matière de politique étrangère - un domaine où, justement, on ne s’est pas privé d’attaquer ta compétence. En tous cas, chaque fois tu t’en es tirée la tête haute : par exemple, en indiquant ton souci d’une juste redistribution des fruits de la croissance. 

Naturellement, la propagandiste Chabot ne manque pas de souligner que tu reconnais à Sarkozy des qualités - il arrive que la télé ne retienne de l’intervention d’un socialiste que les critiques contre son propre parti, ou les éloges rendus au Président ; il y a un fossé entre le temps de parole accordé à la gauche, et le contenu réel des extraits donnés - ; et lorsque, hypocritement, la Chabot fait une allusion aux "critiques adressées à Sarkozy", c’est pour citer l’hyper-présidence, les innombrables interventions sur le terrain du Président - en sachant justement que c’est le côté qui plaît aux Français. Et dire que cette télé-propagande est payée avec l’argent des contribuables français, bientôt même les plus démunis, pour qu’ils votent contre leur intérêt ! 

 

... 

 

En fait, je te suis reconnaissante pour plusieurs raisons. D’abord, tu as osé, toi femme, la première, à faire en France ce que d’autres ont réalisé ailleurs, souvent avec succès : te présenter à la charge suprême. Au nom de mes sœurs et de tous les démocrates, nous te remercions pour cette légitime audace qui rentrera dans l’ Histoire de la France. Et tu l’as accompli avec courage, avec fermeté, avec aplomb, malgré toutes les attaques dont tu as fait l’objet, malgré toutes les calomnies et les médisances que même ton propre parti, honte à lui, ne t’a parfois pas épargné ; en toutes circonstances , tu as fait preuve de calme, de maîtrise de soi , et malgré l’épreuve que tu vivais sans doute déjà dans ta famille , l’infidélité semble-t-il de ton époux Premier Secrétaire, gagnant notre estime et notre respect à tous, d’autant plus que ton adversaire, aujourd’hui, perd sans cesse ses moyens et donne à l’étranger de la France une image très négative. 

Je sais, Ségolène, que tu nous aurais dignement représentés à l’étranger, et que tu ne nous aurais pas trompés ainsi que Sarkozy le fait sans cesse, en s’attribuant des mérites qui ne sont pas les siens, comme ceux des contrats signés en Algérie . Tu es une femme d’honneur, tu as une éthique irréprochable, et c’est d’autant plus précieux que cela contraste avec la vermine qui a pris le pouvoir, cynique, malhonnête, sans scrupule, prête à tout pour accomplir ses desseins au service des puissants et contre les intérêts des plus fragiles. Oui, Ségolène, avec l’éducation qui a été la sienne, tu as compris qu’il était temps de rétablir le souci de l’éthique en politique, comme d’autres avant toi, je pense en particulier au très intègre Pierre Mendès-France. Nous sommes fiers de toi, Ségolène. 

Et je m’élève contre l’insinuation d’inaction te concernant, puisque je suis abonnée au site http://sego-dom.over-blog.com, passionnant, et qui informe régulièrement sur ce que tu fais - et sur la politique en France. Je salue le travail des militants de ce site, en particulier celui de Dominique. En lisant ce blog, on comprend que tu n’as pas cessé d’être active. 

 

Cliquez pour lire l'intégralité de la lettre ouverte et la commenter

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Lundi 22 octobre 2007

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Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation
Dans une interview à «Libération», Ségolène Royal se dit déterminée à mener la bataille de la rénovation du PS et à prendre la tête de l’opposition.

Retrouvez l'intégralité de l'article sur

 

Extraits:

Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?

Je n’ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J’observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.

Cette indécision n’a-t-elle pas désorienté vos proches?

C’est vrai que c’est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d’étapes. Et qu’il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.

...
Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?

Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.

Comment faire évoluer le PS?

Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.

...

Comment définissez-vous aujourd’hui votre rôle d’opposante?

Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.

Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?

Ce qui me frappe, c’est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d’argent, du Medef. On ne parle ni d’éducation, ni d’innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.

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Samedi 29 septembre 2007

Ce 28 Septembre, Ségolène Royal était invitée sur Canal+ dans l'émission "Le grand journal".
Moments d'expression politique, moments d'humour, moments plus personnels.

Si vous n'avez pu regarder l'émission:

 

Tout en refusant de "polémiquer" avec Lionel Jospin, Ségolène Royal a rappelé vendredi à l'ancien Premier ministre socialiste, auteur d'un livre au vitriol sur sa campagne présidentielle, que la "suite" appartenait aux militants du PS.

