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Lundi 31 décembre 2007

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Chers amis et amies de Désirs d'avenir,  

Je tiens à vous remercier du fond du cœur de tout ce que nous avons fait ensemble en 2007 et à vous adresser mes vœux les plus chaleureux pour l'année 2008.  

Nous nous rencontrerons à nouveau pour réfléchir, pour travailler ensemble et pour partager des moments d'amitié.  

Je diffuse ce soir à 20 heures par vidéo un message de vœux de quelques minutes qui s'adresse à tous les Français. Le texte vous sera également envoyé par lettre d'information.  

Très bonne année et à bientôt,
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Ségolène Royal présente ses voeux 2008

Bonsoir,

Ce soir j'ai d'abord une pensée particulière pour ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude, dans l'abandon, ou qui ont connu au cours de l'année 2007, des drames ou des épreuves.

Je vous souhaite que l'année 2008 vous apporte de l'espoir et un nouveau départ dans la vie, et j'en suis sûre, cela va vous arriver.

Je souhaite à la France, c'est à dire à nous tous, une République plus fraternelle ou chacun et chacune aura le sentiment, et même la certitude, qu'il doit pouvoir avancer, réussir, en comptant sur les autres, et d'abord en comptant sur l'Etat.

Et d'abord, l'Etat doit tenir sa parole et ceux qui ont parlé en son nom doivent faire ce qu'ils ont dit. J'attends par conséquent que l'année 2008 apporte aux bas salaires une hausse conséquente, une revalorisation des petites retraites car je sais beaucoup de personnes âgées dans la difficulté, après avoir travaillé pourtant toute leur vie.

Je veux que l'année 2008 soit comme cela a été promis, l'année de lutte contre la vie chère. Et je souhaite pour la France, c'est à dire pour nous tous, que les garanties fondamentales soient renforcées et non pas fragilisées. Pouvoir se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école. Recevoir un juste salaire de son travail, pouvoir préparer l'avenir, pouvoir accéder aussi à la culture, tout cela la France a les moyens de pouvoir l'apporter à chacun et à chacune.

Un État fort doit aussi garantir une égalité de développement sur l'ensemble du territoire national et dans les Outre mers. Chacun a le droit d'accéder à la liberté de choix de sa vie, et en même temps aux conditions qui vont garantir cette liberté.

Le monde est devenu un village, rien de ce qui se passe à l'autre bout de la planète nous est étranger. Chaque événement a maintenant une incidence sur toutes les parties du globe. C'est pourquoi si nous voulons ensemble maîtriser les fanatismes, les terrorismes, les atteintes insupportables à l'environnement, alors nous devons faire converger nos politiques diplomatiques pour que les valeurs de protection de la personne humaine l'emportent partout et toujours sur les valeurs financières ou sur l'obscurantisme. C'est cela aussi que je souhaite.

Le temps presse, la France mérite beaucoup mieux que cette juxtaposition entre des comportements ostentatoires et d'un luxe insolent d'un coté, et tant de précarité ou de fragilité pour le plus grand nombre de l'autre.

La France mérite mieux oui, parce que nous avons du potentiel, de l'énergie, du talent dans nos laboratoires, nos entreprises, nos écoles. Toute cette énergie là, pendant l'année 2008, doit être mise au service d'une croissance enfin retrouvée.

Le temps presse, le potentiel est là, et c'est pourquoi je souhaite que l'année 2008 soit l'année de la morale des comportements et des résultats.

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 31 décembre 2007
Visite de la caserne de pompiers de la Porte de Champerret

 

Chères amies,

Chers amis,

A l'occasion de la fin de l'année, je sors à l'instant d'une visite de la caserne de pompiers de la Porte de Champerret, où j'ai été reçue à 15 heures cet après-midi.

J'ai choisi ce lieu symbolique pour mettre l'accent sur un service public particulièrement mobilisé en ce jour, et d'ailleurs toute l'année.

