Dimanche 20 avril 2008
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Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes.
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Le Point : Où en êtes-vous ? D'abord, souhaitez-vous briguer le poste
de premier secrétaire du Parti socialiste ?
S.P. (lefigaro.fr), avec Sud Ouest
29/02/2008 | Mise à jour : 16:21
Un militaire de Picardie a hérité de l'ancien numéro de portable de la candidate PS à la présidentielle et reçoit des dizaines d'appels, parfois très
confidentiels...
Qui pourrait accepter de recevoir des dizaines de coups de téléphone de jour comme de nuit - qui ne lui sont pas destinés - avec le sourire ? Pas grand-monde à priori, sauf peut-être… le caporal Henry Lebon, dont le quotidien Sud Ouest raconte l'histoire croustillante. Cet homme affecté au régiment de marche de Noyon, en Picardie, a récupéré le numéro de téléphone portable de Ségolène Royal.
«C'est un numéro attribué temporairement à Ségolène Royal pour la campagne présidentielle», explique l'association Désirs d'avenir, contactée par lefigaro.fr. La présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas encore souhaité réagir officiellement.
Résultat pour le caporal Lebon ? Une avalanche d'appels de personnalités, parfois jusqu'au sommet de l'Etat. Ainsi, il raconte que l'ex-président de la République Jacques Chirac aurait contacté ce numéro à la fin de l'été 2007. S'il se dit ravi de pouvoir discuter avec de hauts responsables politiques ne s'attendant pas à tomber sur un militaire, Henry Lebon tient à garder secret la nature de ses conversations.
Il aurait en effet reçu des SMS de François Hollande, dont il est seul avec l'intéressé à connaître le contenu. Le rapprochement avec l'actualité récente se fait naturellement : début février, la publication par le Nouvel Observateur d'un SMS attribué à Nicolas Sarkozy et à destination de son ex-épouse Cécilia («Si tu reviens, j'annule tout») avait déclenché une tempête judiciaire. L'avocat du chef de l'Etat, Me Thierry Herzog, a déposé une plainte pour «faux, usage de faux et recel».
Nous pardonnons l'erreur qui met Ségolène à la présidence de la région Picardie ... nous en avons rêvé ... mais ce n'est pas le cas.
Extraits:
Spécial Ségolène Royal sur FR2 le 6 décembre 2007Bonjour,Sur FR2 la voix de son maître, Arlette Chabot annonce triomphalement, au nom du pluralisme sans doute, qu’elle t’invite à son micro pour parler de toi, de la gauche, et de Nicolas Sarkozy. On allait donc savoir ce que tu penses de la politique du Président ! On allait enfin entendre sur une grande chaîne critiquer librement le nouvel élu ! Quel évènement !
Au cours de l’émission, il a été dit - par Olivier Besancenot je crois - que Sarkozy était le Président de 7% des Français. Et en effet, les maîtres du monde l’ont choisi pour diriger la France comme ils vont bientôt s’arranger pour faire élire aux Etats-Unis, en dépit de ses origines autrichiennes, "Terminator" ; un bon avocat et un comédien, on n’en demande pas plus pour berner les citoyens, voir http://syti.net, assurément le meilleur site du Web.
Ségolène, je te tutoie car je suis une ancienne militante du P.S., j’avais des responsabilités, et même François Mitterrand me tutoyait. Je continue sur la lancée. J’ai quitté le P.S. car je le trouvais un peu trop complaisant envers le libéralisme et l’OTAN, et pas assez offensif. Désormais, je suis hors parti - mais toujours aussi militante. Du moins dans mon blog.
...
Toi-même, Ségolène, quand tu rappelais certaines vérités concernant Sarkozy, on t’opposait aussitôt, par exemple, un embarrassant et perfide "Il y a quelque chose qui a beaucoup dérangé les socialistes, c’est la possibilité de demander à Bayrou d’être premier ministre...", auquel tu as parfaitement répondu, vu les circonstances : "C’était dans l’intérêt de la France".La Chabot te demande alors ce qu’il y a de commun entre toi et lui ; elle ne t’interrompt pas lorsque tu parles d’Etat impartial, de l’Education, des valeurs humaines communes, mais quand tu enchaînes en rappelant que Bayrou a eu des propos très durs sur le système de Nicolas Sarkozy, hop ! On reparle aussitôt de la mésentente des socialistes ; Il ne s’agit surtout pas d’évoquer, comme Bayrou l’a pourtant fait, la collusion des médias avec le candidat de l’UMP, son inféodation à l’Amérique et à Israël , et sa collusion avec les grandes puissances financières. Secrets d’ Etat !
