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Rénovation de la Gauche

Lundi 8 décembre 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Bianco: faire de Désirs d'avenir "le pivot d'une reconstruction"

Jean-Louis Bianco, lieutenant de Ségolène Royal, a jugé lundi que Désirs d'avenir, l'association de l'ex-candidate à l'Elysée, "allait être plus que jamais le pivot d'une reconstruction".


Désirs d'avenir "va continuer, pas à côté du PS, dans le PS" et pourrait être un "pont entre ceux qui ont envie de partir et ceux qui ont envie de venir à cause de l'espérance qu'incarne Ségolène Royal", a-t-il dit sur LCI.

Désirs d'avenir "est pour nous plus que jamais le pivot d'une reconstruction pour élargir notre base électorale, avec des jeunes, des chefs d'entreprise, des syndicalistes, des chercheurs".

"Ce sera un outil important pour renforcer le Parti socialiste", a jugé le député des Alpes-de-Haute-Provence.

Interrogé sur les Européennes de juin 2009, et une éventuelle tête de liste, M. Bianco a répondu: "Nous allons revendiquer notre juste place. Il ne faut pas que les petits arrangements entre amis se fassent sur le dos des amis de Ségolène Royal".

"Ce n'est pas une question de postes, mais une question de respect de gens qui nous représentent. Gilles Savary, Vincent Peillon sont des gens éminents. Ce serait très dommage si pour arranger une coalition hétéroclite, on voulait les empêcher d'être à nouveau députés européens", juge le député.

Revenant sur la nouvelle direction du PS formée par Martine Aubry sans les royalistes, M. Bianco a déploré la "conjugaison de gens qui ne voulaient pas que ça change". Pour lui, "c'est un appareil qui a eu peur, qui s'est défendu". C'est une alliance "complètement hétérogène de gens unis avant tout par la volonté de garder le pouvoir au sein du Parti socialiste".

Mais assure-t-il, "nous serons loyaux à la direction du parti", car "notre intérêt est que le parti marche, réussisse".


Rebsamen: "Comme on ne peut pas s'exprimer à l'intérieur du PS, on va le faire à l'extérieur"

Sur Le Post, François Rebsamen, qui fait partie des lieutenants de Ségolène Royal, regrette que son camp ne soit pas représenté à la direction du PS.


Que répondez-vous à Benoît Hamon, qui souhaite que les critiques du camp Royal contre la direction du parti cessent?
"Qu'il ne faut pas renverser les responsabilités! Ceux qui font du mal au PS, ce sont ceux qui refusent le rassemblement et qui ont instauré une forme d'ostracisme à notre égard. C'est facile de sa part de dire 'Game over'..."

Pourquoi aucun royaliste n'a intégré les instances dirigeantes du parti?
"Parce que Martine Aubry n'a pas assumé le rassemblement qui était pourtant son devoir. Elle nous a proposé trois postes sur 38, ce n'est pas comme ça que l'on forme un rassemblement. D'ailleurs, ses 38 secrétaires nationaux ressemblent à une armée mexicaine..."

"Elle, et ceux qui l'entourent, ont fait preuve d'un mépris total à notre encontre. Ils ont manqué de respect aux militants de la motion E [celle de Ségolène Royal et de Gérard Collomb, ndlr]. Le point qui a le plus irrité nos camarades: nous n'avons même pas eu le temps de débattre au Conseil national. De plus, ils nous ont transmis le texte d'orientation au dernier moment, avec une version qui n'était pas définitive... [Vincent Peillon a même remarqué qu'il y a des fautes d'orthographe sur ce texte, ndlr]"

Tous les ponts sont donc coupés entre votre camp et la direction du PS...
"'La porte est fermée', comme dirait Vincent Peillon. Mais il n'est jamais trop tard pour rassembler. Ils seront obligés de rassembler. Le PS ne peut pas fonctionner comme cela, coupé en deux. On veut que Martine Aubry s'émancipe et porte l'intérêt général du parti."

Désormais, quelle stratégie allez-vous adopter pour vous faire entendre?
"On prendra toute notre place dans les débats internes. On sera présent. On va continuer de porter nos idées. Comme on ne peut pas s'exprimer à l'intérieur du PS, on va le faire à l'extérieur. Je souhaitais le contraire mais c'est comme ça..."

N'est-ce pas un mal pour un bien pour Ségolène Royal, qui peut complètement assumer sa stratégie d'autonomie, à l'écart du PS?
"Être en dehors du PS n'était pas le but de Ségolène Royal. Elle s'y retrouve contrainte et forcée. Tout au long du congrès, elle a prouvé qu'elle était et qu'elle voulait être dans le PS. En tout cas, elle est toujours autant combative..."
(Source: Le Post)


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Mercredi 21 mai 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Des premiers secrétaires fédéraux sont à l'origine d'un appel pour soutenir et accompagner la démarche de Ségolène Royal en vue du prochain congrès du Parti Socialiste.



L'appel: 19 mai 2008 - Les premiers secrétaires fédéraux appellent à rejoindre l'initiative de Ségolène Royal.

Nous aimons le Parti socialiste. Nous le faisons vivre au quotidien dans nos départements. Nous aimons son histoire, ses luttes, ses victoires. Nous aimons et nous sommes attachés à sa diversité. Nous croyons que le débat d'idées et le respect des arguments de chacun est la seule méthode digne de notre idéal, capable de surmonter les épreuves, les discordes, les incompréhensions, les facilités et de nous remettre, comme nous le devons, en ordre de bataille pour proposer demain une alternative à la politique de Sarkozy et de Fillon.

C'est parce que nous aimons notre parti que nous voulons le rendre plus fort, plus attractif, en faire un parti de masse, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps, menant les batailles idéologiques, portant un projet sans double langage, responsable, moderne, capable de faire vivre nos valeurs de justice sociale, de laïcité, de progrès partagé. Ce Congrès, pour nous, doit être un Congrès utile, qui permette de retrouver une dynamique de rassemblement, de projet, de conquête et de victoire ; d'amitié et de sérénité aussi.

La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode. Parce qu'elle est respectueuse des militants, parce qu'elle ne reproduit pas les vieilles recettes, parce qu'elle se déroule dans la clarté, parce qu'elle préserve notre unité, parce qu'elle permet de mobiliser l'attention et l'écoute des Françaises et des Français. La démocratie doit être le cœur de notre projet. La gauche, pour gouverner demain, pour conquérir le pouvoir d'abord, a besoin de construire dans la société un vrai pouvoir de conviction.

