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Samedi 29 septembre 2007

Ce 28 Septembre, Ségolène Royal était invitée sur Canal+ dans l'émission "Le grand journal".
Moments d'expression politique, moments d'humour, moments plus personnels.

Si vous n'avez pu regarder l'émission:

 

Tout en refusant de "polémiquer" avec Lionel Jospin, Ségolène Royal a rappelé vendredi à l'ancien Premier ministre socialiste, auteur d'un livre au vitriol sur sa campagne présidentielle, que la "suite" appartenait aux militants du PS.

Pour l'instant, il est "trop tôt" pour qu'elle décide ou non de briguer la tête du PS lors du congrès qui doit se tenir en 2008, probablement à l'automne.
"Je le déciderai le moment venu (...) si je le veux, si je suis bien accompagnée et si cela correspond à l'intérêt des socialistes et du pays", a déclaré l'ancienne candidate à l'Elysée sur Canal +, reprenant presque mot pour mot la rhétorique qui avait précédé son entrée en campagne pour l'investiture présidentielle du PS.
Dans son livre, Lionel Jospin estime que Ségolène Royal est une "illusion" qui n'a pas la "stature nécessaire" pour mener le PS à la victoire en 2012. Il enjoint les socialistes à ne pas refaire un choix qu'il compare à une "impasse".
"D'abord il y a eu le vote des militants" en novembre dernier, puis la campagne présidentielle et 17 millions d'électeurs qui ont voté socialiste, a rappelé la présidente de Poitou-Charentes. "La suite aussi appartiendra à la démocratie. La suite appartiendra aux militants du Parti socialiste", a-t-elle insisté.
Mi-sérieuse, mi-amusée, elle a suggéré à ses adversaires ayant rédigé toute une flopée d'ouvrages critiquant son parcours de faire don de leurs droits d'auteur à des associations.
"Ce serait bien ça que les droits d'auteur de tous les livres qui disent du mal de moi et qui se vantent pas mal soient versés aux associations d'handicapés, ou de personnes en situation de chômage ou (s'occupant) de jeunes en difficulté", a-t-elle déclaré sur le plateau, confirmant qu'elle préparait de son côté son propre livre d'analyses qui doit sortir "avant la fin de l'année".
Clin d'oeil à "L'impasse", le titre du livre de Lionel Jospin, l'opus de Ségolène Royal pourrait-il s'intituler "L'autoroute", a demandé un journaliste. "Plutôt 'le ferroutage' ou "Le train qui va vers l'avenir", a plaisanté la présidente de Poitou-Charentes, optant pour l'écologiquement correct.
Elle a "bien sûr" été blessée par la charge de l'ancien chef de la "gauche plurielle", "mais ça n'a pas été très long", a-t-elle assuré.
"J'ai une responsabilité politique au-delà de ma propre personne (...) Cette responsabilité politique. Je ne quitte pas la vie politique et je la continue", a-t-elle asséné, décochant une flèche à Lionel Jospin qui avait choisi de se retirer de la vie politique après avoir été éliminé dès le premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002.
Source :
par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Dans les média communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 26 septembre 2007

James Godard, militant de Creil, nous envoie ce petit message avec autorisation de mise en ligne sur notre site.

 

Voici la lettre ci-dessous que je vais envoyer ce soir (24/09) par la poste à François Hollande.
Bien au-delà de la mauvaise foi, je crois que des limites ont été dépassées.

Je vous souhaite bon courage dans le combat qui s’annonce terrible ! Vous avez tout mon soutien.

Bien respectueusement, James Godard

 La lettre de James à François Hollande:

Creil, le 24 septembre 2007

Monsieur le Premier Secrétaire,

        Nouvel adhérent socialiste à la section de Creil, depuis le premier tour de l’élection présidentielle, je tiens, par cette lettre, à vous faire part de mon indignation quant à certains propos récemment écrits par M. Jospin. Se rajoutant à la liste déjà trop longue des propos arbitraires, ceux de l’ancien premier ministre dans son dernier livre me choquent davantage. D’une part, parce qu’ils polluent le débat d’idées de manière partisane et d’autre part, parce qu’ils visent uniquement à nuire ; à une personne en particulier. Ces propos sont irrecevables par les socialistes et doivent être dénoncés comme tels.

        Manquant en effet de probité, aux relents de sexisme pour certains, ils sont une insulte adressée, tant à Mme Royal qu’aux militants socialistes, notamment à ceux qui l’ont désigné comme candidate, lors de la primaire à l’investiture. 

        Depuis 2002, Monsieur Jospin, en donneur de leçon, a pris l’habitude de pointer les erreurs que commettent les autres, sans toutefois jamais reconnaître les siennes. Sans autocritique, les critiques sont plus faciles à faire. Dans la responsabilité de l’échec : en 2002, c’est pas moi, c’est les autres ; en 2007, tout est de la faute de Mme Royal. Cela n’est pas très raisonnable. Les critiques peuvent être acceptées quand elles sont fondées, pas quand elles sont délibérément calomnieuses. Elles ne servent ni à la réflexion collective, ni à débattre sereinement sur les idées et sur le projet de société à construire. Mais elles font mal à la démocratie et à ceux qui croient en elle, dans le respect des individus. À propos de démocratie ; les militants socialistes n’ont-ils pas fait le choix de leur candidat par un vote démocratique – en toute liberté de conscience ? A lire monsieur Jospin, on pourrait en douter. On ne peut pas aujourd’hui contester ce vote et dire n’importe quoi. Dire, par exemple, que madame Royal est une « illusion » est inacceptable. C’est tout juste s’il ne pense pas que l’« illusion » Royal, tel un dictateur, se serait emparée du PS par un coup d’état, avec la complicité des médias qui l’auraient, soi-disant, favorisée. Et les militants, à l’entendre, se seraient laissés manipuler par les mêmes sirènes médiatiques. Les militants sont-ils également pour M. Jospin des « illusions » ? Et la candidate, désignée hier pour ses capacités, soutenue tout de même, faut-il le rappeler, par l’ancien premier ministre, qui avait toutes les qualités pour représenter la gauche à l’élection présidentielle, serait aujourd’hui une hérétique qu’il faudrait châtier sur la place publique. Ne lui en déplaise, les militants qui ont désigné Mme Royal n’ont pas commis d’erreur. Ils l’ont fait par choix consciemment réfléchi pour ses idées, pour son projet, et peut être pour son style plus en phase aujourd’hui avec la société, que ne l’était celui de M. Jospin en 2002. Sans polémique aucune, on peut tout de même penser que les militants socialistes sont capables de bien choisir leur candidat, si possible le meilleur d’entre eux. Et c’est justement parce qu’ils ont une conscience politique suffisamment formée, qu’ils savent aussi ne pas choisir ; notamment peut-être, celui qui a déjà perdu plusieurs fois.