A un autre moment, Arlette Chabot évoque le procès en incompétence dont tu as fait l’objet ; tu as fort bien répondu en parlant de tes propositions, et en rappelant ton itinéraire, qui t’a conduit de l’ENA au Parlement et à la Tête de la Région de Picardie, en passant par les différentes charges ministérielles. A ta place, j’aurais évoqué le fait que tu es la première femme à diriger une région, prélude à la direction d’un Etat, et surtout que tu as été la conseillère de François Mitterrand en matière de politique étrangère - un domaine où, justement, on ne s’est pas privé d’attaquer ta compétence. En tous cas, chaque fois tu t’en es tirée la tête haute : par exemple, en indiquant ton souci d’une juste redistribution des fruits de la croissance.
Naturellement, la propagandiste Chabot ne manque pas de souligner que tu reconnais à Sarkozy des qualités - il arrive que la télé ne retienne de l’intervention d’un socialiste que les critiques contre son propre parti, ou les éloges rendus au Président ; il y a un fossé entre le temps de parole accordé à la gauche, et le contenu réel des extraits donnés - ; et lorsque, hypocritement, la Chabot fait une allusion aux "critiques adressées à Sarkozy", c’est pour citer l’hyper-présidence, les innombrables interventions sur le terrain du Président - en sachant justement que c’est le côté qui plaît aux Français. Et dire que cette télé-propagande est payée avec l’argent des contribuables français, bientôt même les plus démunis, pour qu’ils votent contre leur intérêt !
...
En fait, je te suis reconnaissante pour plusieurs raisons. D’abord, tu as osé, toi femme, la première, à faire en France ce que d’autres ont réalisé ailleurs, souvent avec succès : te présenter à la charge suprême. Au nom de mes sœurs et de tous les démocrates, nous te remercions pour cette légitime audace qui rentrera dans l’ Histoire de la France. Et tu l’as accompli avec courage, avec fermeté, avec aplomb, malgré toutes les attaques dont tu as fait l’objet, malgré toutes les calomnies et les médisances que même ton propre parti, honte à lui, ne t’a parfois pas épargné ; en toutes circonstances , tu as fait preuve de calme, de maîtrise de soi , et malgré l’épreuve que tu vivais sans doute déjà dans ta famille , l’infidélité semble-t-il de ton époux Premier Secrétaire, gagnant notre estime et notre respect à tous, d’autant plus que ton adversaire, aujourd’hui, perd sans cesse ses moyens et donne à l’étranger de la France une image très négative.
Je sais, Ségolène, que tu nous aurais dignement représentés à l’étranger, et que tu ne nous aurais pas trompés ainsi que Sarkozy le fait sans cesse, en s’attribuant des mérites qui ne sont pas les siens, comme ceux des contrats signés en Algérie . Tu es une femme d’honneur, tu as une éthique irréprochable, et c’est d’autant plus précieux que cela contraste avec la vermine qui a pris le pouvoir, cynique, malhonnête, sans scrupule, prête à tout pour accomplir ses desseins au service des puissants et contre les intérêts des plus fragiles. Oui, Ségolène, avec l’éducation qui a été la sienne, tu as compris qu’il était temps de rétablir le souci de l’éthique en politique, comme d’autres avant toi, je pense en particulier au très intègre Pierre Mendès-France. Nous sommes fiers de toi, Ségolène.
Et je m’élève contre l’insinuation d’inaction te concernant, puisque je suis abonnée au site http://sego-dom.over-blog.com, passionnant, et qui informe régulièrement sur ce que tu fais - et sur la politique en France. Je salue le travail des militants de ce site, en particulier celui de Dominique. En lisant ce blog, on comprend que tu n’as pas cessé d’être active.
Cliquez pour lire l'intégralité de la lettre ouverte et la commenter.
Rassurez-vous, je ne suis pas en hibernation
Dans une interview à «Libération», Ségolène Royal se dit déterminée à mener la bataille de la rénovation du PS et à prendre la tête de l’opposition.