Pour l'instant, il est "trop tôt" pour qu'elle décide ou non de briguer la tête du PS lors du congrès qui doit se tenir en 2008, probablement à l'automne.
"Je le déciderai le moment venu (...) si je le veux, si je suis bien accompagnée et si cela correspond à l'intérêt des socialistes et du pays", a déclaré l'ancienne candidate à l'Elysée sur Canal +, reprenant presque mot pour mot la rhétorique qui avait précédé son entrée en campagne pour l'investiture présidentielle du PS.
Dans son livre, Lionel Jospin estime que Ségolène Royal est une "illusion" qui n'a pas la "stature nécessaire" pour mener le PS à la victoire en 2012. Il enjoint les socialistes à ne pas refaire un choix qu'il compare à une "impasse".
"D'abord il y a eu le vote des militants" en novembre dernier, puis la campagne présidentielle et 17 millions d'électeurs qui ont voté socialiste, a rappelé la présidente de Poitou-Charentes. "La suite aussi appartiendra à la démocratie. La suite appartiendra aux militants du Parti socialiste", a-t-elle insisté.
Mi-sérieuse, mi-amusée, elle a suggéré à ses adversaires ayant rédigé toute une flopée d'ouvrages critiquant son parcours de faire don de leurs droits d'auteur à des associations.
"Ce serait bien ça que les droits d'auteur de tous les livres qui disent du mal de moi et qui se vantent pas mal soient versés aux associations d'handicapés, ou de personnes en situation de chômage ou (s'occupant) de jeunes en difficulté", a-t-elle déclaré sur le plateau, confirmant qu'elle préparait de son côté son propre livre d'analyses qui doit sortir "avant la fin de l'année".
Clin d'oeil à "L'impasse", le titre du livre de Lionel Jospin, l'opus de Ségolène Royal pourrait-il s'intituler "L'autoroute", a demandé un journaliste. "Plutôt 'le ferroutage' ou "Le train qui va vers l'avenir", a plaisanté la présidente de Poitou-Charentes, optant pour l'écologiquement correct.
Elle a "bien sûr" été blessée par la charge de l'ancien chef de la "gauche plurielle", "mais ça n'a pas été très long", a-t-elle assuré.
"J'ai une responsabilité politique au-delà de ma propre personne (...) Cette responsabilité politique. Je ne quitte pas la vie politique et je la continue", a-t-elle asséné, décochant une flèche à Lionel Jospin qui avait choisi de se retirer de la vie politique après avoir été éliminé dès le premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002.
Source :
par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Dans les média communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 26 septembre 2007

Retrouvez cette interview dans VSDVSD : Parfois, elle étonne. Quand, par exemple, elle raconte l'histoire du mille-pattes qui l'a fait rires, avec ses enfants, pendant tout l'été. Rien qu'à cette évocation elle repart d'un éclat sonore dans l'ascenseur qui la mène à sa chambre d'hôtel dans le vieux Québec. Consternée de voir que son hilarité n'est pas partagée, elle s'excuse presque en expliquant qu'elle raconte mal les blagues. Surtout en public. Puis, mine de rien, elle glisse, un peu plus tard, qu'elle a beaucoup d'humour. Comme pour corriger cette impression de froideur et de distance qu'elle dégage souvent au premier contact. Ségolène Royal se méfie. De ses adversaires politiques, bien sûr, mais de la presse aussi. Peur d'être instrumentalisée, ridiculisée, baffouée, elle qui a déjà essuyé tant de coups durant ces derniers mois. Alors, pour ce premier voyage officiel après les élections, quatre jours au Québec, la présidente de Poitou-Charentes se surveille en permanence.

SANS LANGUE DE BOIS SUR HIER, AUJOURD'HUI... ET DEMAIN

Pourtant, il y a ces rares moments où, l'espace d'une courte balade, les frontières se rapprochent. Elle vante les bienfaits de la marche, plaisante avec les uns, s'intéresse aux autres. A ce moment là, elle en devient presque stupéfiante de naturel. Une "complicité" qui fait oublier cette force qui, chez elle, confine parfois à une certaine brutalité. Mais bien vite, elle se reprend et revêt à nouveau son costume de femme politique. Qu'elle marche le long du Saint Laurent, juste parce qu'elle a décidé de faire une promenade digestive accompagnée de la presse, façon Mitterrand, ou qu'elle visite une usine qui fabrique des maisons en bois, la "dame en blanc" ne se déplace pas sans ses talons aiguilles. La cheville fine chancelant parfois quand elle reste trop longtemps debout ou que le pied rencontre un obstacle. Mais jamais elle ne trébuche. La Présidente se tient droite et sourit.