                Pour ma part, tout en regrettant les propos de l’ancien premier ministre qui n’honorent pas l’homme d’état qu’il est, je pense qu’il est urgent que d’autres responsables socialistes fassent preuve d’un peu plus d’humilité en laissant de côté tout mauvais esprit qui joue la division. Je pense que la contradiction dans le débat politique ne doit pas pour autant autoriser ni la mauvaise foi, ni l’anathème.       

        C’est pour cette raison, Monsieur le Premier Secrétaire, que je vous demande de bien vouloir condamner, au nom des socialistes dont beaucoup peuvent se sentir insultés, les propos fallacieux de M. Jospin et toute autre opinion de même nature qui pourrait advenir par la suite.

        Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Secrétaire, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

       
James Godard 
par James Godard publié dans : Parti Socialiste communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 26 septembre 2007

Retrouvez cette interview dans VSDVSD : Parfois, elle étonne. Quand, par exemple, elle raconte l'histoire du mille-pattes qui l'a fait rires, avec ses enfants, pendant tout l'été. Rien qu'à cette évocation elle repart d'un éclat sonore dans l'ascenseur qui la mène à sa chambre d'hôtel dans le vieux Québec. Consternée de voir que son hilarité n'est pas partagée, elle s'excuse presque en expliquant qu'elle raconte mal les blagues. Surtout en public. Puis, mine de rien, elle glisse, un peu plus tard, qu'elle a beaucoup d'humour. Comme pour corriger cette impression de froideur et de distance qu'elle dégage souvent au premier contact. Ségolène Royal se méfie. De ses adversaires politiques, bien sûr, mais de la presse aussi. Peur d'être instrumentalisée, ridiculisée, baffouée, elle qui a déjà essuyé tant de coups durant ces derniers mois. Alors, pour ce premier voyage officiel après les élections, quatre jours au Québec, la présidente de Poitou-Charentes se surveille en permanence.

SANS LANGUE DE BOIS SUR HIER, AUJOURD'HUI... ET DEMAIN

Pourtant, il y a ces rares moments où, l'espace d'une courte balade, les frontières se rapprochent. Elle vante les bienfaits de la marche, plaisante avec les uns, s'intéresse aux autres. A ce moment là, elle en devient presque stupéfiante de naturel. Une "complicité" qui fait oublier cette force qui, chez elle, confine parfois à une certaine brutalité. Mais bien vite, elle se reprend et revêt à nouveau son costume de femme politique. Qu'elle marche le long du Saint Laurent, juste parce qu'elle a décidé de faire une promenade digestive accompagnée de la presse, façon Mitterrand, ou qu'elle visite une usine qui fabrique des maisons en bois, la "dame en blanc" ne se déplace pas sans ses talons aiguilles. La cheville fine chancelant parfois quand elle reste trop longtemps debout ou que le pied rencontre un obstacle. Mais jamais elle ne trébuche. La Présidente se tient droite et sourit.

De cette beauté que même certains adversaires politiques lui reconnaissent, elle est raisonnablement fière. A du mal à en parler, pense que cela a alimenté son procès en incompétence, mais convient finalement que ses électeurs avaient droit à quelqu'un qui a une certaine tenue. Elle y veille d'ailleurs constamment. Avec les membres de son staff... Elle s'exprime sans langue de bois sur hier, aujourd'hui et demain surtout. Son visage se tend un peu, ses yeux habituellement rieurs trahissent son vague à l'âme. Il la grandit, l'étoffe, la densifie, mais elle n'en a cure. Animal politique, elle recadre les mots et dévie sur les autres. Ce peuple avec qui elle entretient une bonne communication, dit-elle. Ces gens qu'elle aime pour leurs regards, leur diversité, leur histoire, leur frémissement. On la croit.

... Une visite avec le Premier Ministre du Québec, une rencontre culturelle pour la préparation d'un show sur le 100ème anniversaire de la belle province, un cocktail au consulat de France. Allées-venues, questions-réponses, sourires-écoute, Ségolène Royal est emportée dans la vie politique. Elle ne demande que cela.

 

VSD. Dans son livre, L’Impasse, Lionel Jospin se livre à une charge féroce contre vous. Ces attaques ne sont-elles pas un hommage involontaire à la place que vous occupez au sein du PS ?

Ségolène Royal dans la Somme à Fressenville - © philippe grangeaudSégolène Royal. (Rires.) Je préfère les hommages positifs, c’est plus agréable. Plus sérieusement, je crois surtout que ces propos renvoient à la campagne où un certain nombre de leaders socialistes, et non des moindres, n’ont pas été au rendez-vous. J’ai pensé que, puisque j’étais désignée par 60 % des militants, tout le monde se rangerait derrière moi pour que la gauche l’emporte. Je voyais bien que des réticences existaient, mais je n’avais pas imaginé que la violence du ressentiment pouvait atteindre une telle intensité. Certains leaders m’ont même dit en pleine bataille présidentielle – sans doute pour, une fois de plus, me renforcer – que je n’arriverais pas au second tour. S’ils avaient fait fi de leur ego et constitué un bloc autour de moi, alors peut-être aurions-nous eu la dynamique suffisante pour gagner. Il faudrait en tirer les leçons.

VSD. Estimez-vous que Lionel Jospin est fondé à faire ces critiques alors qu’il n’est pas parvenu au second tour ?

S. R. Je ne ferai aucune remarque désobligeante sur lui. J’ai le sens de la hiérarchie, des fonctions, je n’ai jamais dit de mal du Premier ministre. C’est ma morale politique. Je m’y tiens, je parle des idées, pas des personnes. En revanche, s’il exprime les choses de façon aussi cruelle, c’est que d’autres les ont pensées aussi. Ils n’acceptent pas la mutation de la France, celle du PS, les idées neuves que j’ai développées pendant la campagne, en particulier sur la question de l’ordre juste, de l’adaptation de la valeur travail. Lorsque j’ai dénoncé l’assistanat, on m’a rétorqué que cette critique ne correspondait pas à la tradition de la gauche… Quand j’ai parlé de la nation, du drapeau tricolore, il s’agissait presque de gros mots pour certains socialistes. Ils ont attaqué les jurys citoyens, alors que Gordon Brown est en train de les mettre en place.