Retrouvez l'intégralité de l'article sur
Extraits:
...Où en êtes-vous de votre réflexion? Serez-vous candidate au premier secrétariat?Je n’ai pas pris ma décision. Cela viendra le moment venu. A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti. J’observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes.
Cette indécision n’a-t-elle pas désorienté vos proches?
C’est vrai que c’est un peu déstabilisant pour mon entourage, qui se demande pourquoi je ne repars pas sabre au clair. Certains se sont inquiétés, ont demandé des consignes. Je leur explique que la politique est faite d’étapes. Et qu’il ne faut pas que je me laisse happer par le système. Le jour où je leur dirai: «On y va», nous irons vraiment.
...Vous venez de rencontrer Walter Veltroni. L’exemple de la primaire italienne est-il envisageable en France?Tous les dirigeants italiens ont accepté l’émergence parmi eux d’un leader, avec trois millions et demi d’électeurs qui ont payé un euro pour participer. Au PS, les militants à 20 euros ont été parfois contestés. Mais la réflexion doit se poursuivre. Je sais que ce n’est pas facile, car nous héritons d’un système sécurisant pour les courants, avec ce que cela signifie de contrôle des fédérations et de positions verrouillées. Mais au PS, nous avons tous compris, certes à des degrés divers, que ce système devait changer. L’exemple italien doit nous faire réfléchir.
Comment faire évoluer le PS?
Il faut rendre la parole aux militants. Mais aussi faire voter des gens qui ne sont pas adhérents du parti, comme en Italie. La préoccupation de l’organisation ne doit pas être l’organisation elle-même.
Retrouvez l'intégralité de l'article surComment définissez-vous aujourd’hui votre rôle d’opposante?
Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je la sens utile au débat démocratique. Mais cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos.
Quel regard portez-vous sur la pratique sarkozyste du pouvoir?
Ce qui me frappe, c’est le contraste entre le discours, le changement de style et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder. Le pouvoir actuel est très proche des puissances d’argent, du Medef. On ne parle ni d’éducation, ni d’innovation, ni de PME, ni de modernisation économique. Sur les mesures fiscales, on a un pays endetté qui se prive de marges de manœuvres au profit des plus privilégiés, suivant en cela les réflexes les plus éculés de la droite traditionaliste et rentière.
Ce 28 Septembre, Ségolène
Royal était invitée sur Canal+ dans l'émission "Le grand journal".
Moments d'expression politique, moments d'humour, moments plus personnels.
Si vous n'avez pu regarder l'émission:
Tout en refusant de "polémiquer" avec Lionel Jospin, Ségolène Royal a rappelé vendredi à l'ancien Premier ministre socialiste, auteur d'un livre au vitriol sur sa campagne présidentielle, que la "suite" appartenait aux militants du PS.
VSD : Parfois, elle étonne. Quand, par exemple, elle raconte l'histoire du mille-pattes qui l'a fait rires, avec ses enfants, pendant tout l'été. Rien qu'à cette évocation elle repart d'un éclat sonore dans l'ascenseur qui la mène à sa chambre d'hôtel dans le vieux Québec. Consternée de voir que son hilarité n'est pas partagée, elle s'excuse presque en expliquant qu'elle raconte mal les blagues. Surtout en public. Puis, mine de rien, elle glisse, un peu plus tard, qu'elle a beaucoup d'humour. Comme pour corriger cette impression de froideur et de distance qu'elle dégage souvent au premier contact. Ségolène Royal se méfie. De ses adversaires politiques, bien sûr, mais de la presse aussi. Peur d'être instrumentalisée, ridiculisée, baffouée, elle qui a déjà essuyé tant de coups durant ces derniers mois. Alors, pour ce premier voyage officiel après les élections, quatre jours au Québec, la présidente de Poitou-Charentes se surveille en permanence.
SANS LANGUE DE BOIS SUR HIER, AUJOURD'HUI... ET DEMAIN
Pourtant, il y a ces rares moments où, l'espace d'une courte balade, les frontières se rapprochent. Elle vante les bienfaits de la marche, plaisante avec les uns, s'intéresse aux autres. A ce moment là, elle en devient presque stupéfiante de naturel. Une "complicité" qui fait oublier cette force qui, chez elle, confine parfois à une certaine brutalité. Mais bien vite, elle se reprend et revêt à nouveau son costume de femme politique. Qu'elle marche le long du Saint Laurent, juste parce qu'elle a décidé de faire une promenade digestive accompagnée de la presse, façon Mitterrand, ou qu'elle visite une usine qui fabrique des maisons en bois, la "dame en blanc" ne se déplace pas sans ses talons aiguilles. La cheville fine chancelant parfois quand elle reste trop longtemps debout ou que le pied rencontre un obstacle. Mais jamais elle ne trébuche. La Présidente se tient droite et sourit.