De cette beauté que même certains adversaires politiques lui reconnaissent, elle est raisonnablement fière. A du mal à en parler, pense que cela a alimenté son procès en incompétence, mais convient finalement que ses électeurs avaient droit à quelqu'un qui a une certaine tenue. Elle y veille d'ailleurs constamment. Avec les membres de son staff... Elle s'exprime sans langue de bois sur hier, aujourd'hui et demain surtout. Son visage se tend un peu, ses yeux habituellement rieurs trahissent son vague à l'âme. Il la grandit, l'étoffe, la densifie, mais elle n'en a cure. Animal politique, elle recadre les mots et dévie sur les autres. Ce peuple avec qui elle entretient une bonne communication, dit-elle. Ces gens qu'elle aime pour leurs regards, leur diversité, leur histoire, leur frémissement. On la croit.

... Une visite avec le Premier Ministre du Québec, une rencontre culturelle pour la préparation d'un show sur le 100ème anniversaire de la belle province, un cocktail au consulat de France. Allées-venues, questions-réponses, sourires-écoute, Ségolène Royal est emportée dans la vie politique. Elle ne demande que cela.

 

VSD. Dans son livre, L’Impasse, Lionel Jospin se livre à une charge féroce contre vous. Ces attaques ne sont-elles pas un hommage involontaire à la place que vous occupez au sein du PS ?

Ségolène Royal dans la Somme à Fressenville - © philippe grangeaudSégolène Royal. (Rires.) Je préfère les hommages positifs, c’est plus agréable. Plus sérieusement, je crois surtout que ces propos renvoient à la campagne où un certain nombre de leaders socialistes, et non des moindres, n’ont pas été au rendez-vous. J’ai pensé que, puisque j’étais désignée par 60 % des militants, tout le monde se rangerait derrière moi pour que la gauche l’emporte. Je voyais bien que des réticences existaient, mais je n’avais pas imaginé que la violence du ressentiment pouvait atteindre une telle intensité. Certains leaders m’ont même dit en pleine bataille présidentielle – sans doute pour, une fois de plus, me renforcer – que je n’arriverais pas au second tour. S’ils avaient fait fi de leur ego et constitué un bloc autour de moi, alors peut-être aurions-nous eu la dynamique suffisante pour gagner. Il faudrait en tirer les leçons.

VSD. Estimez-vous que Lionel Jospin est fondé à faire ces critiques alors qu’il n’est pas parvenu au second tour ?

S. R. Je ne ferai aucune remarque désobligeante sur lui. J’ai le sens de la hiérarchie, des fonctions, je n’ai jamais dit de mal du Premier ministre. C’est ma morale politique. Je m’y tiens, je parle des idées, pas des personnes. En revanche, s’il exprime les choses de façon aussi cruelle, c’est que d’autres les ont pensées aussi. Ils n’acceptent pas la mutation de la France, celle du PS, les idées neuves que j’ai développées pendant la campagne, en particulier sur la question de l’ordre juste, de l’adaptation de la valeur travail. Lorsque j’ai dénoncé l’assistanat, on m’a rétorqué que cette critique ne correspondait pas à la tradition de la gauche… Quand j’ai parlé de la nation, du drapeau tricolore, il s’agissait presque de gros mots pour certains socialistes. Ils ont attaqué les jurys citoyens, alors que Gordon Brown est en train de les mettre en place.

VSD. Avez-vous l’impression que l’on cherche à vous détruire ?

S. R. C’est clair, certains ont commencé la bataille du congrès. Il faut être drôlement solide pour encaisser ces chocs : ceux de la campagne, de l’après-campagne et la tristesse des millions d’électeurs qui voulaient que la gauche gagne. Je la porte en moi, je m’en sens comptable aujourd’hui encore. Mais je n’ai pas le droit de m’écrouler, ne serait-ce que pour défendre la dignité des femmes.