VSD. Avez-vous l’impression que l’on cherche à vous détruire ?

S. R. C’est clair, certains ont commencé la bataille du congrès. Il faut être drôlement solide pour encaisser ces chocs : ceux de la campagne, de l’après-campagne et la tristesse des millions d’électeurs qui voulaient que la gauche gagne. Je la porte en moi, je m’en sens comptable aujourd’hui encore. Mais je n’ai pas le droit de m’écrouler, ne serait-ce que pour défendre la dignité des femmes.

VSD. Vous dites que cela confine au racisme…

S. R. Il s’agit effectivement des mêmes ressorts : le mépris et la volonté d’abaisser. Mais il faut voir dans la dénonciation de certains éléphants le refus d’une nouvelle génération et de la différence. On m’a même reproché une relation particulière au peuple. Ce qui est un comble dans une démocratie ! Jamais les militants et les premiers fédéraux du PS ne m’ont fait cette remarque. Au contraire.

VSD. Ces derniers jours, quand on l’interroge sur vous, Bertrand Delanoë botte en touche. Quels rapports entretenez-vous avec lui ?

S. R. Normaux.

VSD. Certains pensent que, s’il est réélu [à la Mairie de Paris, NDLR], il pourrait briguer le poste de premier secrétaire du PS. Ne serait-il pas alors votre concurrent le plus sérieux ?

S. R. Je lui souhaite d’être réélu, je ne suis en compétition avec personne. Ce qui m’intéresse, ce sont les propositions concrètes pour réformer la France avec efficacité et justice.

VSD. Mais souhaitez-vous devenir premier secrétaire ?

S. R. On verra. J’ai été candidate de tous les socialistes et je ne peux pas me permettre d’entrer dans cette bataille de chiffonniers, de courants et d’exclusions. J’ai une responsabilité politique et je verrai le moment venu la meilleure façon de l’assumer.

VSD. Dans l’entre-deux-tours, vous avez pris langue avec François Bayrou, qui s’attelle à la construction du MoDem. Êtes-vous en contact avec lui ?

S. R. Pas encore. Je suis pour l’ouverture, je crois qu’il peut y avoir des rapprochements sur un certain nombre de valeurs, mais sans alignement ni instrumentalisation. Je me reconnais par ailleurs également dans le mouvement altermondialiste. C’est-à-dire que l’on peut bâtir une alliance large de Bové à Bayrou, ce que j’ai tenté entre les deux tours.

VSD. Que pensez-vous des déclarations de Bernard Kouchner sur l’Iran ?

S. R. J’ai été la première à dénoncer le risque d’accès de l’Iran au nucléaire civil. Souvenez-vous alors des réactions critiques de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les faits me donnent raison et réhabilitent ma compétence. C’est également vrai dans d’autres domaines de la politique étrangère et de la politique économique et sociale.

VSD. Vous avez essuyé beaucoup de coups durant ces derniers mois de campagne. Comment avez-vous tenu le choc ?

S. R. Je remarque que, lorsque l’on se tourne vers les autres, on n’a pas le temps de penser à soi. On est tellement redevable des attentes, des espérances, que l’on se nourrit de l’affection des gens. Il faut aussi être bien entouré, ce qui est mon cas, avoir des amis proches, un cercle solide fait de personnes présentes depuis des années ou de nouveaux venus qui se montrent très combatifs.

VSD. L’action politique mérite-t-elle le prix que vous en payez ?

Dans la Somme Ségolène Royale visite l'entreprise PIC Industrie Production d'Airaines - © philippe grangeaud S. R. Je me pose parfois cette question. Jusqu’à présent, j’y ai toujours répondu positivement. C’est ce qu’on appelle la passion politique et la passion de la France. Si l’on n’est pas abattu par une épreuve, on en sort renforcé. Une polémique comme celle-là redonne de l’énergie, elle mobilise tous ceux qui me soutiennent. Mais il est vrai que la méchanceté ou la hargne laissent toujours des traces.

VSD. Mais, en ce qui vous concerne personnellement ?

S. R. Je ne veux pas parler de moi.

VSD. Que vous ont apporté ces récentes épreuves ?

S. R. J’ai acquis de la stabilité, de la confiance, de la capacité à faire la part entre l’essentiel et l’accessoire. J’ai aussi appris à négocier les coups et à les encaisser.

VSD. Qu’avez-vous découvert en vous que vous ne soupçonniez pas ?

S. R. Ma capacité de résistance. J’ai ressenti une force intérieure parce que, à un moment, j’ai eu le sentiment très aigu de porter l’histoire des autres : celle de la première femme qui va peut-être accéder à la présidence de la République. De toute façon, je ne peux ni reculer, ni flancher, ni m’agenouiller, ni avoir d’états d’âme. Il en va aussi de la rénovation du socialisme, qui doit rester une force structurante dans la politique française. La première chose à laquelle j’ai pensé lorsque j’ai été attaquée, c’est aux millions de gens qui attendent que leur vie s’améliore. Puis, à ce que les socialistes restent unis. Je me suis dit que, lorsqu’ils entendent que je n’ai pas les « qualités humaines » pour me présenter et que je suis une « candidate de seconde zone », eux aussi allaient être touchés.

VSD. Vous vous comparez à Jeanne d’Arc, vous citez les Évangiles. Pourquoi vous situez-vous sur le registre du martyr ?

S. R. Je préfère pardonner que rendre des coups bas. Je défends la laïcité et je n’ai aucune ambiguïté làdessus. Mais il existe des pensées profondes universelles et je ne vois pas au nom de quoi je vais m’interdire de les exprimer. Ça fait aussi partie de ma personnalité d’énoncer des vérités profondes. Évidemment, pour les esprits étroits et technocratiques, mieux vaudrait ne s’en tenir qu’aux propos politiciens. Il faut parfois des propos qui transcendent. On ne peut pas à la fois demander aux responsables politiques d’être de vrais chefs de file et leur reprocher de tracer des pistes originales, d’user d’expressions qui correspondent à une densité humaine.

VSD. Pensez-vous avoir un destin à accomplir ?

S. R. J’ai déjà ce destin. Donc, il a fallu que j’y croie pour assumer cette tâche malgré les embûches. Je n’ai pas surgi par hasard, comme certains voudraient le faire croire. Je pense que cet itinéraire n’est pas terminé. Si je le souhaite, si je suis bien accompagnée sur ce chemin et si cela correspond à l’intérêt du pays le moment venu.