De cette beauté que même certains adversaires politiques lui reconnaissent, elle est raisonnablement fière. A du mal à en parler, pense que cela a alimenté son procès en incompétence, mais convient finalement que ses électeurs avaient droit à quelqu'un qui a une certaine tenue. Elle y veille d'ailleurs constamment. Avec les membres de son staff... Elle s'exprime sans langue de bois sur hier, aujourd'hui et demain surtout. Son visage se tend un peu, ses yeux habituellement rieurs trahissent son vague à l'âme. Il la grandit, l'étoffe, la densifie, mais elle n'en a cure. Animal politique, elle recadre les mots et dévie sur les autres. Ce peuple avec qui elle entretient une bonne communication, dit-elle. Ces gens qu'elle aime pour leurs regards, leur diversité, leur histoire, leur frémissement. On la croit.
... Une visite avec le Premier Ministre du Québec, une rencontre culturelle pour la préparation d'un show sur le 100ème anniversaire de la belle province, un cocktail au consulat de France. Allées-venues, questions-réponses, sourires-écoute, Ségolène Royal est emportée dans la vie politique. Elle ne demande que cela.
VSD. Dans son livre, L’Impasse, Lionel Jospin se livre à une charge féroce contre vous. Ces attaques ne sont-elles pas un hommage
involontaire à la place que vous occupez au sein du PS ?
Ségolène Royal. (Rires.) Je préfère les hommages
positifs, c’est plus agréable. Plus sérieusement, je crois surtout que ces propos renvoient à la campagne où un certain nombre de leaders socialistes, et non des moindres, n’ont pas été au
rendez-vous. J’ai pensé que, puisque j’étais désignée par 60 % des militants, tout le monde se rangerait derrière moi pour que la gauche l’emporte. Je voyais bien que des réticences existaient,
mais je n’avais pas imaginé que la violence du ressentiment pouvait atteindre une telle intensité. Certains leaders m’ont même dit en pleine bataille présidentielle – sans doute pour, une fois de
plus, me renforcer – que je n’arriverais pas au second tour. S’ils avaient fait fi de leur ego et constitué un bloc autour de moi, alors peut-être aurions-nous eu la dynamique suffisante pour
gagner. Il faudrait en tirer les leçons.
VSD. Estimez-vous que Lionel Jospin est fondé à faire ces critiques alors qu’il n’est pas parvenu au second tour ?
S. R. Je ne ferai aucune remarque désobligeante sur lui. J’ai le sens de la hiérarchie, des fonctions, je n’ai jamais dit de mal du Premier ministre. C’est ma morale politique.
Je m’y tiens, je parle des idées, pas des personnes. En revanche, s’il exprime les choses de façon aussi cruelle, c’est que d’autres les ont pensées aussi. Ils n’acceptent pas la mutation de la
France, celle du PS, les idées neuves que j’ai développées pendant la campagne, en particulier sur la question de l’ordre juste, de l’adaptation de la valeur travail. Lorsque j’ai dénoncé
l’assistanat, on m’a rétorqué que cette critique ne correspondait pas à la tradition de la gauche… Quand j’ai parlé de la nation, du drapeau tricolore, il s’agissait presque de gros mots pour
certains socialistes. Ils ont attaqué les jurys citoyens, alors que Gordon Brown est en train de les mettre en place.
VSD. Avez-vous l’impression que l’on cherche à vous détruire ?
S. R. C’est clair, certains ont commencé la bataille du congrès. Il faut être drôlement solide pour encaisser ces chocs : ceux de la campagne, de l’après-campagne et la tristesse
des millions d’électeurs qui voulaient que la gauche gagne. Je la porte en moi, je m’en sens comptable aujourd’hui encore. Mais je n’ai pas le droit de m’écrouler, ne serait-ce que pour défendre
la dignité des femmes.