J'avais été invitée il y a déjà quelques temps, et je voulais terminer l'année en honorant cette promesse.

J'ai été reçue par le Colonel Fievet, responsable de l'état-major de la Brigade de sapeurs pompiers.

Après avoir visité la salle d'état-major où seront gérées toutes les activités de la nuit à venir sur Paris et les trois départements de la petite couronne, nous nous sommes rendus dans la salle d'appels du18. J'ai longuement discuté avec l'ensemble des pompiers chargés de répondre aux appels d'urgence, une bonne dizaine étant présents y compris trois médecins, un infirmier et du personnel médical spécialisé pour évaluer les appels.

Une discussion sur l'évolution du métier s'est alors engagée. Cette année les interventions des pompiers ont augmenté de plus de 17%. C'est aussi le miroir d'une société qui se raccroche à un service public qui obéit aux trois mots d'ordre, affichés dans la salle d'appels : "ALTRUISME, EFFICIENCE, DISCRETION".

Ils observent une montée des solitudes, des précarités, des pauvretés, mais aussi de personnes qui ne sont pas pauvres et appellent les pompiers parce qu'il y a moins de médecine libérale de proximité.

Malgré leur obligation de réserve, j'ai compris à demi-mot, y étant moi-même confrontée dans la région que je préside qu'il y a une réforme sérieuse et urgente à faire pour coordonner tout le dispositif des interventions d'urgence. Il est d'ailleurs à craindre que la franchise médicale va encore déporter vers les pompiers des interventions qui relèvent d'autres corps de métier.

A travers eux, c'est aussi à tous les métiers qui par leur dévouement assurent la continuité du lien social que j'ai voulu honorer.

La préfecture de Police n'a pas autorisé la presse à m'accompagner. C'est dommage car ce sont des sujets qui intéressent les Français, mais quelques photos ont été prises que je vous joins à ce lettre.

Je leur ai souhaité une très bonne année et je vous adresse également, à vous tous, mes voeux les plus chaleureux.

A bientôt,

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 28 décembre 2007
« Le jour de Noël, c'est là sans doute qu'on prend conscience de la façon la plus aiguë des inégalités criantes, qui loin de se réduire s'aggravent », a déclaré Ségolène Royal à l’occasion de la visite d’un centre d'hébergement d'urgence du Secours catholique à Paris près de la cité Saint Martin, dans le quartier de l'Arsenal (IVe arrondissement).

L'immeuble, dans ce quartier cossu, abrite quelque 150 personnes. Célibataires, divorcés, familles entières avec enfants - une soixantaine d'enfants au total - ont échu là. Les témoignages fusent : qui a perdu son logement après un licenciement, qui après un divorce. L'emploi n'est pas seul en cause: « l'immigration, la violence conjugale » sont aussi facteurs d'exclusion, souligne la directrice, qui précise que « la moitié des personnes hébergées ici travaillent »

Ségolène Royal souligne que « La crise du logement touche les exclus et les bas salaires mais aussi les catégories moyennes »

Ségolène Royal a également réclamé des mesures « énergiques » pour résoudre la crise du logement et a demandé au gouvernement et au Président de la République d'agir : « il y a eu des promesses de campagne, on attend des mesures énergiques et efficaces, qu'on passe des discours aux actes » alors « qu'un tiers des personnes du centre sont pourtant éligibles à un logement social ».

Ségolène Royal précise que « des solutions simples existent » et que si le gouvernement ne les prend pas c’est qu'il « ne veut pas bousculer » les communes de droite qui ne respectent pas leurs obligations.

Ségolène Royal propose que « l'Etat se substitue aux 700 communes qui ne construisent pas les 20% de logements sociaux » imposés par la loi, et aussi à celles qui ne respectent pas « le quota d'un logement d'urgence pour 1.000 habitants » et demande également de « donner aux communes la possibilité de réquisitionner des logements vacants spéculatifs » et que l'Etat mette « à disposition des communes pour construire du logement social, les terrains qu'il compte vendre dans les villes ».