VSD. Aujourd’hui, vous êtes aussi en phase de reconstruction personnelle. Qu’est-ce qui vous a permis de prendre un nouveau départ ?

S. R. Mes amis et mes enfants m’ont fait tenir debout et réciproquement, parce qu’ils ont souffert doublement de la défaite. Les épreuves sont derrière moi et maintenant j’ai toute ma liberté. Ayant de fortes responsabilités publiques, j’ai dû donner un certain nombre d’explications, car je ne supporte pas les mensonges.

ProPos recueillis Par M.-a. P. publiés dans VSD n°1570

par VSD M-A.P publié dans : Dans les média
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Dimanche 23 septembre 2007

Ou comment Ségolène Royal fait preuve de critiques injustes par rapport à des personnes qui ne font que lui donner des conseils désintéressés.

 

Nous le savons tous Ségolène Royal est un être abjecte, incompétent et j’en passe. Nous le savons car nous ne saurions oublier que le « Ségo Bashing » a fait florès depuis le mois de janvier 2007, moment où les médias s’emparaient de chacune de ses déclarations rebaptisées « bourdes ». Tout le monde connaît le nombre de sous-marins nucléaires d’attaque dans ce pays, ce n’est certainement pas Nicolas Sarkozy qui dira le contraire, lui qui est le nouveau dirigeant omniscient de ce pays et qui, plus viril qu’un Poutine « butant les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes », ira chercher lui-même la croissance avec ses petits bras musclés. 

Face à cet état de fait, il est compréhensible que la dame ait besoin de recevoir des leçons et cette rentrée est l’occasion de la sortie d’un nombre impressionnant de manuels scolaires d’un nouveau genre. Les professeurs sont des gens connus, le PS est plein de gens qui savent. Tous sont bien entendus désintéressés et il serait donc particulièrement malvenu de la part de leur élève d’interrompre leur monologue sans être l’incarnation féminine d’un Hérode massacrant les « saints innocents ». Et pourtant, à y regarder de plus près, l’innocence est une chose bien galvaudée de nos jours. 

Commençons par la gauche du PS avec le duo Liennemann-Mélechon. La première est une habituée du genre, ayant déjà flingué Jospin après l’élection de 2002, le second est un impétrant bien connu des plateaux de télévision surtout depuis la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen. Tous deux partagent un positionnement à gauche du Parti socialiste et reprochent à Royal sa tactique de rapprochement avec le centre au deuxième tour le l’élection présidentielle. Mourir avec ses idées est une grande chose selon eux et de toute manière l’élection fut perdue avec cette volonté de recentrage, c’est dire l’ampleur de la compromission. Malheureusement, ils oublient systématiquement quelle était la réserve de voix à gauche du PS. Au mieux, et c’est une hypothèse large, en additionnant les scores du premier tour et en comptant avec une mobilisation des abstentionnistes on aurait pu arriver à flirter avec les 40 % des voix. Autant dire que cela aurait constitué un véritable désastre électoral tel qu’on n’en avait pas à gauche depuis quarante ans. Il est évident que la chose aurait été mis au discrédit de la dame en blanc, que les mêmes auraient demandé sa tête. 

Puis, nous trouvons les représentants de ce que l’on appelle les courants, ces fameux fabiusiens (qu’il est difficile de mettre à la gauche de ce parti tant il est vrai que ce positionnement ne date que de 2004-2005 juste après que Laurent Fabius eut fini de manger ses carottes râpées), jospinistes, strauss-khaniens (ou strauss-khistes parce que c’est drôle), j’en passe et des meilleures. Tous ont leur mot à dire, tous parlent de rénovation, tous tirent à boulet rouge. Pourtant, ils ont largement oublié que le fonctionnement du PS qui a mené à la défaite électorale, on le leur doit. En effet, depuis 1988 et le 2e septennat de François Mitterrand, ils se sont livrés une guerre de succession dont l’ampleur fut mesurable au fameux congrès de Rennes resté dans les mémoires. Dans cet objectif, ils se sont livrés une guerre de position dont l’appareil du Parti socialiste était l’enjeu, appareil qu’ils ont depuis consciencieusement verrouillé. Durant toute cette période, le PS a cessé de travailler voyant certains de ces membres les plus brillants mobilisés dans cette lutte d’ambitions personnelles, ne faisant plus évoluer sa doctrine, laissant apparaître de plus en plus le décalage entre le discours politique et les actions au gouvernement. 

Pourtant les différences entre eux ne sont que sémantiques et le nombre de leurs effectifs doit plus aux relations de personnes, alimentaires, qu’aux convictions profondes qui les animent. Ils pensaient tous que le PS était sous contrôle, leur contrôle, qu’un tour de piste, un petit refrain bien connu, suffirait à se mettre les militants dans la poche. Après tout, ce sont les meilleurs autoproclamés, le nombre de personnes qu’ils sont arrivés à placer dans les diverses commissions est là pour le prouver. Une République de « chefs et de sous-chefs » comme il a déjà été écrit en ces lieux dans laquelle le changement de statut est impensable sans qu’un chef ne meure après avoir organisé sa succession. 

Hélas pour eux, il est des gens qui ne respectent rien, surtout pas les règles tacites du jeu. Ségolène Royal est de ceux-là, il convient donc de la remettre à sa place. Pour cela, tous les moyens sont bons même s’ils sont contre-productifs pour leur parti politique. Il y eut la thèse de la « créature des médias », version moderne de la créature des marais (poitevins). Pendant des semaines précédant la désignation du candidat du PS, ce fut le thème privilégié de ses adversaires. « Elle va s’effondrer », « avec les débats, vous allez voir ce que vous allez voir ». On a vu et, avec ses fameuses fiches de cuisine, l’ancienne de sciences-po et de l’ENA n’a pas eu à rougir face à ses maîtres. Pire encore, elle a remporté cette épreuve imposée par un score sans appel : plus de 60 % des voix mais aussi, et surtout, en arrivant en tête dans tous les département sauf 4. Cela sonnait comme un désaveux féroce pour le fonctionnement du PS depuis toutes ces années, faisant apparaître l’archaïsme de ce système de fidélités claniques mais que nenni, les vaincus se sont dès lors accrochés à la thèse des médias montrant ainsi le mépris total qu’ils ont pour les militants. Pour eux, l’encarté de base n’est qu’un bœuf qui ne peut réfléchir que par l’entremise de TF1. Même si pour beaucoup, ils ont vécu tous les déchirements internes des dernières décennies y compris dans leurs sections respectives, ce sont des cons qui ne sauraient à aucun moment pouvoir remettre en cause l’élite. 