VSD. Vous dites que cela confine au racisme…
S. R. Il s’agit effectivement des mêmes ressorts : le mépris et la volonté d’abaisser. Mais il faut voir dans la dénonciation de certains éléphants le refus d’une nouvelle
génération et de la différence. On m’a même reproché une relation particulière au peuple. Ce qui est un comble dans une démocratie ! Jamais les militants et les premiers fédéraux du PS ne m’ont
fait cette remarque. Au contraire.
VSD. Ces derniers jours, quand on l’interroge sur vous, Bertrand Delanoë botte en touche. Quels rapports entretenez-vous avec lui ?
S. R. Normaux.
VSD. Certains pensent que, s’il est réélu [à la Mairie de Paris, NDLR], il pourrait briguer le poste de premier secrétaire du PS. Ne serait-il pas alors votre concurrent le
plus sérieux ?
S. R. Je lui souhaite d’être réélu, je ne suis en compétition avec personne. Ce qui m’intéresse, ce sont les propositions concrètes pour réformer la France avec efficacité et
justice.
VSD. Mais souhaitez-vous devenir premier secrétaire ?
S. R. On verra. J’ai été candidate de tous les socialistes et je ne peux pas me permettre d’entrer dans cette bataille de chiffonniers, de courants et d’exclusions. J’ai une
responsabilité politique et je verrai le moment venu la meilleure façon de l’assumer.
VSD. Dans l’entre-deux-tours, vous avez pris langue avec François Bayrou, qui s’attelle à la construction du MoDem. Êtes-vous en contact avec lui ?
S. R. Pas encore. Je suis pour l’ouverture, je crois qu’il peut y avoir des rapprochements sur un certain nombre de valeurs, mais sans alignement ni instrumentalisation. Je me
reconnais par ailleurs également dans le mouvement altermondialiste. C’est-à-dire que l’on peut bâtir une alliance large de Bové à Bayrou, ce que j’ai tenté entre les deux tours.
VSD. Que pensez-vous des déclarations de Bernard Kouchner sur l’Iran ?
S. R. J’ai été la première à dénoncer le risque d’accès de l’Iran au nucléaire civil. Souvenez-vous alors des réactions critiques de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les faits me
donnent raison et réhabilitent ma compétence. C’est également vrai dans d’autres domaines de la politique étrangère et de la politique économique et sociale.
VSD. Vous avez essuyé beaucoup de coups durant ces derniers mois de campagne. Comment avez-vous tenu le choc ?
S. R. Je remarque que, lorsque l’on se tourne vers les autres, on n’a pas le temps de penser à soi. On est tellement redevable des attentes, des espérances, que l’on se nourrit
de l’affection des gens. Il faut aussi être bien entouré, ce qui est mon cas, avoir des amis proches, un cercle solide fait de personnes présentes depuis des années ou de nouveaux venus qui se
montrent très combatifs.
VSD. L’action politique mérite-t-elle le prix que vous en payez ?
S. R. Je me pose parfois cette question. Jusqu’à présent, j’y ai toujours répondu positivement. C’est ce qu’on appelle
la passion politique et la passion de la France. Si l’on n’est pas abattu par une épreuve, on en sort renforcé. Une polémique comme celle-là redonne de l’énergie, elle mobilise tous ceux qui me
soutiennent. Mais il est vrai que la méchanceté ou la hargne laissent toujours des traces.
VSD. Mais, en ce qui vous concerne personnellement ?
S. R. Je ne veux pas parler de moi.
VSD. Que vous ont apporté ces récentes épreuves ?
S. R. J’ai acquis de la stabilité, de la confiance, de la capacité à faire la part entre l’essentiel et l’accessoire. J’ai aussi appris à négocier les coups et à les
encaisser.
VSD. Qu’avez-vous découvert en vous que vous ne soupçonniez pas ?
S. R. Ma capacité de résistance. J’ai ressenti une force intérieure parce que, à un moment, j’ai eu le sentiment très aigu de porter l’histoire des autres : celle de la première
femme qui va peut-être accéder à la présidence de la République. De toute façon, je ne peux ni reculer, ni flancher, ni m’agenouiller, ni avoir d’états d’âme. Il en va aussi de la rénovation du
socialisme, qui doit rester une force structurante dans la politique française. La première chose à laquelle j’ai pensé lorsque j’ai été attaquée, c’est aux millions de gens qui attendent que
leur vie s’améliore. Puis, à ce que les socialistes restent unis. Je me suis dit que, lorsqu’ils entendent que je n’ai pas les « qualités humaines » pour me présenter et que je suis une «
candidate de seconde zone », eux aussi allaient être touchés.