C'est pourquoi nous avons souscrit à cette méthode proposée par Ségolène Royal et décidé de nous réunir, avec toutes celles et tous ceux qui voudront se joindre à nous, pour réfléchir ensemble au nouveau Parti socialiste que nous allons devoir construire tous ensemble pour être à la hauteur de notre tâche historique, que nous ne pouvons nous permettre de différer une fois de plus.


La Picardie est en bonne place parmi les premiers fédéraux signataires de l'appel avec Vincent Peillon de la Somme et Jean-Jacques Thomas de l'Aisne. Cliquez sur le lien pour consulter la liste des signataires de l'appel de l'Oise, de Picardie ou d'ailleurs collectée sur DA60.


Vous aussi soutenez et accompagnez la démarche proposée par Ségolène Royal

Pour adhérer à l'appel ci-dessus, vous pouvez signer en ligne, ci-dessous, le formulaire de soutien:

Je soutiens la démarche entamée par Ségolène Royale en vue du congrès PS
Indiquez votre nom

Indiquez votre prénom

Indiquez votre ville

Sélectionnez votre département

Précisez votre département




Ajoutez, si vous le désirez, un message de soutien

Pour valider votre soutien, indiquez votre adresse de messagerie électronique

Vous pouvez également récolter des soutiens à cette démarche à l'occasion de vos réunions de comité ou de section. Pour cela, télécharger le formulaire de collecte puis adresser les résultats à desirsdavenir.60@gmail.com.
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Mercredi 21 mai 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Pour que nos victoires locales
soient porteuses demain
d'une victoire nationale !


Tribune de Gérard Collomb, maire de Lyon, et François Rebsamen, maire de Dijon mise en ligne le 14 Mai 2008.

Extraits:

Il y a quelques semaines, nous remportions les élections municipales et cantonales. Pendant plusieurs mois, nous avons, dans nos villes et dans nos cantons, dialogué avec les électeurs, avec les militants et les sympathisants du Parti socialiste et de la gauche entière. Nous connaissons leurs attentes, leurs espoirs mais aussi leurs impatiences et parfois leur scepticisme vis-à-vis de la politique en général y compris du Parti socialiste à qui ils ont pourtant apporté la victoire.

Cette victoire nous engage. Les votes d'adhésion aux projets que nous avons présentés localement doivent maintenant trouver un débouché national dans une véritable réforme des analyses et du fonctionnement de notre parti. Le débouché, ce doit être un Parti socialiste qui écoute, qui innove, qui propose, qui sache fédérer autour de lui tous ceux qui veulent proposer une alternative à la politique menée aujourd'hui dans notre pays.

C'est notre responsabilité historique de faire que la gauche ne se contente pas de belles victoires locales mais qu'elle sache les transformer en une victoire nationale. Elle doit donc commencer par s'interroger sur les raisons des ses défaites dans les scrutins nationaux.

...

La critique que nous pouvons dresser de la société actuelle aurait plus de force si nous reconnaissions que nous entendons placer notre action dans le cadre d'une économie de marché, qu'il s'agit de réformer, non de briser.

Au niveau local, cette révolution culturelle a déjà été menée. Nous savons ce qu'exige l'attractivité d'un territoire : l'interaction de services publics de qualité, de pôles d'innovation et de recherche de haut niveau et d'entreprises à forte valeur ajoutée, donc compétitives.
Nos collectivités travaillent quotidiennement avec les entreprises pour leur développement et parce qu'il y va de l'intérêt général.

Certes, nous sommes bien placés pour constater un certain nombre de dysfonctionnements de notre société.

Ce sont en effet les élus locaux qui se trouvent en première ligne face aux problèmes d'exclusion, face aux problèmes de pouvoir d'achat d'un certain nombre de salariés ou de retraités. Mais nous savons aussi que pour résoudre ces problèmes il faut produire de la richesse. Car la production de richesse est la condition nécessaire à toute politique de redistribution.

...

Le Parti socialiste doit donc redevenir le creuset où les uns et les autres pourront se réinventer un avenir partagé.

Réaliser une telle synthèse, demande du dialogue, de la concertation, de la démocratie participative, ce qu'ont pratiqué l'ensemble de nos candidats pendant la campagne récente. Ce n'est donc pas simplement le programme du Parti socialiste qu'il nous faut changer mais aussi ses formes de dialogue avec la société, ses modes de gouvernance. Il nous faut nous ouvrir davantage à toute la société.

Les Elus de gauche qui ont réussi sont aussi ceux qui ont su renouveler leurs équipes, s'ouvrir à l'ensemble de la société et à sa diversité.

Le changement du Parti socialiste doit être aussi d'ordre organisationnel de manière à ce que le plus grand nombre puisse se sentir associé à la mutation que nous souhaitons engager.

Telles sont les premières réflexions qui peuvent, nous semble-t-il, être tirées des dernières élections et nous paraissent être un préambule au débat entamé par les socialistes. Sachons faire de notre réflexion et de notre congrès à la fois un moment de réflexion sérieux mais aussi enthousiaste. C'est comme cela que nous apparaîtrons utiles à notre pays, fidèles à nos idéaux, capables d'inventer un nouvel avenir.


En cliquant sur le lien, lire l'intégralité de la tribune de Gérard Collomb, maire de Lyon, et François Rebsamen, maire de Dijon sur le site congresutileetserein.

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Lundi 21 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

Bonjour à tous et à toutes


Ségolène Royal l’a annoncé, nous continuons à faire vivre le débat


L'initiative  « Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ? » lance une vaste consultation participative avec objectif de préparer les échéances qui attendent le Parti socialiste. 


Pour la première fois militants PS, mais aussi sympathisants, citoyens - forces vives ..., sont appelés à participer aux réflexions et à l'écriture d'une contribution de Congrès !


Les responsables des comités de Désirs d'Avenir en région Nord - Pas de Calais et à Bruxelles, tous membres du Parti socialiste, ont souhaité saisir cette opportunité. C'est pourquoi nous sommes heureux de lancer le débat participatif à Arras le 26 avril prochain (invitation jointe). Jean-Pierre MIGNARD, Président de Désirs d'Avenir et délégué national du PS, nous fait l'amitié de sa présence.