Ce faisant, Ségolène Royal a commis le crime le plus grave qui soit, elle est un sous-chef qui a réussi à changer de statut sans s’être constitué une cour d’obligés. C’est la thèse de la « prise du parti par l’extérieur » qui a encore de beaux jours devant elle. 

C’est alors que se sont développées deux attitudes au sein des vaincus de novembre 2006. Alors qu’ils avaient fourni une bonne partie de l’argumentaire anti-Royal à l’UMP (incompétence, etc.), la candidate du Parti socialiste a dû composer avec : 

- ceux qui ont ressenti sa désignation comme une menace vis-à-vis du système qui leur assure une carrière politique (fabiusiens et strauss-khaniens) ;

- ceux dont sa candidature a empêché le retour en grâce (les jospinistes). 


De mémoire de militant, il faudrait remonter très loin dans le temps pour retrouver une campagne qui fut l’occasion d’autant de coups de poignard dans le dos du candidat de son propre camp. Même les présidentielles de 1995 avec la division à droite entre Chirac et Balladur ne peut soutenir la comparaison car les choses étaient plus claires avec deux candidats officiels et surtout parce que dès qu’un camp fut politiquement vaincu les hostilités cessèrent. 

Là, il n’en fut rien. Tout le monde se souvient bien évidemment des déclarations tapageuses d’un Allègre ou d’un Besson. Le premier n’a toujours pas conscience du ridicule quand il a le front de déclarer ces dernières semaines au journal de 20 heures de France 2 que « si cela avait été Jospin, le PS aurait été en meilleur état ». A-t-il oublié la douceur de vivre au petit matin du 22 avril 2002 ? Cependant, ils ne furent pas les seuls à agir, bien au contraire. Le nombre de rumeurs laissant croire à un retrait de la candidate au profit de tel ou tel pachyderme est incalculable et elles ne cessèrent de proliférer dans les médias qu’à la fin mars 2007. Ceci contribuant à parasiter l’image de la candidate au profit de ses principaux adversaires. L’attitude d’un DSK est ici assez exemplaire en ne repoussant que mollement les appels du pied d’un Bayrou, laissant courir pendant des semaines la rumeur d’une association avec le centriste. Il y a fort à parier que si ce genre de cas de figures avait été posé à Henri Emmanuelli en 1995, alors qu’il faisait parti des vaincus suite à la désignation de Jospin comme candidat du PS, on ne serait pas venu plusieurs fois lui poser la question d’un potentiel ralliement car la réponse aurait été dénuée de toute ambiguïté. 

Ils ont dès lors beau jeu de fustiger, dans leurs divers manuels de circonstance, le caractère personnel de Ségolène Royal. Quand on est soutenu comme la corde soutient le pendu, on compte ses troupes et l’on fait au mieux. 

Aujourd’hui, la défaite est consommée. Ils continuent de parler de faiblesses dans le programme alors qu’ils n’ont rien fait pendant vingt ans pour le faire évoluer, occupés qu’ils étaient avec leurs manœuvres d’appareil. Ils continuent à vouloir écarter cette personnalité qu’ils n’ont jamais considérée comme légitime car n’ayant pas d’écurie présidentielle équivalente à la leur. Tous essaient de remettre en place ce système qui a fait leur carrière, qui assure leur pitance. Certains ont quand même poussé leur logique jusqu’au bout et ont pris place à la table que leur a ouvert ce bon Nicolas Sarkozy.

Eux, qui n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger la présence de Ségolène Royal dans les médias, ne font que plastronner sur les plateaux télés, avec des phrases toutes faites sur le « logiciel socialiste », des mines de circonstances. Le spectacle continue, mais les militants ne connaissent que trop bien le tour de chant. N’ayant pas compris le rejet brutal par la base de ce système, il n’y a rien à attendre de ces gens-là en termes de rénovation. Il ne reste plus qu’à espérer que Sarkozy leur trouve une occupation, une commission quelconque qui flattera leurs ego. L’air de la rue Solférino n’en sera que plus sain.

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 14 septembre 2007

Qui a peur de la démocratie participative ?

Par Laurent Jauffret 

Dans cet article, vous trouverez, entre autres choses, une liste des défauts de la démocratie participative (DP): défauts supposés, préjugés, procès d’intentions de tous poils mais aussi inconvénients bien réels, auxquels on peut, parfois, apporter des correctifs, parfois pas. Cet inventaire n’est sans doute pas le meilleur moyen de «vendre» la démocratie participative à nos concitoyens. Il paraît à priori plus simple et logique de dresser la liste de ses qualités qui vont lui permettre de sauver notre vieux système de représentation sclérosé. Sauf que les défauts de la DP ressemblent à ceux de la démocratie et que comme disait Churchill et comme chacun sait désormais, la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres. Ne peut-on dire la même chose de la DP? Faire la liste de ses défauts, c’est aussi apprendre à faire avec ou chercher des solutions pour faire sans. Apprendre à ne garder de la démocratie participative que ce qui peut améliorer la démocratie tout court.

La démocratie participative ? non merci, tout va très bien comme ça

Ici pourrait se glisser le passage obligé sur la crise de notre système actuel de représentation. Il faudrait évoquer les notions d’abstention, de désaffection, de sous représentation, de confiscation, d’image négative, de technostructure... cette démonstration n’est sans doute pas nécessaire car chacun sent bien qu’il existe un problème. La dernière élection présidentielle a marqué cependant une sorte de renouveau démocratique. La participation a été forte, y compris chez les jeunes, les débats nourris et passionnés... Sauf que les 3 principaux candidats, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, ont chacun fait campagne sur la rupture, le changement de système, d’époque, de logiciel... L’élection suivante, celle des législatives, a montré que le phénomène de baisse continue de la participation était bien une tendance lourde et que la présidentielle était l’exception. 

Et au niveau local ?