VSD. Vous vous comparez à Jeanne d’Arc, vous citez les Évangiles. Pourquoi vous situez-vous sur le registre du martyr ?
S. R. Je préfère pardonner que rendre des coups bas. Je défends la laïcité et je n’ai aucune ambiguïté làdessus. Mais il existe des pensées profondes universelles et je ne vois
pas au nom de quoi je vais m’interdire de les exprimer. Ça fait aussi partie de ma personnalité d’énoncer des vérités profondes. Évidemment, pour les esprits étroits et technocratiques, mieux
vaudrait ne s’en tenir qu’aux propos politiciens. Il faut parfois des propos qui transcendent. On ne peut pas à la fois demander aux responsables politiques d’être de vrais chefs de file et leur
reprocher de tracer des pistes originales, d’user d’expressions qui correspondent à une densité humaine.
VSD. Pensez-vous avoir un destin à accomplir ?
S. R. J’ai déjà ce destin. Donc, il a fallu que j’y croie pour assumer cette tâche malgré les embûches. Je n’ai pas surgi par hasard, comme certains voudraient le faire croire.
Je pense que cet itinéraire n’est pas terminé. Si je le souhaite, si je suis bien accompagnée sur ce chemin et si cela correspond à l’intérêt du pays le moment venu.
VSD. Aujourd’hui, vous êtes aussi en phase de reconstruction personnelle. Qu’est-ce qui vous a permis de prendre un nouveau départ ?
S. R. Mes amis et mes enfants m’ont fait tenir debout et réciproquement, parce qu’ils ont souffert doublement de la défaite. Les épreuves sont derrière moi et maintenant j’ai
toute ma liberté. Ayant de fortes responsabilités publiques, j’ai dû donner un certain nombre d’explications, car je ne supporte pas les mensonges.
ProPos recueillis Par M.-a. P. publiés dans VSD n°1570


Par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche
C'est une Ségolène Royal "requinquée", "ressourcée", "apaisée" qui fera sa rentrée politique samedi prochain à Melle dans les Deux-Sèvres, endroit "tranquille et symbolique" où elle se sent protégée. Comme chez elle. L'ex-candidate du PS à l'élection présidentielle a volontairement peu donné de ses nouvelles pendant l'été. Elle a profité de cette coupure indispensable pour se remettre physiquement et psychologiquement de la dureté de la campagne, de l'épreuve du résultat du second tour, et de ce qu'elle qualifie pudiquement de "reconstructions personnelles".
Expression qu'elle utilise pour évoquer, sans la nommer, sa séparation, intervenue avant l'été, d'avec François Hollande, le père de ses quatre enfants, avec lesquels elle a tenu à passer toutes ses vacances. Comme soudée à ses petits devenus grands (la dernière, Flora, est largement adolescente), elle coule, en ce moment, ses derniers jours de vacances dans la maison familiale de Mougins où elle prend plaisir à cuisiner, recevoir des amis à déjeuner et profiter sans retenue de ces heures d'intimité.
Des "reconstructions" qui, confie-t-elle, lors des rares occasions où elle accepte d'abandonner le masque du sourire et de la maîtrise de soi, lui ont permis, à elle comme à ses enfants, de crever un abcès formé depuis de trop longs mois et de repartir sur des bases claires. "Nous avons beaucoup parlé entre nous. L'équilibre familial s'est réorganisé autrement, et s'est peut-être même renforcé." La trêve estivale l'a "définitivement délivrée de l'amertume". Elle admet avoir souvent pensé à cette phrase de Nietzsche: "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts."
"Le temps n'est plus aux règlements de compte"
Beaucoup plus prolixe en revanche sur sa vie publique, la présidente de la région Poitou-Charentes a choisi avec soin la date du 25 août pour sa première intervention publique, qui se fera à l'issue d'un pique-nique informel, une semaine exactement avant les universités d'été de La Rochelle. Elle sait qu'elle y est très attendue. En décidant de parler avant le traditionnel rendez-vous de La Rochelle devenu l'an dernier, par sa seule présence, un véritable "barnum", elle sait que l'attention ne se focalisera pas, cette fois, sur sa seule personne. La présidente de région interviendra à ces universités, en tant que puissance invitante, dès l'ouverture des travaux, le vendredi 31 août, entourée des cinq nouveaux députés socialistes de Poitou-Charentes. Elle a prévenu ses proches qu'ensuite elle se ferait discrète.
