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Dimanche 22 juillet 2007

Nous en parlions depuis quelques semaines et toute la ségosphère bruissait de bruits, d'infos partielles et d'initiative diverses. Cette fois-ci c'est officiel, c'est concret: 

le 25 Août, pour nous c'est MELLE

Chers responsables et amis des comités Désirs d'Avenir,

J'organise avec la fédération PS des Deux-Sèvres et sa première secrétaire Françoise Billy, 

une Fête de la Rose 
le samedi 25 août
prochain 
à Melle


Je souhaite vous y inviter afin que cette fête soit l'occasion d'un
rassemblement amical pour les socialistes, les sympathisants, nos amis de la gauche, et bien sûr Désirs d'Avenir.

Au programme, sont prévus, outre la partie politique, un grand pique-nique, un marché de produits locaux et des concerts.

Sur le plan pratique, cette fête commencera à midi pour se terminer dans la fin de l'après-midi. 

Des navettes en car seront organisées au départ de la gare TGV de Poitiers toute la matinée jusqu'à 14 heures, puis pour le retour. 

Si vous venez de trop loin pour faire l'aller-retour dans la journée, n'hésitez pas à profiter des hébergements disponibles dans le beau département des Deux-Sèvres. Nous vous conseillons d’apporter votre pique-nique ou de profiter des stands et buvettes qui seront ouverts sur place.

Pour tous renseignements (hébergement, transports) vous pouvez consulter la page internet :
http://melle2007.over-blog.com

Pour les éventuelles questions, nous avons mis en place un e-mail spécial : melle250807@gmail.com

Lors de cette journée, un accueil spécifique pour tous les responsables de comités Désirs d'Avenir sera prévu.

Je vous demande de diffuser cette invitation à vos fichiers.

Je serai très heureuse de vous retrouver à cette occasion.

Amitiés à toutes et à tous,


 

 

 

Sympathisants, participants et adhérents de l'Oise, pour vos commentaires, vos offres et demandes de covoiturage ou d'hébergement: le 25 Août, fête de la rose à MELLE avec Ségolène Royal 

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Désirs d'avenir national
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Dimanche 22 juillet 2007

NON, la politique n'est pas en vacances mais avec le mois d'aôut, 
il faut aussi penser à ceux qui ne partent pas loin de notre chère Picardie.

Désirs d'Avenir 80
 
Désirs d'Avenir 60 
et naturellement nos amis de l'Aisne

invitent tous les sympathisants, les participants et les adhérents 
-
à vos frais


à 
célébrer le 4 août 
et la fin des privilèges
 

lors d'un 

"PIC NIC" DESIRS D'AVENIR PICARDIE

samedi 4 août 2007
à 
LE CROTOY 
Baie de Somme

Grande Plage du Crotoy
devant la cabine de plage N°45

Cliquez pour voir le plan

début des hostilités à 
12 H 00 très précises

Organisation ultra simplifiée et conviviale

Chacun(e) amène son propre panier (rempli)
et son liquide (voir ses liquides) 
et ses instruments 
(couteaux, fourchettes, assiettes, table, nappe vichy, en fonction des goûts de chacun...)
 
Aucun frais supplémentaire. 

On sera à la mer....sur le littoral picard

Chacun prévoit son sac poubelle et le ramène avec lui. 

Eventuellement des échanges ou troc de bouffe ou de liquide peuvent s'envisager.

Et il en est de même pour les idées politiques, pour les échanges,
sous réserve de l'alcotest
 
Naturellement les enfants peuvent aussi venir
mais le troc d'enfants sera totalement interdit !


Il n'y aura pas de table d'honneur ni de sièges réservés au premier rang gardés par des vigiles (eh oui ces pratiques existent encore aujourd'hui même dans un parti socialiste et c'est peut-être aussi cela, la rénovation, dont "ils parlent")

Donc vraiment un pique-nique convivial entre amis.

Egaux en droits et en devoirs


Pour des 
raisons de logistique
prière de nous informer 
jusqu'au dernier moment inclus

avec un simple commentaire ici même sur notre site ou, pour les participants et adhérents inscrits, sur notre Espace de débats DA60: 5 Août - Rencontre Pic Nic régionale
qui ? d'où ? Combien de personnes ? adresse mail ?


N'hésitez pas à organiser le co-voiturage... 

On pourra , à cette occasion, mettre une tête sur un pseudo ou sur une adresse mail
enfin !