VSD. Vous dites que cela confine au racisme…

S. R. Il s’agit effectivement des mêmes ressorts : le mépris et la volonté d’abaisser. Mais il faut voir dans la dénonciation de certains éléphants le refus d’une nouvelle génération et de la différence. On m’a même reproché une relation particulière au peuple. Ce qui est un comble dans une démocratie ! Jamais les militants et les premiers fédéraux du PS ne m’ont fait cette remarque. Au contraire.

VSD. Ces derniers jours, quand on l’interroge sur vous, Bertrand Delanoë botte en touche. Quels rapports entretenez-vous avec lui ?

S. R. Normaux.

VSD. Certains pensent que, s’il est réélu [à la Mairie de Paris, NDLR], il pourrait briguer le poste de premier secrétaire du PS. Ne serait-il pas alors votre concurrent le plus sérieux ?

S. R. Je lui souhaite d’être réélu, je ne suis en compétition avec personne. Ce qui m’intéresse, ce sont les propositions concrètes pour réformer la France avec efficacité et justice.

VSD. Mais souhaitez-vous devenir premier secrétaire ?

S. R. On verra. J’ai été candidate de tous les socialistes et je ne peux pas me permettre d’entrer dans cette bataille de chiffonniers, de courants et d’exclusions. J’ai une responsabilité politique et je verrai le moment venu la meilleure façon de l’assumer.

VSD. Dans l’entre-deux-tours, vous avez pris langue avec François Bayrou, qui s’attelle à la construction du MoDem. Êtes-vous en contact avec lui ?

S. R. Pas encore. Je suis pour l’ouverture, je crois qu’il peut y avoir des rapprochements sur un certain nombre de valeurs, mais sans alignement ni instrumentalisation. Je me reconnais par ailleurs également dans le mouvement altermondialiste. C’est-à-dire que l’on peut bâtir une alliance large de Bové à Bayrou, ce que j’ai tenté entre les deux tours.

VSD. Que pensez-vous des déclarations de Bernard Kouchner sur l’Iran ?

S. R. J’ai été la première à dénoncer le risque d’accès de l’Iran au nucléaire civil. Souvenez-vous alors des réactions critiques de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les faits me donnent raison et réhabilitent ma compétence. C’est également vrai dans d’autres domaines de la politique étrangère et de la politique économique et sociale.

VSD. Vous avez essuyé beaucoup de coups durant ces derniers mois de campagne. Comment avez-vous tenu le choc ?

S. R. Je remarque que, lorsque l’on se tourne vers les autres, on n’a pas le temps de penser à soi. On est tellement redevable des attentes, des espérances, que l’on se nourrit de l’affection des gens. Il faut aussi être bien entouré, ce qui est mon cas, avoir des amis proches, un cercle solide fait de personnes présentes depuis des années ou de nouveaux venus qui se montrent très combatifs.

VSD. L’action politique mérite-t-elle le prix que vous en payez ?

Dans la Somme Ségolène Royale visite l'entreprise PIC Industrie Production d'Airaines - © philippe grangeaud S. R. Je me pose parfois cette question. Jusqu’à présent, j’y ai toujours répondu positivement. C’est ce qu’on appelle la passion politique et la passion de la France. Si l’on n’est pas abattu par une épreuve, on en sort renforcé. Une polémique comme celle-là redonne de l’énergie, elle mobilise tous ceux qui me soutiennent. Mais il est vrai que la méchanceté ou la hargne laissent toujours des traces.

VSD. Mais, en ce qui vous concerne personnellement ?

S. R. Je ne veux pas parler de moi.

VSD. Que vous ont apporté ces récentes épreuves ?

S. R. J’ai acquis de la stabilité, de la confiance, de la capacité à faire la part entre l’essentiel et l’accessoire. J’ai aussi appris à négocier les coups et à les encaisser.

VSD. Qu’avez-vous découvert en vous que vous ne soupçonniez pas ?

S. R. Ma capacité de résistance. J’ai ressenti une force intérieure parce que, à un moment, j’ai eu le sentiment très aigu de porter l’histoire des autres : celle de la première femme qui va peut-être accéder à la présidence de la République. De toute façon, je ne peux ni reculer, ni flancher, ni m’agenouiller, ni avoir d’états d’âme. Il en va aussi de la rénovation du socialisme, qui doit rester une force structurante dans la politique française. La première chose à laquelle j’ai pensé lorsque j’ai été attaquée, c’est aux millions de gens qui attendent que leur vie s’améliore. Puis, à ce que les socialistes restent unis. Je me suis dit que, lorsqu’ils entendent que je n’ai pas les « qualités humaines » pour me présenter et que je suis une « candidate de seconde zone », eux aussi allaient être touchés.