J'espère sincèrement de pouvoir retrouver le plus grand nombre d'entre vous. N'hésitez pas à diffuser l'invitation autour de vous, et, surtout, de revenir vers moi pour toute information complémentaire (notamment pour des questions de transport / co-voiturage etc ...);  je reste à l'écoute !


Bien cordialement.

Brigitte Huttner, PS-DA Villeneuve d'Ascq, Coordination départementale de Désirs d'Avenir

Contact :  b.huttner-cox@orange.fr   -    06 73 19 31 08


INVITATION

 

L'avenir de la gauche appartient à tous et à toutes ! 

 

Les Socialistes de Désirs d'Avenir Grand Nord

                   Nord – Pas de Calais / Belgique

 

Vous invitent cordialement au lancement de la consultation participative :

COMMENT LE CONGRES DU PS

PEUT-IL ETRE UTILE AUX FRANÇAIS ?

 

Samedi 26 avril 2008  10h-13h00

au Faucons Rouges – 2, Rue Commandant Dumetz à ARRAS,

(angle rue Alexandre Georges - entrée par le Cyber-Café Citoyen)

 

en présence de Jean-Pierre MIGNARD,

Président de Désirs d’Avenir, délégué national du Parti Socialiste.

 

--------------------------------

Nous comptons sur vous !

Venez nombreux -  militants, sympathisants, forces vives …

 

Contact :  b.huttner-cox@orange.fr   -    06 73 19 31 08 

 

A diffuser sans modération !

 

 Pour ceux et celles qui souhaitent se retrouver en fin de réunion autour d’un « pot citoyen/casse-croûte » proposé par le Cyber-Café, merci de nous faire signe par retour mail.

 

http://www.congresutileetserein.com/


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Samedi 12 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60
Comme annoncé lors du lancement de la consultation participative "Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ?", un site/forum internet a été mis en ligne en fin de semaine:

Pour l'anecdote, le titre: Congrès utile et serein est issu d'une boutade que nous a rapportée Ségolène Royal samedi dernier à Paris. Interrogée au téléphone par le JDD sur le chemin qui la menait à notre réunion, à la question "quel nom portera le site de la consultation participative", elle avait répondu dans une boutade: "Je sais pas, on pourrait l'appeler pour un congrès utile et serein". La boutade ayant beaucoup plus aux animateurs de comités présents à la soirée, le titre a été retenu !

Plus sérieusement, le site est présenté par Vincent Peillon, co-auteur picard de l'initiative:


L'expression participative y démarre très fort (voir les contributions) et on peut également y consulter des fiches de lecture, des tribunes et comptes-rendus et des contributions d'experts.

Nous vous souhaitons bonne visite régulière de ce forum et nous vous invitons à vous y exprimer. Nous réflechissons actuellement à l'opportunité d'ouvrir une section dans notre forum régional "l'Agora de Désirs d'avenir en Picardie" pour relayer les aspects plus locaux de la consultation. N'hésitez pas à nous donner votre avis.

Ci-dessous, l'annonce par Ségolène Royal de la sortie du site:

Pour un Congrès utile et serein : comment participer ?

Chers amis,

L'initiative intitulée « Comment le congrès du PS peut-il être utile aux Français ? » a lancé le mouvement d'une vaste consultation participative, destinée à préparer les échéances qui attendent le Parti socialiste. Je suis heureuse aujourd'hui de vous annoncer l'ouverture du site qui servira de support à la consultation, congresutileetserein.com.

Ce site est un espace de débat ouvert, structuré autour des dix questions posées par les premiers co-auteurs de l'initiative. Il accueille les contributions de toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer au renouvellement des idées à gauche, militants et sympathisants du Parti socialiste, citoyens engagés dans le mouvement syndical ou associatif, élus et intellectuels.

La consultation aboutira au début du mois de juillet à la rédaction d'un texte élaboré de manière participative. Pour tenir ce calendrier serré, il est important que vous envoyiez vos contributions personnelles ou vos comptes-rendus collectifs d'ici au 7 Juin (contact@congresutiletserein.com). Les synthèses seront mises en ligne sur le site à partir de la deuxième semaine de juin.

Je compte sur votre mobilisation pour cette étape essentielle à la construction d'un Parti socialiste fort, porteur d'un projet crédible et capable de faire renaître l'espoir chez nos compatriotes. Je souhaite que partout en France et notamment dans vos sections, vous soyez les fers de lance d'une réflexion porteuse de joie et d'avenir.

Amitiés,
Ségolène Royal

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Lundi 7 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60
La publication récente de la consultation participative initiée par Ségolène Royal dans la perspective du congrès PS est saisie au vol par des militants du MODEM pour s'inviter dans le débat.
Certains d'entre eux ont publié une lettre ouverte à Ségolène Royal que nous reproduisons ci-dessous:

Madame Royal,

Les municipales ont révélé la nécessité pour notre famille politique, d'un positionnement plus clair. En tant que simples militants, nous avons observé votre appel, au soir du premier tour des municipales, à une alliance générale avec les socialistes et les démocrates.

Votre parti et le notre sont face à un problème commun : comment envisager son voisin politique ? Méfiance, défiance et rejet ou séduction, alliance et partenariat ? Nous pensons que cette question ne peut pas être, sans arrêt repoussée par les dirigeants du Mouvement Démocrate. Elle est devenue pour nous nécessaire. Notre identité est liée à tout cela. En tant que simples militants nous souhaiterions avancer sur ce sujet.

Depuis plusieurs mois déjà, nous observons le respect que vous avez à l'égard de notre formation politique, pour nos valeurs et pour notre leader, alors que bon nombre de personnalités politiques s'empressent de délégitimer notre existence même. Pour beaucoup, notre présence est condamnable. Vous avez le mérite de considérer notre démarche comme nécessaire et utile. Beaucoup d'électeurs de François Bayrou vous ont fait confiance au second tour de l'élection présidentielle. Nous en faisons partie.

Depuis mai 2007, nous continuons à construire notre voie, la troisième voie, sans relâche. Nous ne renonçons pas. Notre combat est juste. Mais, le centre ne signifie pas pour nous le sectarisme. Bien au contraire. « Travailler avec des gens de sensibilités différentes » : telle est notre ambition. Pourquoi ne pas commencer tout de suite ? Nous avons conscience que par une telle démarche, nous allons choquer, au sein même de notre propre « camp ». Mais nous avons soif de dialogue, de débat et de partage avec les autres familles politiques. La démarche nouvelle que vous inaugurez dans Le Monde, cette après midi, fait preuve d'ouverture : "La consultation s'adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite".