Ségolène Royal salue enfin « le travail extraordinaire des associations » : « Sans elles la misère serait encore plus forte ».
par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Actualités politiques communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 27 décembre 2007

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Abdel est un des tout premiers soutiens à Ségolène Royal.

 

Abdel nous a quitté ce mardi ... triste jour d'hiver.

 

Abdel manquera à nos côtés pour les futurs combats.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Messages de soutien communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 20 décembre 2007
Présentation du texte
"Pour un contrat de rénovation"
par Arnaud Montebourg

19 décembre

Disponible en ligne à l'adresse http://www.renover-maintenant.org/article.php3?id_article=957

Chères et chers camarades,

Voilà 6 mois que nous avons entrepris de chercher à concilier les forces disponibles dans le Parti pour bâtir sur les décombres de la défaite le nouveau Parti Socialiste que nous appelons de nos voeux.

Avec Christian Paul, Catherine Lemorton, Gilbert Le Bris, Jean Launay, Gérard Roujas, Thierry Mandon, Paul Alliès, Eric Loiselet, Jérôme Durain, Patrice Joly et Christophe Lantoine, nous avons travaillé avec ceux qui nous paraissaient disposés pour ce travail. Ils sont issus de la diversité des trois familles de la primaire : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius.

Nous avons abouti à un premier texte qui pose clairement le cadre de la reconstruction :

1°) La priorité pour nous est d’abord d’éviter le choc des ambitions des présidentiables et d’évacuer la question de la désignation dans un cadre ultérieur et plus large que sont des primaires permettant d’associer toutes les forces du peuple de gauche, à la manière dont les Italiens ont procédé pour désigner Romano Prodi.

Ces primaires nous permettent d’éviter un congrès de désignation qui reproduirait le choc du congrès de Rennes où le parti, coupé en deux, serait sommé de choisir entre deux champions auxquels il s’en remettrait pour son avenir et nous permette d’avoir un véritable congrès d’idées, débarrassé des positionnements tactiques des présidentiables.

Néanmoins, les choix de reconstruction, de mutation et d’orientation du Parti ne préjugent en rien des choix de chacun d’entre nous pour la future primaire dans l’avenir éloigné de son organisation. Nul ne pourra donc prétendre qu’il s’agirait d’une initiative contre tel ou tel. Bien au contraire, il s’agit de constater que la priorité est de reconstruire un nouveau Parti Socialiste et non de choisir dès maintenant un candidat à l’élection présidentielle de 2012.

2°) La deuxième priorité est de construire un nouveau parti qui se transforme et mute autour d’orientations claires qui rassemblent. C’est dans ce cadre que nous vous proposons ce premier texte intitulé "Pour un contrat de rénovation" qui rassemble des camarades des trois familles, des camarades qui ont voté oui et qui ont voté non au référendum sur le Traité Constitutionnel Européen et qui ont le désir de rétablir la confiance entre eux pour construire un parti aux fonctions vitales enfin restaurées (fabrication des idées, écoute de la société, rassemblement des forces et des citoyens autour de son projet et opposition constructive et percutante).

Cette colonne vertébrale est le premier acte de recomposition du Parti socialiste dans l’atmosphère de délitement qui aujourd’hui le détruit à petit feu. Cette démarche est un premier pas vers la dissolution des anciens courants et anciennes écuries. C’est le premier acte de rassemblement entre des socialistes dont les antagonismes ont été supérieurs à leur désir de rassemblement, de travailler ensemble.

Je vous laisse le soin de prendre connaissance de ce texte et de faire part à Christophe Lantoine, secrétaire général de « Rénover, maintenant » de votre accord pour figurer parmi les signataires de « Pour un contrat de rénovation ».