On sait que les maires sont jugés de façon positive par les français. Quand ils disent du mal des hommes politiques, ils sous-entendent « sauf monsieur le maire bien sûr ». Donc tout va bien ? Pas si sûr. D’abord, à l’exception des grandes villes, il existe une vraie difficulté à recruter du personnel politique local. C’est une activité qui demande du temps et de l’énergie et qui apporte en retour assez peu de rétributions, symboliques ou matérielles.
Un autre problème peut être pointé : celui de la difficulté à faire vivre un débat municipal. Qui s’intéresse aux conseils municipaux ?quelle part de la population est réellement informée, impliquée dans ses discussions ? Sans parler des échelons du Conseil général ou de l’intercommunalité qui ne rencontrent qu’indifférence et incompréhension de la part de la population.
Il faut dire aussi que les sujets apparemment les plus simples, comme la propreté ou le ramassage des déchets, font en réalité appel à toutes sortes de connaissances administratives, techniques, juridiques, économiques : ils nécessitent de savoir quelle collectivité est compétente sur quelle question, comment fonctionne une délégation de service public ou un appel d’offre, quels sont les acteurs économiques du secteur : Le résultat est que, tout comme au niveau national, la technostructure gagne sans cesse du terrain. 

Injecter du sang neuf

Pour régénérer un système dont on voit les signes d’usure, pour inverser la tendance au désintérêt et au désengagement des citoyens envers la politique traditionnelle, il faut que de nouvelles couches de la population soient sollicitées, avec des moyens nouveaux et différents. Cela peut être une des justifications de la DP : la politique à l’ancienne a besoin de la DP.
L’autre bonne raison pour aller dans cette direction est la demande. Les citoyens réticents à l’engagement politique traditionnel sont néanmoins demandeurs de formes nouvelles. Le succès des conseils de quartier, mis en place dans les grandes villes lors du dernier mandat municipal en témoigne. Pour la politique nationale, le cas des forums participatifs de la campagne de Ségolène Royal a joué un rôle de révélateur. L’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir a mis la DP au second plan mais d’une façon provisoire à mon avis. L’approche des municipales va réactiver cette question. Ses partisans et ses adversaires vont se déclarer et commencer à s’empoigner. 

Élus versus démocratie participative

Il existe une vision de la DP, qui ne manque pas de logique et qui pourrait se résumer par cette évidence : si les élus représentent les citoyens, qui représentent les citoyens auxquels la DP donne la parole. Bien sûr la réponse s’impose : ils ne représentent qu’eux même.
L’arrivée de la DP dans notre système politique revient à remettre en cause de facto la légitimité des élus pour lui opposer celle de « simples citoyens » dont la légitimité est en fait beaucoup plus problématique.
Les élus sont contestés au nom de leur faible représentativité. Ce sont des hommes, plutôt âgés, issus de la fonction publique ou de profession libérale et n’appartenant pas aux « minorités visibles » de la société. La DP donne pour sa part la parole à ceux qui sont volontaires pour assister à des réunions le soir et se trouvent être le plus souvent des hommes, plutôt âgés et retraités et n’appartenant pas non plus aux « minorités visibles » de la société.
Transférer une parcelle de pouvoir des politiques vers cette population semble de nature à faire régresser la démocratie plutôt que la faire progresser. Et que dire des associations représentant toutes sortes de populations, les piétons, les automobilistes, les buveurs d’eau, etc. Les avons-nous désignés ? D’où tiennent -t-ils leurs mandats ? les tenants de la DP répondent alors : ils le tiennent des membres de leur association qui les ont désignés. Tout comme les hommes - les femmes - politiques sont désignés par les partis et leurs militants. 

Militants versus démocratie participative

Si le militantisme, le système des partis, étaient bien fait, il n’y aurait pas besoin de la participation citoyenne - si la démocratie participative était bien faite, il n’y aurait pas besoin de partis politiques.
C’est un peu une provocation, un peu une boutade, mais pas seulement. Les partis politiques sont sensés représenter la société et désigner en leur sein les candidats aux élections. Il est quasi impossible d’être élu sans être passé par eux. Toute la validité démocratique du système électif repose sur deux présupposés :
- Les partis représentent la société dans sa diversité ;
- ils ont eux même un fonctionnement démocratique.
Bien évidemment ces deux affirmations sont discutables. Si le PS devenait réellement un parti de masse, si sa sociologie correspondait à son électorat, s’il renouvelait ses modes de débats collectifs, si tous les partis politiques connaissaient aussi de telles évolutions... Alors la DP serait inutile.
Si la DP n’avait les inconvénients que j’ai cités précédemment (et ce n’est pas fini), alors les partis seraient inutiles.
En attendant ce grand soir de la démocratie, mieux vaut tacher de fonctionner avec les partis ET la démocratie participative. 

Qui décide quoi ?

Tant que la DP se réduira à des réunions de quartiers, tant que ne participeront que « ceux qui ont le temps » ou « qui habitent à côté », sans autre forme de légitimité, il me semble déraisonnable de lui donner un rôle autre que consultatif ou marginal. Les citoyens concernés par un projet peuvent trouver de l’information, se faire une opinion et la faire connaître. Ce n’est déjà pas si mal. Cette opinion peut (et doit) intéresser l’élu mais ne doit pas s’imposer à lui. Il doit pouvoir prendre sa décision, ses responsabilités en fonction de ses convictions et de ce qu’il pense être l’état de l’opinion.
L’inconvénient de cette conception est que la DP peut se transformer en outil de communication, et même diront certains, en outil de manipulation. C’est un risque à garder présent à l’esprit. 

L’épouvantail du jury populaire

Pour faire correspondre une assemblée de citoyens à la population, une méthode existe depuis fort longtemps (les fameux grecs) : le tirage au sort. L’idée a même été agitée par Ségolène Royal pendant la campagne (je l’avais commenté dans ce billet). Les arguments invoqués précédemment sur le défaut de représentativité ou de légitimité tombent.
En revanche, bien que représentatif et légitime, le jury populaire tiré au sort se voit soupçonné 1/de faire doublon avec les élus 2/d’être incompétent. Une réponse sur le premier point avait été donnée par Ségolène Royal : charger ces jurys de l’évaluation des politiques publiques. Celle-ci n’existe pas vraiment dans notre pays et la confier à des citoyens ne prive personne de son job. Mais seront-ils qualifiés pour le poste ? Le deuxième argument, celui de l’incompétence, parait plus difficile à écarter. Sauf à rendre les gens compétents avant de leur demander leur avis. N’est-ce pas le rôle d’une démocratie que de former ses citoyens ? 

La république des sondages ?