Aujourd'hui, nous pensons utile d'engager une discussion avec vous. Pourquoi un partenariat PS-Modem à l'avenir ? Pour aller où ? Sur quel projet ? Sur quelle conception de la politique ? Notre combat a été de sortir du giron d'un appareil politique, en l'occurrence, le RPR-UMP. Et nous ne souhaitons nullement retourner sous un régime de domination avec le PS. Alors, comment réfléchir à un nouveau type de partenariat, capable de respecter nos idées, et notre indépendance ? Toutes ces questions, nous souhaiterions en débattre. Nous aimons le Modem. Nous y sommes bien. Nous sommes fiers de notre parcours politique.

Dans le texte que vous venez de publier, vous vous intéressez à ce qui fait la force d'une formation politique : les adhérents, les militants avant tout. Ce respect du militant : nous l'admirons.

Nous entamons maintenant la quête de notre projet. Nos aventures se suivent en parallèle. Nous avons observé beaucoup d'idées communes : refus de la loi de rétention de sûeré, des tests ADN, de la réforme de la justice, collusion entre puissances économiques et puissances médiatiques, la quête d'un état impartial etc... Dans le Monde d'aujourd'hui : vous lancez 10 questions : ce sont les mêmes que nous partageons, et qui font débat auprès des militants.

[Voir la liste des dix questions]

Nous savons déjà que la ligne de partage au prochain congrès socialiste sera celle entre ceux qui sont capable de travailler avec le Modem et construire des majorités d'idées nouvelles, et ceux qui refusent le dialogue.

Le Modem ne peut plus prétendre engager le dialogue comme on l'a fait à Paris pour les municipales, simplement pour des intérêts électoraux. Le Modem a tendu la main aux socialistes entre les deux tours. C'était trop tard, trop précipité. Nous pensons que des majorités nouvelles peuvent se dégager lors d'accords. Mais aussi sur les idées, en ANTICIPANT. Il doit y avoir un dialogue permanent. Le Modem doit en prendre la tête. C'est ausi ça réinventer la politique.

On ne peut pas rester sans arrêt en dehors de l'action politique, dans notre coin, en attendant le jour J, en attendant la sentance du premier tour. Et oui, nous pouvons peser dans les débats actuels historiques. Nous ne pouvons pas regarder le train passer. Il se passe quelque chose au PS. Le Modem est au coeur de cette ligne de fracture. A nous Modem de peser dans ce débat. A vous de nous aider à tisser des passerelles novatrices en prônant des valeurs communes : respect du militant, valorisation de l'engagement citoyen, état impartial. A nous de faire enfin bouger les lignes politiques.

Des militants MoDem libres, et indépendants qui ont soif de dialogue et d'innovation.

Retrouvez et commentez la lettre ouverte sur le blog de Benoît Charvet

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Vendredi 4 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

 


Chères amies, Chers amis,

Je vous prie de trouver ci-joint l'initiative que nous prenons, en vue du Congrès du Parti socialiste, pour lancer un débat de qualité, utile aux Français. Le texte en a été publié aujourd'hui.

Je compte sur vous pour nous rejoindre et apporter vos idées sur le site qui sera spécialement créé pour vous accueillir. Elles nous permettront d'aboutir à une belle contribution dont nous seront toutes et tous coauteurs.

Amitiés

Ségolène Royal


 

Dans un monde qui se transforme à vive allure et dans une France où même ceux qui se croyaient à l'abri sont en proie à l'inquiétude, les socialistes doivent répondre à de nouvelles questions.

Aujourd'hui la précarité envahit tout, l'initiative économique est en panne, les inégalités n'ont jamais été aussi insolentes, l'incertitude pèse sur le rôle de la France dans le monde. Nous devons apporter la preuve de l'efficacité de l'action politique et la mettre au service de notre idéal commun.

Nous lançons cette consultation participative dans la cohérence des valeurs bâties pendant la campagne présidentielle et dans la volonté de prolonger les voies tracées par les Forums de la rénovation du PS.

Sachant que les questions bien posées permettent les réponses pertinentes, nous pensons utiles de prendre un temps pour bien formuler les questions à trancher (3), en s'appuyant sur les sources d'inquiétudes des Français (1) et sur nos valeurs (2).

C'est pourquoi ce document propose, sur cette base, de lancer des discussions et de susciter des réactions : vous pouvez modifier ou compléter la formulation des thèmes qui vous sont proposés. Un site Internet sera spécialement ouvert pour cela.

Ce questionnaire est une étape très importante pour structurer le travail de fond qui, enrichi par ces échanges, aboutira à une proposition prenant la forme d'une contribution au Congrès du PS.

La consultation s'adresse aux militants du PS, en lien avec les sympathisants et les forces vives qui attendent beaucoup de nous face aux dégradations de toutes sortes commises par la droite.

L'une des questions majeures autour de laquelle s'organise notre réflexion est la suivante : définir les droits et les devoirs des responsables politiques, de la société et des personnes, de telle sorte que la liberté de réussir sa vie ne soit pas le privilège de quelques uns mais l'ambition garantie à tous.

Premiers coauteurs de ce document : les membres du conseil politique, qui se réunit le mardi autour de Ségolène Royal, les responsables des groupes de travail (par exemple sur la santé), des présidents de régions et élus qui suivent et participent aux réunions. Cette liste est ouverte à toutes celles et tous ceux qui voudraient participer à l'initiative que nous lançons.
Ségolène Royal, François Rebsamen, Vincent Peillon, Jean Louis Bianco, Manuel Valls, Gilles Pargneaux, Delphine Batho, David Assouline, Guillaume Garot, Aurélie Fillipetti, Michel Sapin, Jean-Pierre Mignard, Jean-Jack Queyranne, Jacques Auxiette, Nadjat Belkacem, Pascal Terrasse, Dominique Bertinotti, Michèle Delaunay, Jean Guerard, ...