Bien amicalement et fidèlement à vous.
Arnaud Montebourg

-Lire le texte complet de "Pour un contrat de rénovation"

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Rénovation de la Gauche communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 17 décembre 2007
Ségolène Royal était l'invitée de Laurent Ruquier samedi 15 décembre

Ségolène Royal, On n'est pas couché - kewego

 

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Actualités politiques communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 14 décembre 2007

 

Forum « le socialisme et le marché »

Contribution de Ségolène Royal

 

La mondialisation est un fait : c’est la mise en relation croissante de tous avec tous. Elle s’accélère mais ne date pas d’aujourd’hui. Cette dynamique d’extension des échanges planétaires et d’évolution permanente de la division internationale du travail est, depuis l’origine, inscrite dans le logiciel des temps modernes. À cause du développement des moyens de communication, des bateaux des conquistadors aux réseaux Internet d’aujourd’hui. Et à cause de l’irrépressible propension de l’économie de marché à ce que Marx appelait l’« universalisation », non sans une certaine admiration pour cette prodigieuse quoique cruelle et aveugle vitalité. L’actuelle globalisation financière n’est qu’une étape supplémentaire de ce processus au long cours qui porte dans ses flancs le pire et le meilleur, selon ce que nous saurons en faire. Le pire : la prédation généralisée, la concurrence sauvage, les délocalisations brutales au Nord et la surexploitation des salariés au Sud, la loi du plus fort et du seul profit. Mais aussi le meilleur : de nouvelles chances de développement, des moyens de faire reculer la pauvreté, une interdépendance de fait des économies qui rend possible et même vitale la solidarité des nations car nul, à terme, ne s’en sortira sans les autres et encore moins contre les autres.

La mondialisation scelle, sur le fond, une communauté de destin : toute la question est de savoir si nous saurons en faire un dessein commun. On en est encore loin. En soi, la mondialisation n’est ni bonne ni mauvaise : c’est le contexte dans lequel nous vivons et agissons. Elle n’est ni forcément heureuse ni inéluctablement malheureuse : c’est un mélange de contraintes, dont il faut tenir compte pour être efficace et se protéger là où c’est nécessaire, et d’occasions qu’il faut savoir saisir et orienter dans le sens du bien commun.

Ce que je crois, c’est qu’il n’y a pas de fatalité de la mondialisation qui ne laisserait aucune latitude stratégique aux entreprises et condamnerait les pouvoirs publics à l’impuissance. Cet alibi des partisans du laisser faire ne résiste pas à l’examen.

Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Insitute of Technologie), conduite par Susan Berger, a fait pendant cinq ans une passionnante enquête sur les stratégies des entreprises dans la mondialisation, en Europe, en Amérique et en Asie. Elle montre que, pour un même type de produits, des entreprises également profitables font des choix différents : les unes sous-traitent dans les pays à bas salaires la quasi-totalité de leur production, les autres pas car la compétitivité ne se réduit jamais au coût du travail mais résulte d’un ensemble plus complexe de facteurs. La mondialisation n’explique pas pourquoi Zara, la firme qui connaît en Europe la croissance la plus rapide, continue à fabriquer en Espagne et au Portugal. Elle n’explique pas davantage pourquoi les fabricants de lunettes de Taïwan et de Hong Kong ont délocalisé leur production en Chine mais pas les lunetiers italiens spécialisés dans les montures haut de gamme – représentant 25 % du marché mondial – qui continuent à fabriquer dans des usines de Vénétie où les salaires ne sont pourtant pas alignés sur ceux des ouvriers chinois. Aux chefs d’entreprise qui estiment ne pas pouvoir survivre avec un niveau de salaires à l’européenne, d’autres prouvent, dans le même secteur, que c’est possible. À condition d’innover, de rester en phase avec les goûts évolutifs de la clientèle et de tirer intelligemment parti de ses atouts.