De simples citoyens ont la parole tous les jours sur toutes sortes de matières via les sondages. Ils expriment une opinion spontanée sur un sujet auquel ils n’ont pas réfléchi et ces sondages là, guident ensuite l’action publique. Gouverner avec les sondages, c’est par définition gouverner avec un point de vue non éclairé. Pour que la DP évite ce travers, les citoyens doivent délibérer et non répondre par oui ou par non à un enquêteur. Cela implique au préalable d’avoir été formé et informé, de préférence par des experts impartiaux, désignés par les jurés eux-mêmes ou par une autorité indépendante. Tout cela paraît bien compliqué mais est déjà en œuvre en Allemagne par exemple. 

Et au niveau local ?

Quand un équipement concernant un vaste territoire (une ligne de chemin de fer, un contournement routier, un stade, etc.) est soumis à la concertation, les participants sont pour la plupart des riverains du projet, c’est-à-dire ceux qui vont en connaitre les désagréments et qui sont les seuls à s’exprimer. Les autres, bénéficiaires de l’équipement, ne se dérangent pas pour dire ce qu’ils en pensent.
Un jury tiré au sort ne présenterait pas les mêmes inconvénients. Ce jury pourrait-il avoir le dernier mot ? Personne n’y est prêt pour le moment mais cela peut constituer un jour une alternative au référendum. 

Vers une campagne participative ?

Le dirigeant qui n’écoute que ses convictions est un doctrinaire, celui qui n’écoute que les enquêtes d’opinion est un démagogue, les autres sont des hommes ou des femmes politiques.
Par excellence, une campagne électorale doit être un moment de rencontre entre le pays et ses dirigeants et donc comporter des moments d’écoute. Cette écoute doit enrichir les propositions soumises aux électeurs.
Une campagne électorale aujourd’hui ne peut donc s’abstraire d’un dispositif participatif. Les outils technologiques sur le web (voir l’exemple du site de
Bertrand Delanoë) peuvent se révéler précieux tout comme les forums et cafés politiques. Les conversations sur le marché, au comptoir du commerce ou dans les cages d’escalier ont également leur place.
Pour une démocratie vivante, faisons flèche de tous bois. 

Lire et commenter l'article en ligne sur Agoravox.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Rénovation de la Gauche communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 14 septembre 2007


"La gauche est la force de ceux qui sont sans force, la voix de ceux qui sont sans voix."

C'est la première phrase du tout récent manifeste proposé par le groupe de réflexion "Les Gracques". Nous avons en son temps un peu brocardé ce groupe d'énarques ou assimilés pour des prises de position assez "donneuses de leçons". Aujourd'hui, changement de régime avec plusieurs communications:

Sans doute touchés par les procès d'intention faits après leurs premières prises de position, la tonalité de ce manifeste est clairement à gauche. Les têtes de chapitre:

  • Une société plus juste
  • Une politique plus vraie
  • 15 valeurs pour agir
    1-La gauche moderne est
    démocrate
    2-La gauche moderne est
    libérale
    3-La gauche moderne est
    intégratrice
    4-La gauche moderne est
    travailliste
    5-La gauche moderne est
    régulatrice
    6-La gauche moderne est
    redistributrice
    7- La gauche moderne est
    progressiste
    8-La gauche moderne est
    le parti de l’éducation
    9-La gauche moderne est
    pour le droit à la sûreté
    10-La gauche moderne est
    écologiste
    11-La gauche moderne est
    européenne
    12-La gauche moderne est
    internationaliste
    13-La gauche moderne est
    morale
    14-La gauche moderne est 
    réaliste
    15-La gauche moderne est transformatrice

et le paragraphe de conclusion du manifeste:

Liberté, égalité, fraternité : il y a un pacte séculaire entre l’exemplarité de la France et le progrès du monde, et c’est à la gauche qu’il est revenu de le nouer. Reprenons l’initiative pour défendre une société ouverte, conforme à notre  idéal de justice et de progrès.

Lire le MANIFESTE POUR UNE GAUCHE MODERNE

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Rénovation de la Gauche
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Jeudi 13 septembre 2007

Désirs d'avenir 60 mène actuellement une enquête auprès de ses contacts réguliers sur le thème
"Y-a-t'il un avenir à Désirs d'avenir ?".

Force est de constater que les réponses sont riches et contrastées. Nous reviendrons dans quelques temps sur le côté statistique de la consultation, aujourd'hui intéressons-nous aux avis et commentaires.
Les limites de l'enquête: Ce n'est pas un sondage mais une consultation faite par internet auprès des contacts réguliers de Désirs d'avenir 60 durant la campagne présidentielle. Notons un rapport inverse entre ... ceux qui étaient sur les photos pendant la campagne présidentielle et ceux qui répondent à l'enquête.

Les "contre"

Arrêtez de faire le travail de la droite, c'est à dire créer des dissensions au sein des sympathisants. Et choisissez des gens intègres qui respectent les militants de base, et évitez de vous plaindre de la non mobilisation quand des gens nous prennent de haut voilà ce qui arrive! 

Ségo a montré ses limites ainsi que sa démarche. 

Ayant participé aux différents forums de désir d'avenir, les réponses que j'attendais et les propositions de ségolène n'ont pas été à la hauteur, j'étais sur le terrain pour défendre ségolène, mais chaque jour c'était de plus en plus dur de défendre la cause du PS ! car il y avait de l'acharnement ! je vais surement rendre ma carte car tous les cadres du PS m'ont déçu au plus aux points ! je suis un français moyen, je ne supporte pas la droite de sarko, mais encore moins les querelles internes au ps, déjà entre secrétaires de section de village voisin, on se tire dessus !!! comment voulez vous que cela fonctionne au ps ? si vous avez le malheur de donner votre tendance (jospiniste, ségolèniste, ....) on vous catalogue et l'on vous fait la peau au sein même du parti ? trouvez vous cela normale ? nous sommes plusieurs nouveaux adhérents a l'avoir vécu et on trouve cela déplorable. je ne vois pas comment le ps va remonter dans la côte des français moyens ? je suis socialiste et je le resterai, de la manière dans je l'entend, du social !!! arrêtons les augmentations qui nous assassinent à petit feux ! (immobilité, consommation, chauffage etc etc etc.....) aidons les gens a trouvez du travail, mais pas a travailler plus comme la si bien dit sarko (ségolène l'a très bien dit par contre) merci. 