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Jeudi 3 avril 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60
Lettre de Gaëtan Gorce aux Parlementaires socialistes
et Premiers fédéraux

Cher(e) Camarade,

Au lendemain des élections municipales, je souhaite te faire part de mon sentiment sur l'état de notre Parti et sa nécessaire rénovation. En homme libre. En socialiste de toujours !

Le succès que nous venons de remporter nous permet de reprendre ce débat dans la sérénité.

L'appui que nous ont apporté les Français le 16 mars, l'espoir d'une alternative, nous créent maintenant un double devoir de vérité et de clarté.

Je crois en l'avenir de la Gauche : l'exigence de justice n'est pas près de s'éteindre ! Mais pour y répondre, il nous faut faire l'inventaire des transformations que nous devons apporter à notre pensée, comme à notre organisation.

Ma conviction, celle que j'avais déjà exprimée à la tribune du Conseil national après l'échec de 2007, c'est que le fonctionnement de notre Parti ne correspond plus aux défis d'une démocratie moderne. Sa rénovation constitue donc bien un préalable !

Héritée d'une histoire tourmentée, la logique des courants s'appuie depuis 20 ans sur des questions qui n'ont, à l'évidence, plus rien d'idéologique. Protégés par la proportionnelle, des dirigeants, en mal de notoriété ou d'influence, perpétuent depuis le Congrès de Rennes le même et vain combat. Celui-ci ne produit plus au mieux que des synthèses molles, au pire, comme on l'a encore vu à la présidentielle, des affrontements suicidaires.

Le bilan est terrible aux yeux d'une opinion persuadée que les Socialistes se sentent désormais davantage concernés par les batailles de pouvoir interne que par les solutions à apporter aux problèmes du pays. Cette dérive, au delà des défaillances personnelles, répond à des causes profondes auxquelles il faut nous attaquer, sauf à prédire sa réédition à la première occasion.

La réponse tient en une seule formule : démocratisation. C'est en donnant le premier et le dernier mot à nos adhérents que nous pourrons déjouer les petites tactiques, contourner les stratégies personnelles et faire prévaloir l'intérêt collectif.

Nous devons d'abord bâtir un Parti populaire et moderne, capable d'accueillir et de mettre en mouvement plusieurs centaines de milliers d'adhérents. Avec un objectif unique mais impératif, la victoire en 2012, auquel toutes les autres préoccupations doivent être subordonnées.

Nous devons ensuite, pour y parvenir, nous doter d'une Direction claire et un leadership fort de la confiance des adhérents.

Je propose ainsi que notre Premier secrétaire soit élu avant le Congrès, pour donner le ton et fixer l'orientation. Ce sera le moyen de déjouer les manoeuvres d'appareil et de consacrer notre congrès au travail de rénovation.

Nous devons également organiser différemment la consultation de nos adhérents. Je propose de renoncer au triste cortège des contributions, des motions et des nuits de synthèse pour organiser dans chaque fédération et chaque section une vaste consultation sur la base de laquelle sera établi le document d’orientation soumis au vote final (et aux amendements) de nos adhérents.

Je propose enfin de jeter les bases d'un fonctionnement plus efficace, plus démocratique et plus moderne. Comment nous ouvrir sur la société et changer notre rapport aux Français sans favoriser les adhésions, comme nous l’avons fait avec les nouveaux adhérents ? Comment faire vivre la démocratie sans tenir chaque année une Conférence nationale chargée d'arrêter les orientations du Parti ? Comment professionnaliser notre action, sinon en faisant de nos secrétaires nationaux des responsables à temps plein ?

L'autre axe de changement doit concerner nos alliances : la Gauche plurielle ne renaîtra pas et je ne vois pas l'intérêt pour le PS de ressusciter, à travers une quelconque formule de fédération d'appareils à bout de souffle. Quant à l'alliance au Centre, elle peut constituer une passade, le temps des municipales, ici ou là, mais certainement pas ouvrir une perspective si l'on veut bien tenir compte du fait que François Bayrou n'imagine de reconfiguration du paysage politique qu'autour de sa candidature à la présidentielle. Nous devons donc assumer notre destin, c'est à dire construire par nous-mêmes une nouvelle force politique représentative d'un électorat aujourd'hui éclaté qui cherche une alternative au sarkozysme.

Je propose qu'une fois le congrès passé, nous lancions des « Assises de l'Alternative », ouvertes à tous les citoyens, qu'ils viennent du Centre ou de la Gauche, qui voudront contribuer à refonder notre formation politique, un peu sur le mode des Assises du Socialisme lancées en 1974 par François Mitterrand et qui avaient permis à notre Parti de s'enrichir de tant d'apports nouveaux. Alors que le Parti se rétracte aujourd'hui sur un noyau dur, ces Assises nous permettront d'enclencher une dynamique d'adhésions dont nous savons, depuis le succès des nouveaux adhérents, qu'elle est possible. Cet élargissement résoudrait, en la rendant caduque, la question des Primaires.

De tels changements sont souvent présentés par leurs détracteurs, c'est à dire les conservateurs qui sont nombreux à Solférino, comme un retour à la SFIO. Le rapprochement est savoureux venant de ceux qui ont précisément placé le Parti dans la situation que connaissait la SFIO dans les années 60 : l'effacement de l'autorité de la direction nationale, l'incapacité à trancher et à fixer une stratégie, des alliances électorales à la carte.

Il est temps de rejeter le joug des habitudes, de bousculer le poids des intérêts de boutique et des ambitions personnelles. La clé du succès réside dans la capacité qui sera la nôtre à innover, changer, transformer.

Imposons le Changement. Ici et maintenant !

Je te prie de croire, Cher(e) Camarade, en l'expression de mes amitiés fidèlement socialistes.

Gaëtan Gorce

Lire et commenter en ligne sur le site de Gaëtan Gorce.

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Mardi 18 mars 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60


Eléonore : Le 16 mars, les électeurs ont surtout exprimé un vote de défiance plus que d'adhésion à la gauche. Qu'en pensez-vous ?   

Vincent Peillon : Je pense deux choses : ils ont exprimé au plan national un vote de défiance très fort à l'égard de Nicolas Sarkozy et François Fillon, et au plan local, un vote d'adhésion aux équipes et aux projets de la gauche.  

bibounette :  Vous avez gagné les élections municipales et remporté plus de trente villes de 30 000 habitants, et alors ? Contrairement à la droite, vous n'avez pas de projets, pas d'idées de réforme... Allez dans d'autres pays européens et regardez comment la gauche s'en sort !  