VSD. Vous vous comparez à Jeanne d’Arc, vous citez les Évangiles. Pourquoi vous situez-vous sur le registre du martyr ?

S. R. Je préfère pardonner que rendre des coups bas. Je défends la laïcité et je n’ai aucune ambiguïté làdessus. Mais il existe des pensées profondes universelles et je ne vois pas au nom de quoi je vais m’interdire de les exprimer. Ça fait aussi partie de ma personnalité d’énoncer des vérités profondes. Évidemment, pour les esprits étroits et technocratiques, mieux vaudrait ne s’en tenir qu’aux propos politiciens. Il faut parfois des propos qui transcendent. On ne peut pas à la fois demander aux responsables politiques d’être de vrais chefs de file et leur reprocher de tracer des pistes originales, d’user d’expressions qui correspondent à une densité humaine.

VSD. Pensez-vous avoir un destin à accomplir ?

S. R. J’ai déjà ce destin. Donc, il a fallu que j’y croie pour assumer cette tâche malgré les embûches. Je n’ai pas surgi par hasard, comme certains voudraient le faire croire. Je pense que cet itinéraire n’est pas terminé. Si je le souhaite, si je suis bien accompagnée sur ce chemin et si cela correspond à l’intérêt du pays le moment venu.

VSD. Aujourd’hui, vous êtes aussi en phase de reconstruction personnelle. Qu’est-ce qui vous a permis de prendre un nouveau départ ?

S. R. Mes amis et mes enfants m’ont fait tenir debout et réciproquement, parce qu’ils ont souffert doublement de la défaite. Les épreuves sont derrière moi et maintenant j’ai toute ma liberté. Ayant de fortes responsabilités publiques, j’ai dû donner un certain nombre d’explications, car je ne supporte pas les mensonges.

ProPos recueillis Par M.-a. P. publiés dans VSD n°1570

par VSD M-A.P publié dans : Dans les média
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Dimanche 19 août 2007


Par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche


Délivrée de toute amertume, l'ex-candidate à l'élection présidentielle va se battre pour rénover le Parti socialiste. Pour le JDD, Ségolène Royal évoque sa famille, ses vacances, fait son autocritique sur la présidentielle et parle de ses projets pour le PS. "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Ressasser, c'est de l'énergie perdue", dit-elle. Confidences...

C'est une Ségolène Royal "requinquée", "ressourcée", "apaisée" qui fera sa rentrée politique samedi prochain à Melle dans les Deux-Sèvres, endroit "tranquille et symbolique" où elle se sent protégée. Comme chez elle. L'ex-candidate du PS à l'élection présidentielle a volontairement peu donné de ses nouvelles pendant l'été. Elle a profité de cette coupure indispensable pour se remettre physiquement et psychologiquement de la dureté de la campagne, de l'épreuve du résultat du second tour, et de ce qu'elle qualifie pudiquement de "reconstructions personnelles".

Expression qu'elle utilise pour évoquer, sans la nommer, sa séparation, intervenue avant l'été, d'avec François Hollande, le père de ses quatre enfants, avec lesquels elle a tenu à passer toutes ses vacances. Comme soudée à ses petits devenus grands (la dernière, Flora, est largement adolescente), elle coule, en ce moment, ses derniers jours de vacances dans la maison familiale de Mougins où elle prend plaisir à cuisiner, recevoir des amis à déjeuner et profiter sans retenue de ces heures d'intimité.

Des "reconstructions" qui, confie-t-elle, lors des rares occasions où elle accepte d'abandonner le masque du sourire et de la maîtrise de soi, lui ont permis, à elle comme à ses enfants, de crever un abcès formé depuis de trop longs mois et de repartir sur des bases claires. "Nous avons beaucoup parlé entre nous. L'équilibre familial s'est réorganisé autrement, et s'est peut-être même renforcé." La trêve estivale l'a "définitivement délivrée de l'amertume". Elle admet avoir souvent pensé à cette phrase de Nietzsche: "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."