C’est ce qu’a fait Geox, un des plus gros succès italiens dans la période récente. Il a créé dans une région traditionnellement consacrée à la chaussure et considérée par beaucoup comme un « désavantage compétitif », un produit innovant aujourd’hui vendu dans le monde entier : « la chaussure qui respire », grâce à une semelle qui laisse la transpiration s’échapper. Geox a su profiter de l’expérience accumulée localement par une main-d’œuvre expérimentée et créative. Au fil d’un développement très rapide, l’entreprise a certes orienté une partie de ses fabrications vers la Roumanie et l’Asie mais elle a en même temps développé l’emploi qualifié en Italie où sont concentrés la recherche-développement, le design, la logistique et la gestion.

Il n’y a donc pas, du côté des entreprises, de scénario unique auquel forcerait la mondialisation. Raison de plus pour que les pouvoirs publics ne baissent pas les bras et favorisent au contraire tout ce qui fait l’attrait d’un territoire pour une entreprise : le niveau de formation, la qualité des infrastructures, les réseaux et les possibilités de coopération, l’environnement scientifique et technologique, sans oublier les services publics.

La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses responsabilités. C’est celle où tous les coups sont permis, où les égoïsmes à court terme accentuent les inégalités, les ressentiments et les insécurités. La bonne mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, à l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous.

C’est tout l’enjeu de la période actuelle où le politique doit rattraper son retard sur l’économique qui tend à dicter sa loi. Le monde a profondément changé. Les nations émergentes – émergées, devrait-on plutôt dire – rebattent les cartes de la concurrence mondiale. De nouveaux rapports de force s’affirment. Il faut à ce monde-là de nouvelles règles, de nouvelles sécurités pour que la mondialisation ne soit pas, à court terme, une course destructrice au profit mais une chance de progrès partagé. C’est, pour moi, tout le rôle de l’État et tout le sens du projet européen tel que je le conçois.

Maîtriser la mondialisation pour l’orienter dans le bon sens, c’est, j’en conviens, une œuvre de longue haleine. La bonne mondialisation, c’est celle qui introduira dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le respect de normes sociales et environnementales, celle qui réformera le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers, celle qui créera une organisation mondiale de l’environnement et promouvra l’idée d’une Politique agricole commune (PAC) mondiale pour organiser les marchés de manière plus juste et donner une vraie chance à l’agriculture des pays en développement. Je ne sais pas à quel rythme nous y parviendrons, je ne sais pas si l’histoire connaîtra une de ces brusques accélérations dont elle a le secret ou si l’humanité, souvent peu capable de réformer à froid, différera longtemps encore les décisions nécessaires. Mais j’ai une certitude que nous sommes nombreux à partager : il n’est pas d’autre direction à suivre que de peser de toutes nos forces pour l’avènement d’un ordre international juste et des outils qui lui sont nécessaires.
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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Rénovation de la Gauche communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 13 décembre 2007

 

Julien Dray y est, lui aussi, allé de son bouquin:

"Réglements de comptes"

 

RÈGLEMENT DE COMPTES de Julien Dray. Hachette, 214 p.

Le point de vue de Gérard Courtois dans

On ne refera pas Julien Dray : quand il ne boude pas, il tempête, quand il ne tempête pas, il réinvente le PS. Le plus souvent à l'emporte-pièce. Cela agace ou cela fait son charme, c'est selon !

Ainsi, le député de l'Essonne ne voulait pas, dit-il, contribuer au tohu-bohu éditorial qui a suivi la campagne présidentielle de Ségolène Royal. Face à "cette déferlante de libelles venimeux", il avait décidé de rester stoïque. Jusqu'à ce que la parution de L'Impasse, le réquisitoire de Lionel Jospin contre la candidate socialiste, le fasse sortir de ses gonds. Pour deux raisons, intimement liées. D'une part, cette entreprise de démolition constitue "une injure inqualifiable envers les dix-sept millions de Françaises et de Français qui ont voté pour Ségolène Royal" ; d'autre part, et c'est plus inquiétant à ses yeux, le livre de Lionel Jospin "réhabilite un ancien Parti socialiste", celui-là même que la candidate s'est employée à bousculer.