Vincent Peillon : D'abord, nous allons dans les autres pays européens. Il y a même eu une mission conduite par Henri Weber pour regarder comment ils font dans les autres pays. Deuxièmement, à 15 heures, nous rencontrons avec Ségolène Royal Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen.  

Il n'est pas vrai de dire que la gauche n'a pas de proposition, que ce soit sur les retraites, la protection sociale, la décentralisation ou les institutions. Mais ce qui est juste, c'est que cette élection ne portait pas sur cette question, et qu'il nous reste, d'ici à 2012, à bâtir un projet crédible pour proposer une alternance aux Français.  

Charles : Ségolène Royal a prôné des alliances systématiques avec le MoDem. Le jeu d'alliance proposé par Ségolèn Royal est-il donc le bon pour porter la gauche en 2012 à la tête du pays ?   

Vincent Peillon : D'une certaine façon, il y a un faux débat. Notre stratégie est simple : il faut un PS fort, des alliances avec la gauche, et ensuite, ouvrir vers ceux et celles qui ne se reconnaissent pas dans la politique conduite par la droite de Nicolas Sarkozy. C'est le cas de beaucoup de militants et de responsables du MoDem, qui ont d'ailleurs fait leur choix dans beaucoup de collectivités locales, soit au premier tour, soit au second.  

En réalité, la question qui se pose est d'abord posée au MoDem : veut-il être conséquent avec lui-même, donc accepte-t-il de travailler avec la gauche ?  

Adrien_L. : Le PS va-t-il se poser en rassembleur de la gauche, alors qu'il a lui-même tenté de prendre des bastions au PCF ? N'y a-t-il pas une stratégie opportuniste dans tout cela ?  

Vincent Peillon : Dans les élections locales, il y a toujours une grande diversité et, par rapport à la ligne générale, des exceptions. Notre volonté reste la même : clarifier le projet du PS, rassembler la gauche et élargir ensuite.  

dede13 : Comment le PS va-t-il pouvoir transformer son succès électoral municipal en alternative crédible pour l'élection présidentielle ?  

Vincent Peillon : De plusieurs façons. D'abord, il doit trancher – sans se diviser – un certain nombre de débats de fond concernant les problèmes des Français qui ne l'ont pas été suffisamment ces dernières années.  

Ensuite, il doit s'inspirer des expériences et des politiques conduites sur le terrain par ses présidents de région, ses responsables de conseils généraux, ses municipalités, pour formuler un projet qui soit à la fois cohérent, crédible, clair et qui réponde aux défis du présent et de l'avenir. C'est l'enjeu des mois qui viennent.  

Malon : Vous avez engagé un travail de "refondation de la gauche" en publiant des textes du XIXe siècle... Que nous disent ces auteurs (Leroux, Jaurès, Malon, Bouglé, Fouillée, Bourgeois, Pécaut, etc.) pour aujourd'hui et pour demain ? Pourquoi ceux-là ? et pourquoi maintenant ?  

Vincent Peillon : Le paradoxe, c'est que pour accoucher de l'avenir, il faut souvent se réengendrer, d'une certaine façon, et cela passe par une réécriture de l'histoire. Un nouveau récit. De nouvelles fondations.  

Le renouveau de la gauche française suppose de reprendre contact avec la tradition du socialisme républicain, oubliée à partir de 1905, et qui dépassait déjà certaines des fausses alternatives où nous nous trouvons enfermés : alternative entre l'individu et l'Etat, entre le socialisme et le libéralisme, entre la liberté et l'égalité, entre la nation et l'internationalisme, entre la responsabilité et l'assistance.  

Donc nous avons beaucoup à apprendre des élaborations théoriques de ceux qui ont à la fois établi la République, fait voter les premières lois sociales, construit le mouvement syndical et mutualiste, c'est-à-dire un modèle républicain et social français dont, d'ailleurs, à l'issue de la seconde guerre mondiale, ceux qui, issus de la Résistance, ont mis en place la Sécurité sociale ou la doctrine de l'Etat se sont à nouveau inspirés. C'est un élément essentiel de la refondation, qui suppose de se trouver de nouveaux fondements.  

Barni : Comment expliquez-vous l'absence des intellectuels autour du PS ? D'aucuns parlent du "silence des intellectuels"....   

Vincent Peillon : Mon sentiment est inverse : il y a une très grande richesse de la production intellectuelle française, en histoire, en sociologie, en économie, en philosophie, et aussi d'ailleurs dans les sciences exactes. Et beaucoup de ces chercheurs, de ces intellectuels souhaitent à nouveau s'engager, à leur place, sans être instrumentalisés, dans la redéfinition d'une pensée progressiste.  

C'est aux politiques, aujourd'hui, de faire l'effort de les lire, de les rencontrer, de dialoguer avec eux. C'est ce que nous avons commencé à faire avec l'Institut Edgar-Quinet, qui organise des rencontres entre les élus locaux engagés au corps-à-corps dans la mise en œuvre des politiques publiques, et ceux qui produisent des idées.  

C'est d'ailleurs un échange mutuel, un aller-retour, une fécondation réciproque, parce que autant les élus ont besoin de prendre un peu de distance par rapport à leur engagement quotidien, autant les chercheurs ont besoin d'éprouver leurs théories au contact des expériences de terrain. 

C'est la même démarche, à un autre niveau, qui est conduite par Ségolène Royal, qui réunit de nombreux intellectuels pour réfléchir – c'est ce qu'elle appelle le "groupe des vingt" – au projet des socialistes pour demain.  

max : Le problème dans ce pays est la répartition des richesses entre le capital et le travail, on le voit entre les bénéfices des sociétés du CAC 40 et des grandes chaînes de la distribution, où la plupart des salariés sont payés au smic ou sont à temps partiel. Que proposez-vous ?  

Vincent Peillon :  La France, qui comme l'on avait dit autrefois, a une préférence française pour le chômage, semble mettre en œuvre une préférence pour les inégalités. Et celle-ci s'est encore accrue depuis 2002. C'est vrai qu'il y a une inégalité française – mais pas seulement française – entre le capital et le travail, mais il y a aussi d'autres inégalités qu'il ne faut pas sous-estimer : inégalité entre les générations, inégalité entre les territoires, inégalité entre les hommes et les femmes, et il semble bien souvent que l'on pratique une redistribution à l'envers.  