"Le temps n'est plus aux règlements de compte"

Beaucoup plus prolixe en revanche sur sa vie publique, la présidente de la région Poitou-Charentes a choisi avec soin la date du 25 août pour sa première intervention publique, qui se fera à l'issue d'un pique-nique informel, une semaine exactement avant les universités d'été de La Rochelle. Elle sait qu'elle y est très attendue. En décidant de parler avant le traditionnel rendez-vous de La Rochelle devenu l'an dernier, par sa seule présence, un véritable "barnum", elle sait que l'attention ne se focalisera pas, cette fois, sur sa seule personne. La présidente de région interviendra à ces universités, en tant que puissance invitante, dès l'ouverture des travaux, le vendredi 31 août, entourée des cinq nouveaux députés socialistes de Poitou-Charentes. Elle a prévenu ses proches qu'ensuite elle se ferait discrète.

Des proches qu'elle n'a cessé de consulter, le plus souvent au téléphone, tout au long de l'été. Jean-Louis Bianco, Julien Dray, Sophie Bouchet-Petersen, François Rebsamen bien sûr, mais aussi Gaëtan Gorce ou Aurélie Filippetti. Débarrassée, délivrée même de la campagne présidentielle, un carcan qu'elle avoue ne pas avoir toujours bien « maîtrisé », faute de recul et d'expérience, Ségolène Royal a l'intention, désormais, de maîtriser son calendrier. "Entre la campagne interne du PS et la vraie campagne, j'ai été sur la brèche pendant presque un an, comme à marche forcée. J'ai dû gérer, parfois à la hâte, les déséquilibres. Il y a eu des dysfonctionnements et des erreurs sur lesquels j'ai pu réfléchir. C'était une expérience à la fois merveilleuse, exaltante, et épuisante. Aujourd'hui, j'ai le temps, je choisis, je contrôle."

Si elle se rendra à l'étranger où elle est beaucoup demandée, ses voyages seront comptés: à ce jour, un déplacement est prévu, le 9 septembre, en Italie, à l'occasion de la fête du quotidien de gauche, L'Unità ; un autre suivra au Québec au milieu du mois ; peut-être un troisième encore aux Etats-Unis, en octobre. Totalement prête à "réinvestir" pleinement le champ politique, Ségolène Royal n'est, pour autant, pas pressée. Persuadée que rien ne peut se faire ni sans elle ni contre elle, elle compte jouer un rôle "important" dans le processus de rénovation du PS qu'elle imagine "forcément long". Elle acceptera, prévient-elle, toutes les responsabilités qui lui seront confiées par ceux qu'elle nomme toujours ses "camarades". Son entourage est prévenu: "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue."

"Une ligne moderniste, éclairée et rassembleuse"

L'ouvrage, à paraître cet automne aux éditions Grasset (dont le titre - encore provisoire - pourrait être Une étrange défaite), ne sera surtout pas un livre revanchard ou amer. Bien au contraire. Mais une réflexion qu'elle espère "honnête" sur les points forts et les points faibles de sa campagne. "J'ai attendu pour faire mon autocritique, mais je la fais. Pour mieux rebondir, pour redémarrer." Parce qu'elle a le sentiment d'avoir vécu une aventure exceptionnelle avec les Français, une aventure qui lui a apporté de la densité, de la maturité et le cadeau si précieux qu'a été "leur espoir et leur confiance", l'ex-candidate à l'élection présidentielle regarde le futur congrès du PS, dans un an, avec détachement.

Se projette-t-elle comme future patronne du PS ? La question lui semble absurde. "Je ne suis pas du tout dans ces stratégies." Même chose pour les courants. Créera-t-elle le sien ? Elle n'en a aucune idée et, pour l'instant, aucune envie. "J'ai été candidate au nom de tous les socialistes. Pourquoi devrais-je m'enfermer dans un courant?", a-t-elle laissé échapper, récemment, devant un de ses interlocuteurs. Le mot courant lui semble presque obsolète. Tout juste pense-t-elle que les militants de Désirs d'avenir devraient "naturellement" adhérer au PS. Le site internet de l'association sera réactivé afin de garder un contact permanent avec les Français.

D'ici au congrès socialiste - un horizon encore "lointain" pour elle -, elle compte, en tout cas, travailler dur. Entourée de sa petite équipe d'experts économiques et internationaux: Pierre Moscovici, le banquier Matthieu Pigasse, l'économiste Thomas Piketty, Bruno Rebelle pour les questions écologiques auxquelles elle s'intéresse tout particulièrement. Sur tous ces sujets, elle s'emploiera à proposer des idées neuves. En phase avec l'évolution de la société, des idées qui constitueront progressivement un corpus idéologique, une ligne politique "moderniste, éclair&eacut