Les "pour"

une plate-forme pour élaborer un programme politique ambitieux

le renouveau du PS

rénover et moderniser la gauche (et pas seulement le PS)

pour montrer qu'il y a toujours une force militante dans nos régions

C'est un lieu de réflexion et d'actions "indépendant" où peuvent se retrouver des membres et des non-membres du PS 

il faut changer les "têtes pensantes" qui pensent mal il faut des nouveaux et nouvelles à la tête de ce Parti

pour peser de plus en plus sur le p s

Mais cela devrait plutôt être un centre de débats à gauche

A l'heure actuelle malheureusement le parti socialiste ne répond pas en tout cas dans l'oise a cette possibilité de débat.

La refondation du PS est indispensable

Espace de débats

ENFIN ON A UN LIEU OU ON PEUT S'EXPRIMER LIBREMENT SANS ETRE TAXE DE TEL OU TEL ATTRIBUT

C'est un lieu de débat, de propositions où se côtoient sympathisants et militants socialistes, où la société civile et le milieu associatif sont représentés et peuvent s'exprimer au service d'une société plus juste, plus solidaire, plus humaine mais avec pragmatisme et avec des propositions concrètes

Desir d'avenir c'est un peu des 4 propositions son rôle est primordial dans la rénovation et l'évolution du ps

aujourd'hui plus qu'hier il est indispensable qu'un courant comme celui qui c'est déclaré lors des élections présidentielles continu le peuple de gauche y avait trouvé un sens. Et surtout après tant de défection des barons il est temps de créer un nouvel élan, la France en a grand besoin.

la redéfinition du rôle du PS et de son corpus idéologique ont besoin de cet aiguillon que doit devenir DA

POUR PRESERVER L'AVENIR

Parce qu'il me semble que ce mouvement est plus à l'écoute des militants que la hiérarchie du PS

Après un tel bouillonnement d'idées, dont l'utopie n'était pas exclue, faudrait il laisser tomber les millions de personnes qui ont soutenu cette démarche?

Je ne veux pas être catalogué dans un courant ou dans un autre, c'est ce type d'approche qui détruit le parti socialiste et qui a détruit la SFIO. Il faut changer les habitudes. La démocratie participative ne veut pas dire qu'il faille écouter tout le monde. Il faut avoir des idéaux et les faire partager au plus grands nombre même si c'est long et même si on n'est pas élu pour cela la première fois... Courage et à bientôt

je souhaite m’impliquer davantage dans le débat d’idées et réfléchir à la construction d'un projet politique

Il est clair que l'image donnée actuellement par le PS, et même avec les vacheries de Sarko ,nous sommes partis pour dix ans de droite, et Ségo continuera à prendre des coups de tous les cotés. Soyons inventifs et défendons encore plus nos valeurs d'égalité, de laïcité, exigeons l'application réelle du non cumul des mandats , etc...

Bon courage!

Lorsque la consultation sera close, nous vous donnerons les données chiffrées sur les différentes réponses. N'hésitez pas d'ici là à faire part de vos commentaires.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Vie Désirs d'avenir 60
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Vendredi 7 septembre 2007

Michel Françaix, député socialiste de l'Oise, nous livre sur son blog (http://www.michelfrancaix2007.fr) un billet qu'il nous autorise à partager avec vous.

Aller vers l'idéal en tenant compte du réel !

 

Voici quelques réflexions que m'ont inspirées ces trois jours à la Rochelle aux Universités d'été du Parti Socialiste. La prochaine fois, je vous parlerai du PS, de son avenir, de son passé, de ses erreurs, de ses mammouths et du reste.

En réfléchissant aux dernières élections, et aux cent jours de Sarkozy, il me semble que les Français n'ont pas renoncé à leurs idéaux mais qu'ils ont été convaincus qu'ils étaient quasiment impossibles de les réaliser.

L'erreur des socialistes a été de ne pas arriver à faire admettre que plus de justice sociale et plus d'humanité était possible ! L'habileté de Sarkozy a été de convaincre qu'il fallait renoncer à ses idéaux et entreprendre une politique cruelle et injuste, la seule réalisable selon lui ! Si vous demandez aux Français, êtes vous pour la diminution des fonctionnaires, pour la TVA sociale ? Pour la franchise médicale ? Ils vous répondent : Non, mais peut on faire autrement ?

Et bien moi je réponds oui on peut faire autrement ! Non l'alternative n'est pas entre un réalisme sans socialisme ou un socialisme sans réalisme ! On peut être socialiste et réaliste et ça, nous avons cinq ans pour le prouver !

Pour revenir sur les universités d'été du Parti Socialiste à La Rochelle, qui ont copieusement alimenté l'actualité politique du week-end dernier, et c'est bien, vous trouverez de nombreux comptes-rendus des travaux sur le site: http://rochelle2007.parti-socialiste.fr.

Autre évocation de ces universités d'été par Ségolène Royal dans sa toute récente interview à Paris-Match:

Voulez-vous dire que vous avez eu raison trop tôt

Les procès en hérésie qui m'ont été faits en pleine campagne nous ont coûté combien de millions de voix ? A l'université d'été du Parti socialiste, j'ai entendu non sans stupéfaction parler d'ordre juste, d'autorité bien comprise, de la nation, des sécurités dues à tous, de la valeur travail, de l'aspiration légitime à la réussite individuelle, du refus de l'assistanat et du besoin d'agilité des entreprises : l'hérésie d'hier devient le moteur de la rénovation et la doctrine de demain ! Je ne vais pas m'en plaindre. Ce sont ces thèmes-là, aussi, qui ont fait le succès de la droite. Ce ne sont pas des thèmes de droite, ce sont des préoccupations des Français auxquelles nous devons apporter nos réponses. Ce qui a fait le succès de la droite, c'est l'impression de cohérence idéologique et de discipline organisationnelle. Avec un temps long de préparation, des relais puissants et les moyens de l'Etat mobilisés pendant cinq ans. Ce qui n'empêche pas, aujourd'hui, Nicolas Sarkozy de virer de bord sur des sujets où il a combattu mes positions.
....

Retrouvez l'intégralité de l'interview sur Paris d'Avenir. Et visionnez le reportage Paris-Match "J'ai cicatrisé ma blessure" où l'on peut apercevoir Gilles Seguin à La Rochelle.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 6 septembre 2007

Fouras est le rendez-vous annuel d'été de "Rénovez Maintenant". Plusieurs participants Désirs d'avenir de Picardie étaient à Fouras 2007. Certains, habitués du rendez-vous annuel, d'autres, en curieux des pistes ouvertes par les ateliers.

Nous vous proposons un extrait du discours de clôture de cette édition 2007 prononcé par Arnaud Montebourg et intitulé:
 "
Se mettre à l'écoute et à la recherch