Des proches qu'elle n'a cessé de consulter, le plus souvent au téléphone, tout au long de l'été. Jean-Louis Bianco, Julien Dray, Sophie Bouchet-Petersen, François Rebsamen bien sûr, mais aussi Gaëtan Gorce ou Aurélie Filippetti. Débarrassée, délivrée même de la campagne présidentielle, un carcan qu'elle avoue ne pas avoir toujours bien « maîtrisé », faute de recul et d'expérience, Ségolène Royal a l'intention, désormais, de maîtriser son calendrier. "Entre la campagne interne du PS et la vraie campagne, j'ai été sur la brèche pendant presque un an, comme à marche forcée. J'ai dû gérer, parfois à la hâte, les déséquilibres. Il y a eu des dysfonctionnements et des erreurs sur lesquels j'ai pu réfléchir. C'était une expérience à la fois merveilleuse, exaltante, et épuisante. Aujourd'hui, j'ai le temps, je choisis, je contrôle."
Si elle se rendra à l'étranger où elle est beaucoup demandée, ses voyages seront comptés: à ce jour, un déplacement est prévu, le 9 septembre, en Italie, à l'occasion de la fête du quotidien de gauche, L'Unità ; un autre suivra au Québec au milieu du mois ; peut-être un troisième encore aux Etats-Unis, en octobre. Totalement prête à "réinvestir" pleinement le champ politique, Ségolène Royal n'est, pour autant, pas pressée. Persuadée que rien ne peut se faire ni sans elle ni contre elle, elle compte jouer un rôle "important" dans le processus de rénovation du PS qu'elle imagine "forcément long". Elle acceptera, prévient-elle, toutes les responsabilités qui lui seront confiées par ceux qu'elle nomme toujours ses "camarades". Son entourage est prévenu: "Le temps n'est plus aux règlements de comptes. Les comportements passés appartiennent au passé. Ressasser, c'est de l'énergie perdue."
"Une ligne moderniste, éclairée et rassembleuse"
L'ouvrage, à paraître cet automne aux éditions Grasset (dont le titre - encore provisoire - pourrait être Une étrange défaite), ne sera surtout pas un livre revanchard ou amer. Bien au contraire. Mais une réflexion qu'elle espère "honnête" sur les points forts et les points faibles de sa campagne. "J'ai attendu pour faire mon autocritique, mais je la fais. Pour mieux rebondir, pour redémarrer." Parce qu'elle a le sentiment d'avoir vécu une aventure exceptionnelle avec les Français, une aventure qui lui a apporté de la densité, de la maturité et le cadeau si précieux qu'a été "leur espoir et leur confiance", l'ex-candidate à l'élection présidentielle regarde le futur congrès du PS, dans un an, avec détachement.
Se projette-t-elle comme future patronne du PS ? La question lui semble absurde. "Je ne suis pas du tout dans ces stratégies." Même chose pour les courants. Créera-t-elle le sien ? Elle n'en a aucune idée et, pour l'instant, aucune envie. "J'ai été candidate au nom de tous les socialistes. Pourquoi devrais-je m'enfermer dans un courant?", a-t-elle laissé échapper, récemment, devant un de ses interlocuteurs. Le mot courant lui semble presque obsolète. Tout juste pense-t-elle que les militants de Désirs d'avenir devraient "naturellement" adhérer au PS. Le site internet de l'association sera réactivé afin de garder un contact permanent avec les Français.
D'ici au congrès socialiste - un horizon encore "lointain" pour elle -, elle compte, en tout cas, travailler dur. Entourée de sa petite équipe d'experts économiques et internationaux: Pierre Moscovici, le banquier Matthieu Pigasse, l'économiste Thomas Piketty, Bruno Rebelle pour les questions écologiques auxquelles elle s'intéresse tout particulièrement. Sur tous ces sujets, elle s'emploiera à proposer des idées neuves. En phase avec l'évolution de la société, des idées qui constitueront progressivement un corpus idéologique, une ligne politique "moderniste, éclair&eacut
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