En provenance du réseau participatif Désirs d'avenir, ce témoignage émouvant d'Emmanuel ...
Ségolène Royal devait passer à Blois ce 16 février pour soutenir le candidat socialiste local aux élections municipales. Comme j'aime découvrir les routes de France et que j'apprécie l'ambiance des meetings de Ségolène, je me suis rendu là bas.
Arrivé à Blois, je me suis rendu à la permanence de Marc Gricourt. Là, j'ai vu une personne expliquer à une femme rousse, la 40aine, que Ségolène Royal était en retard et irait directement à la salle municipale qui se trouvait à quelques dizaines de mètres. Je m'y suis rendu pour repérer l'endroit avant d'envisager un petit tour en ville pour tuer le temps. Mais devant la salle, la rousse en question m'a abordé, ma demandé d'où je venais... De fait, on a discuté à bâtons rompus en attendant l'ex candidate à la présidentielle.
À un moment, dans la conversation, elle m'a dit que ce qui l'avait le plus touché chez Ségolène Royal, c'était d'avoir défendu la cause des femmes battues. Je l'ai écoutée en me gardant bien de réagir trop vite. J'ai simplement précisé qu'en Sarthe, cela avait été le débat participatif le plus émouvant et celui ayant attiré le plus de monde. Elle à continué à m'en parler ; puis, au milieu d'une phrase, elle a jugé utile de préciser que ça ne concernait pas que les femmes. « À qui le dites vous ! », ai-je répondu. Et de lui expliquer en quelques mots que j'étais concerné ; que, de fait, j'arrivais à bien comprendre les freins qui empêchent de réagir, de se protéger. J'ai probablement réussi à la mettre en confiance puisqu'ensuite, elle m'a expliqué en quelques mots sa propre histoire : comment elle avait pu s'éloigner de son mari violent, mais aussi comment elle était revenue vers lui et avait pu reconstruire une relation pas toujours facile mais dans laquelle elle avait pu, jusqu'à aujourd'hui, éviter toute récidive. J'ai trouvé cette femme très courageuse.
Puis Ségolène est arrivée. On a accompagné le mouvement de foule pour rentrer dans la salle, bondée. Cette dame qui venait de se confier s'est tournée vers moi et m'a demandé « On reste ensemble ? ». Bien sûr ! Sauf qu'à peine une minute plus tard, nous nous sommes retrouvés à dix mètres l'un de l'autre. À la fin du meeting, j'ai scruté la salle ; une fois, deux fois, trois fois sans la retrouver. Pas grave. Nous avons eu le temps de nous dire l'essentiel. L'insistance de S. Royal à dénoncer la violence conjugale illustre sa capacité à s'adresser aux oublié(e)s de la politique. Et, l'ambiance à Blois (tout comme à Chartres d'ailleurs, le 25 janvier dernier) démontre que l'enthousiasme pour la soutenir est intact.
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