Du coup, ce "règlement de comptes" n'est pas un récit de campagne. Intime du couple Hollande-Royal, soutien très tôt d'une femme qui le "bluffe" par son "caractère singulier et iconoclaste, sa détermination à toute épreuve, son côté provocateur et aventureux", Dray ne multiplie pas les confidences. Tout juste cet échange, en décembre 2005 : Ségolène Royal lui fait part de sa volonté d'être candidate. "Et François ?", réplique-t-il, avant de s'entendre répondre : "Il n'est pas en situation. Il a refusé de se préparer. On a tous essayé de l'aider, mais tu vois le résultat." Et Dray, à l'évidence, partage ce sentiment, lui pour qui le premier secrétaire du PS demeure "un mystère". Quant à la rupture privée entre les deux, il n'entend pas s'y attarder, sauf pour ce commentaire éloquent : "Sans François, Ségolène perd son confident politique. Sans Ségolène, François perd sa témérité intellectuelle. L'un et l'autre méritaient mieux. Nous aussi."

Reste l'essentiel, pour Julien Dray : au-delà du manque de préparation, des défauts d'organisation ou du sentiment d'indécision qu'elle a pu montrer par moments, la campagne de Ségolène Royal a posé le socle de ce que devraient être un "nouveau" Parti socialiste et une "nouvelle manière de faire de la politique". Capable de tourner la page de ce PS figé dans ses courants, étouffé par la concurrence stérile entre ses "éléphants", qu'il fustige sans ménagement comme des "enfants gâtés du mitterrandisme", obsédés de pouvoir et privilégiant leurs "rentes de situation" par rapport à tout débat de fond. Ces éléphants enfin qui, humiliés par leur défaite au terme de la campagne interne au PS, ont instruit sans relâche le procès en incompétence de la candidate et fragilisé sa campagne.

Or c'est bien ce système "sclérosé" que Dray, comme Ségolène Royal, veut mettre à bas. Comme elle, il appelle à une "nouvelle République participative" ; comme elle, il attend du PS qu'il devienne "le promoteur d'une société métissée, dynamique et inventive" et de la gauche qu'elle soit à nouveau capable de "prendre le peuple en considération" et de respecter les "citoyens experts". Bref, une gauche à même de "reconquérir ceux qu'elle est censée défendre, protéger et représenter". Nul doute que l'auteur pose ainsi les bases de la grande explication dont le PS a plus que jamais besoin.

Plaidoyer pour un nouveau PS
LE MONDE | 13.12.07
© Le Monde.fr

 

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Mercredi 12 décembre 2007

Les 100 Français qui font bouger la France 

Ségolène Royal était l'invitée mardi 11 décembre des "100 Français qui font bouger la France" sur France 2.

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Mardi 11 décembre 2007
Chères amies, chers amis,

Depuis ce matin, pour faire oublier le scandale de la visite de Kadhafi, s’est déclenché un tintamarre avec des annonces de 10 milliards d’euros de contrats : info ou intox ?

Qu’ils soient réels ou pas, rien ne justifie cette visite. Mais il ne faut pas que les français soient, en plus, abusés par la réalité de ces intérêts économiques.

Pourquoi y-a-t-il si peu de transparence, pourquoi si peu de vérification ? Qu’y-a-il de réel dans les 10 milliards de contrats annoncés bruyamment pour étouffer le débat sur les droits de l’homme ?

1. S’agit-il de contrats signés ou de déclarations d’intention ?

2. Quel est le contenu réel de ces contrats ?

3. Combien de délocalisations sont induites par ces contrats ?

4. Quelles sont les garanties en termes de développement d’emploi en France ?

5. La dangerosité de la dissémination du nucléaire a-t-elle été examinée ?

6. Pourquoi n’y a-t-il eu aucun débat à l’assemblée et aucune transparence ?

S’humilier devant Kadhafi, cautionner l’usage du terrorisme, du système de tortures et de disparitions n’est pas digne de la France.