Pour remédier à cela et reprendre le combat pour l'égalité, qui est au cœur du projet de la gauche, il faut jouer sur une multitude de registres : sur le plan international et européen – mécanismes de régulation, harmonisation fiscale, harmonisation sociale, règles de la concurrence –, sur le plan national – réforme fiscale, conférences sur les salaires et le pouvoir d'achat, refonte de l'Etat-providence et investissements dans l'éducation, solidarité des territoires avec péréquation des richesses, etc.  

Cet objectif doit se poursuivre dans toutes les politiques publiques et devrait donner lieu à des indicateurs au fur et à mesure de l'action, qui permettraient d'amplifier les politiques publiques.  

nessundorma : Sur le plan municipal, les voix des socialistes peuvent être multiples. Mais sur le plan national ? Un vrai leader respecté et écouté, c'est pour quand ?  

Vincent Peillon : Nous avons plusieurs sujets à trancher : la question du projet et la question du leader. Les deux doivent marcher ensemble. Ceux qui pensent qu'on peut résoudre la question du projet sans celle du leader nous trompent, c'est ce qui nous est arrivé depuis 2002.  

Ceux qui pensent, inversement, que la question du leader se suffit à elle-même, se trompent tout autant. Il faut résoudre cette double question dans le congrès qui se finira au mois de novembre. Il s'ouvrira début juillet et finira en novembre.  

kash15 : Etes-vous intéressé par le poste de premier secrétaire du PS ?  

Vincent Peillon : Je plaide depuis plusieurs mois pour que l'on investisse à la tête du Parti socialiste la personne qui est en même temps le leader de la gauche devant l'opinion. Et j'ai cru observer, malgré toutes les qualités que je me prête, que ce n'est pas moi.  

Hicham : Pensez-vous que Ségolène Royal puisse réellement briguer le PS, rénover le PS, absorber l'électorat de Bayrou, et viser l'Elysée en 2012 ?  

Vincent Peillon : Elle le doit, donc elle le peut, comme dirait Emmanuel Kant. L'essentiel pour moi est qu'on l'aide dans cette tâche plutôt qu'on multiplie les embûches et les petites phrases.  

oups : Faut-il avancer la date du congrès socialiste ?  

Vincent Peillon : Il n'y aurait rien de pire que de conduire des discussions sur des sujets subalternes qui sont sans effet sur la vie des Français : question de date, question uniquement de statut interne, faux débat sur les alliances.  

Ce congrès doit porter sur le projet qui est le nôtre pour la France et permettre de rassembler une majorité de socialistes d'abord, la gauche ensuite, une majorité de Français enfin, autour d'une dynamique de transformation politique – je suis pour une VIe République – et sociale crédible et nouvelle.  

C'est notre tâche, il ne sert à rien de se focaliser sur ces histoires de date, et c'est pourquoi j'ai donné, comme Ségolène Royal d'ailleurs, il y a maintenant un mois, mon accord à François Hollande sur le calendrier qu'il a proposé.  

nessundorma : Estimez-vous que le premier secrétaire qui sortira du prochain congrès aura naturellement vocation à être le candidat des socialistes pour la présidentielle de 2012 ?  

Vincent Peillon :  Il n'y a pas, en démocratie, de vocation surnaturelle ou naturelle. Il y a un travail à accomplir, et à chaque jour suffit sa peine.  

De toute façon, les socialistes – mais j'espère aussi plus largement la gauche –, à travers un processus de primaires, auront à choisir leur candidat ou leur candidate en 2011.  

Certains font semblant de mêler les deux débats. Je souhaite pour ma part que Ségolène Royal puisse dès le prochain congrès conduire la rénovation du PS avec le plus grand nombre de socialistes rassemblés autour d'elle.  

Mais je sais qu'il n'y a aucune automaticité à ce qu'elle devienne ensuite candidate à nouveau à la présidentielle. Il faut faire ses preuves, il faut mériter ce que sera alors un vote libre et démocratique.  

Pepe : Quelle place pour vous au sein du PS et auprès de Ségolène Royal ?  

Vincent Peillon : La place du militant que j'ai toujours été, qui poursuit depuis 1994, date du dépôt de ma première motion, la volonté de faire avancer les idées dans le parti, dans le pays, et de rassembler mon camp autour d'une exigence de rénovation intellectuelle, morale et politique.  

chris71 : Les bons résultats aux municipales et cantonales ne vous font-ils pas croire que les votes exprimés pour la présidentielle et les législatives étaient plus des votes anti-Royal et non pas anti-PS ?  

Vincent Peillon : Il suffit de regarder la participation aux deux scrutins pour comprendre que cette question n'a d'autre vertu que polémique. Même si la gauche est majoritaire en voix à cette élection intermédiaire, elle a obtenu beaucoup moins de voix que Ségolène Royal à la présidentielle. Il serait absurde de vouloir, dans un sens ou dans l'autre, instrumentaliser ces scrutins pour ou contre Ségolène Royal.  

kitty : Mitterrand a fait l'union de la gauche, vers la gauche, ne faut-il pas penser maintenant à  l'union vers le centre ?  

Vincent Peillon : Mitterrand n'a pas fait que l'union de la gauche, il a été élu en 1988 avec la France unie et une logique d'ouverture. Ce qui est certain, c'est qu'il faut toujours chercher à élargir sa base politique et respecter celles et ceux qui peuvent être vos partenaires.  

Les Français, mais la gauche aussi, dans son histoire, aiment et sont attachés au pluralisme des familles politiques et au respect, y compris des minorités. C'est un bon principe que de vouloir s'ouvrir plutôt que de se refermer sur soi. Le repli sur soi, c'est toujours, pour un organisme politique comme pour un organisme vivant, le symptôme d'une nécrose.  

Claude D : Moi, je crois que Martine Aubry s'intéresse plus aux salariés que Ségolène Royal. Et vous, qu'en pensez-vous ?   

Vincent Peillon : J'ai beaucoup d'amitié pour Martine Aubry, mais je ne crois pas qu'il y ait de compétition à faire de ce point de vue entre l'une et l'autre.  

tri : Le PS ne devra-t-il pas mener, dans la perspective des élections européennes, une réflexion sur ses convictions profondes ?  

