James Godard, militant de Creil, nous envoie ce petit
message avec autorisation de mise en ligne sur notre site.
Voici la lettre ci-dessous que je vais envoyer ce soir (24/09) par la poste à François Hollande.
Bien au-delà de la mauvaise foi, je crois que des limites ont été dépassées.Je vous souhaite bon courage dans le combat qui s’annonce terrible ! Vous avez tout mon soutien.
Bien respectueusement, James Godard
La lettre de James à François Hollande:
Creil, le 24 septembre 2007Monsieur le Premier Secrétaire,
Nouvel adhérent socialiste à la section de Creil, depuis le premier tour de l’élection présidentielle, je tiens, par cette lettre, à vous faire part de mon indignation quant à certains propos récemment écrits par M. Jospin. Se rajoutant à la liste déjà trop longue des propos arbitraires, ceux de l’ancien premier ministre dans son dernier livre me choquent davantage. D’une part, parce qu’ils polluent le débat d’idées de manière partisane et d’autre part, parce qu’ils visent uniquement à nuire ; à une personne en particulier. Ces propos sont irrecevables par les socialistes et doivent être dénoncés comme tels.
Manquant en effet de probité, aux relents de sexisme pour certains, ils sont une insulte adressée, tant à Mme Royal qu’aux militants socialistes, notamment à ceux qui l’ont désigné comme candidate, lors de la primaire à l’investiture.
Depuis 2002, Monsieur Jospin, en donneur de leçon, a pris l’habitude de pointer les erreurs que commettent les autres, sans toutefois jamais reconnaître les siennes. Sans autocritique, les critiques sont plus faciles à faire. Dans la responsabilité de l’échec : en 2002, c’est pas moi, c’est les autres ; en 2007, tout est de la faute de Mme Royal. Cela n’est pas très raisonnable. Les critiques peuvent être acceptées quand elles sont fondées, pas quand elles sont délibérément calomnieuses. Elles ne servent ni à la réflexion collective, ni à débattre sereinement sur les idées et sur le projet de société à construire. Mais elles font mal à la démocratie et à ceux qui croient en elle, dans le respect des individus. À propos de démocratie ; les militants socialistes n’ont-ils pas fait le choix de leur candidat par un vote démocratique – en toute liberté de conscience ? A lire monsieur Jospin, on pourrait en douter. On ne peut pas aujourd’hui contester ce vote et dire n’importe quoi. Dire, par exemple, que madame Royal est une « illusion » est inacceptable. C’est tout juste s’il ne pense pas que l’« illusion » Royal, tel un dictateur, se serait emparée du PS par un coup d’état, avec la complicité des médias qui l’auraient, soi-disant, favorisée. Et les militants, à l’entendre, se seraient laissés manipuler par les mêmes sirènes médiatiques. Les militants sont-ils également pour M. Jospin des « illusions » ? Et la candidate, désignée hier pour ses capacités, soutenue tout de même, faut-il le rappeler, par l’ancien premier ministre, qui avait toutes les qualités pour représenter la gauche à l’élection présidentielle, serait aujourd’hui une hérétique qu’il faudrait châtier sur la place publique. Ne lui en déplaise, les militants qui ont désigné Mme Royal n’ont pas commis d’erreur. Ils l’ont fait par choix consciemment réfléchi pour ses idées, pour son projet, et peut être pour son style plus en phase aujourd’hui avec la société, que ne l’était celui de M. Jospin en 2002. Sans polémique aucune, on peut tout de même penser que les militants socialistes sont capables de bien choisir leur candidat, si possible le meilleur d’entre eux. Et c’est justement parce qu’ils ont une conscience politique suffisamment formée, qu’ils savent aussi ne pas choisir ; notamment peut-être, celui qui a déjà perdu plusieurs fois.
Pour ma part, tout en regrettant les propos de l’ancien premier ministre qui n’honorent pas l’homme d’état qu’il est, je pense qu’il est urgent que d’autres responsables socialistes fassent preuve d’un peu plus d’humilité en laissant de côté tout mauvais esprit qui joue la division. Je pense que la contradiction dans le débat politique ne doit pas pour autant autoriser ni la mauvaise foi, ni l’anathème.
C’est pour cette raison, Monsieur le Premier Secrétaire, que je vous demande de bien vouloir condamner, au nom des socialistes dont beaucoup peuvent se sentir insultés, les propos fallacieux de M. Jospin et toute autre opinion de même nature qui pourrait advenir par la suite.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Secrétaire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
James Godard
Vous réagissez...