Après les félicitations « chaleureuses » à Vladimir Poutine qui a organisé des élections en muselant toutes les oppositions, voici la réception, en grandes pompes et en satisfaisant les extravagances de l’intéressé, du dictateur libyen, le colonel Kadhafi. La France accueille un chef d’Etat qui non seulement a laissé emprisonner et torturer les infirmières bulgares et le médecin palestinien sous la fausse accusation d’avoir inoculé le sida à des enfants, mais qui a financé, pendant des années, le terrorisme international. Personne n’a oublié que les responsabilités des services secrets libyens ont été reconnues par la justice internationale dans l’attentat de Lockerbie en 1988 mais aussi dans celui du DC10 d’UTA en 1989 qui a tué de nombreux Français. C’était aussi le régime libyen qui avait organisé un attentat à Orly en 1983. Quant au peuple libyen, il est la première victime du régime : il n’y a jamais eu d’élections, le colonel Kadhafi est désigné comme dirigeant à vie, et ses opposants n’ont de choix qu’entre la mort et l’exil.

Nicolas Sarkozy, qui annonçait, durant la campagne électorale, une rupture avec la politique étrangère de son prédécesseur (« il vaut mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine » avait-il déclaré), en accentue les pires traits jusqu’à la caricature et donne de la France une image à la fois détestable et ridicule. Même si chacun peut s’accorder sur le fait qu’une politique étrangère doit prendre en compte la défense de nos intérêts économiques, et que le monde instable et dangereux dans lequel nous vivons demande que nos dirigeants puissent parler aussi à des personnalités peu respectueuses de la démocratie, il y a des lignes rouges qu’il faut savoir ne pas franchir.

N. Sarkozy nous dit qu’il reçoit le chef d’état libyen parce que celui-ci a renoncé à fabriquer des armes de destruction massive et s’est engagé à lutter contre le terrorisme. Outre que le colonel Kadhafi lui a apporté un cruel démenti en défendant le principe du terrorisme avant de venir à Paris, on constate que seule la France accueille Kadhafi avec de tels honneurs. S’il s’agit de « récompenser » celui-ci d’être revenu à un semblant de respect de la légalité internationale, c’est déjà fait, avec la levée des sanctions qui avaient été prononcées contre la Libye après les deux attentats.

Quant aux fabuleux contrats annoncés par le gouvernement, il faudra en mesurer la réalité. Les entreprises britanniques et italiennes sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises. Pourtant, le colonel Kadhafi n’a pas été reçu à Londres ou à Rome. En outre, on peut craindre que ces contrats, outre une hypothétique centrale nucléaire civile, ne portent sur des armements destinés à garantir la survie de la dictature. Personne ne menace la Libye qui n’a donc pas besoin de se défendre contre un agresseur extérieur. En revanche, des hélicoptères servent à mitrailler une foule de manifestants ou à surveiller des déplacements. On peut redouter aussi les risques de revente de toute cette panoplie d’armements à toutes les rébellions de la région en fonction des intérêts du régime libyen. Est-ce de cela dont l’Afrique a besoin ?

Le commerce extérieur français, structurellement déficitaire depuis des années, a lui aussi besoin d’autres mesures : stimulation de l’innovation pour une meilleure insertion dans la compétition internationale, aides adaptées aux PME qui exportent et créent des emplois…

N. Sarkozy est, quant à lui, dans une politique de « coups », qui isole la France de ses partenaires européens. C’est une politique étrangère dénuée de toute morale et de toute cohérence. On est dans le spectacle, un triste spectacle.

Le débat est ouvert.

Amicalement,
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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Actualités politiques communauté : Les blogs socialistes
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