Vincent Peillon : C'est un sujet essentiel. Nous avons à la fois à réaffirmer notre engagement européen, à créer les conditions pour pouvoir peser au sein de l'Europe, y compris dans notre propre famille politique, et faire valoir un certain nombre de nos exigences en termes d'approfondissement démocratique, de coordination économique, d'harmonisation fiscale et sociale, de développement durable, de respect du service public.  

Je pense que si les socialistes français travaillent sur le fond, ils pourront construire une position claire et offensive, largement majoritaire au sein du Parti socialiste, et c'est sans doute un des enjeux qu'il ne faut pas éluder dans le congrès. Pas plus d'ailleurs, car les deux sont liés, que notre rapport à la mondialisation, qui ne peut ni se borner à un simple refus, ni se satisfaire de l'état des choses.  

Zellig : Aujourd'hui, les professeurs des collèges et des lycées sont en grève, pour protester notamment contre la suppression de 11 000 postes. L'éducation nationale est mise à mal par la droite en place. Que diriez-vous à ce jour aux enseignants ?  

Vincent Peillon : On a construit la République française autour de son école, et l'école, dans ses différentes fonctions, d'instruction et d'éducation, est à la fois le ciment de notre communauté nationale et l'anticipation de la société de demain.  

A fortiori dans une économie où la connaissance devient le facteur productif essentiel, nous devons accorder à l'école, à l'enseignement supérieur, à la recherche, l'absolue priorité. Et c'est une faute considérable de ce gouvernement de ne pas le faire.  

Je crois donc qu'il va falloir revenir à une politique qui redonne à l'école la priorité, et restaurer un pacte entre la nation et ses enseignants qui est aujourd'hui, malheureusement, trop abîmé.  

nessundorma : Qu'est-ce qui vous apparaît comme la pomme de discorde la plus sérieuse entre les différents courants du PS : l'Europe ? les alliances ? l'économie mondialisée ?  

Vincent Peillon : Si l'on n'était pas sur des clivages de personnes, des préjugés ou des a priori qui occupent l'essentiel des débats, en tout cas dans la presse, je crois que les vrais désaccords – à vérifier tout de même dans des discussions loyales – tourneraient autour des conséquences que nous tirons de notre place en Europe et de notre rapport à la mondialisation.  

En dehors des jeux tactiques, stratégiques des uns ou des autres, il me semble qu'il y a au Parti socialiste essentiellement deux familles politiques : l'une largement majoritaire, en gros ceux qui ont voté pour Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn à la désignation interne, qui ont une approche plus positive de l'Europe et de la mondialisation ; et l'autre, ceux qui ont voté pour Laurent Fabius, avec Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Luc Mélenchon, d'anciens amis de Jean Poperen, qui ne partagent pas ce point de vue.  

nAlonzo : Comment expliquer la très faible représentation des minorités visibles sur les listes municipales ?  

Vincent Peillon : Cette représentation est sans doute encore trop faible, mais elle a fortement progressé.  

philippe : Que devrait faire l'Europe face à la crise financière actuelle ?  

Vincent Peillon : Le problème de l'Europe est le problème global de sa politique économique. Sa croissance est trop faible, sa monnaie est trop forte, son inflation est trop importante, il faut jouer là encore sur une multitude de facteurs, à la fois sur le budget, la fiscalité, la politique monétaire, la coordination des politiques économiques. Bref, il y a beaucoup à faire.  

Isaac (Paris) : Je suis membre de votre courant, le Nouveau Parti socialiste (NPS). Sommes-nous amenés à disparaître ? Si oui, comment allons-nous nous organiser ?  

Vincent Peillon : Surtout pas disparaître. Le travail qui a été le nôtre a été fécond, et je constate d'ailleurs que beaucoup de nos exigences, de nos propositions sont aujourd'hui reprises par une grande majorité des militants et des responsables. Nous avons malheureusement souffert de trop de divisions internes. Il faut reprendre notre démarche, et nous trouverons ensemble l'occasion d'être utiles à nos valeurs comme à notre famille politique dans les mois qui viennent.  

Merci beaucoup à tous, et au plaisir de pouvoir continuer ce dialogue de vive voix autrement !

Constance Baudry
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Mardi 5 février 2008
- Par Desirs d'avenir Comités 60

"Trouver des solutions neuves aux problèmes de notre temps"

 

En déplacement aux Etats-Unis dans la prestigieuse université d'Harvard (Massachusetts), Ségolène Royal a dénoncé lundi "les dissensions" des membres du Parti socialiste sur la question européenne mises au grand jour lors du Congrès de Versailles.

Devant un parterre d'étudiants français et américains, la présidente de la région Poitou-Charentes a déploré l'indiscipline de ses pairs socialistes qui se sont illustrés lundi lors du vote sur la modification constitutionnelle préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne.

Interrogée sur la question européenne par une trentaine d'étudiants tirés au sort, Ségolène Royal a dénoncé l'affrontement que se sont livrés les socialistes sans même prendre selon elle le temps de la concertation. "L'actualité donne en ce moment un spectacle assez spécial en France puisqu'il y a le Congrès". "Au sein du Parti socialiste, il y a eu beaucoup de désaccords, de dissensions sur la question de la Constitution, sur la question de l'Europe". "Aujourd'hui, c'est assez douloureux pour les socialistes d'assister de nouveau à ces tensions alors qu'il y a tellement à faire" citant notamment la question du pouvoir d'achat. "Il va falloir lors des prochaines échéances statutaires du parti trancher une bonne fois pour toute la question de l'Europe. Moi je défendrai l'idée de l'Europe, je suis très européenne mais pas pour n'importe quelle Europe. Une Europe par la preuve, une Europe qui prend a bras le corps les problèmes politiques posées"

Ségolène Royal est revenue sur les attaques formulées dans son propre camp. "Les membres d'un parti doivent comprendre que nous défendions tous ensemble des idées majeures, des propositions". "Moi-même, j'ai énormément souffert d'un manque de discipline et d'unité du parti alors que j'avais été désignée par 60% dès le premier tour" de la primaire socialiste en novembre 2006.

Ségolène Royal devrait mettre cette semaine aux Etats Unis à profit pour s'exprimer sur de nombreuses questions de politique étrangère et d'autres plus économiques, entourée par des professeurs d'Harvard.

Autres informations sur le même événement:
Ségolène Royal s’exprime à Harvard dans un anglais parfait

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