Si vous avez des questions, nous avons les réponses.
Si vous avez des réponses, nous avons les questions
.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Les comités 60
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Jeudi 19 juillet 2007

19/07/2007

Gaëtan Gorce : «Nous demandons un cessez-le-feu entre les présidentiables»

Recueilli par Mathieu CASTAGNET

Chef de file des députés socialistes désireux de lancer la rénovation du parti, Gaëtan Gorce se défend de faire le jeu de Ségolène Royal

Quelle est l’ambition de la réunion que vous organisez avec une quinzaine d’autres jeunes cadres du PS, aujourd’hui à Évry ?

- Gaëtan Gorce : Notre point commun n’est ni l’âge, ni l’envie d’opposer une génération à une autre. Nous partageons en revanche l’idée qu’un cycle vient de s’achever, plongeant le PS dans une triple crise.

Crise des idées, d’abord, puisque notre projet n’est plus adapté aux attentes de la société. Crise de direction, avec le système des « éléphants » ne produisant que du blocage collectif et du conflit personnel. Crise des alliances, enfin. Le PS s’est construit sur une stratégie d’union de la gauche mais il occupe désormais à lui seul l’essentiel de cet espace et il faudra bien en tirer des conséquences.

Avec 300 000 militants, des dizaines de milliers d’élus, le PS devrait être capable de sentir le pouls de la société…

Le PS a gaspillé toute son énergie dans les querelles de présidentiables, cessant de réfléchir sérieusement à la situation économique, politique et sociale. Nous sommes passés totalement à côté de la montée de l’individualisation, des nouvelles préoccupations comme la revendication d’ordre et d’autorité ou de la mise en cause du système de solidarité collective. Sur tous ces sujets, il est devenu vital et urgent de trouver des réponses de gauche.

Au PS, certains craignent que la rénovation cache surtout un virage à droite.

C’est une vision absurde de ceux qui regardent la société d’aujourd’hui avec les yeux d’hier, nourrissant la nostalgie d’un monde où la mondialisation ne jouait pas, où l’emploi était mieux garanti, essentiellement dans les grandes entreprises.

Prenons l’exemple de la fiscalité, qui est pour les socialistes le moyen de financer la justice sociale. On ne mesure pas celle-ci au poids des impôts, au volume des dépenses publiques mais à leur efficacité au regard des objectifs fixés. Dire cela, ce n’est pas droitiser le parti, c’est simplement regarder la réalité en face.

Je n’imagine pas que la gauche puisse de nouveau convaincre avec un discours exclusivement nostalgique, de résistance au changement.

Que répondez-vous à ceux qui voient votre démarche comme un rassemblement d’ambitieux ou vous soupçonnent de rouler pour Ségolène Royal ?

Que nos grands dirigeants et leurs petits amis cessent de nous prêter leurs propres travers ! Il ne s’agit nullement de préparer le retour de telle personnalité ou la prise de pouvoir de telle autre. Nous voulons créer un espace de débat qui ne soit pas systématiquement instrumentalisé par les arrière-pensées.

Aujourd’hui, par exemple, il est presque impossible de parler de notre défaite présidentielle. Si on met en cause la candidate, alors tout le monde en profite pour dire qu’elle est critiquée même par ceux qui l’ont soutenue.

Si on n’en parle pas, alors on nous reproche de ne pas faire d’autocritique sérieuse. Nous voulons sortir de ces luttes convenues d’avance et c’est pourquoi notre initiative réunit des gens qui ont soutenu Ségolène Royal très tôt et d’autres qui ont défendu d’autres choix.

Pensez-vous vraiment pouvoir déconnecter le débat de fond de la question du leadership, et notamment de la place de Ségolène Royal ?

Chez nos voisins européens, la rénovation des partis de gauche est effectivement souvent passée par l’émergence d’une nouvelle personnalité. Chez nous, cela semble plus délicat : certains pensent que Ségolène Royal serait bien dans ce rôle ; d’autres ont un avis très différent.

Aussi, si nous repartons sur la question de la direction du PS, puis du candidat pour 2012, nous ne ferons qu’attiser ces divergences. C’est pourquoi nous proposons une autre démarche. Nous demandons un cessez-le-feu entre les présidentiables.

Ouvrons une période transitoire entièrement vouée aux débats collectifs, à la refonte de nos idées, de nos statuts, et reportons à plus tard la question du leadership.

Source: la-Croix.com.


Au Parti socialiste, la rénovation n'ira pas sans crispation

par Mathieu CASTAGNET - 19/07/2007

Sonné par ses défaites, le PS affiche une volonté de transformation en profondeur. Un processus qui nécessitera des remises en cause douloureuses

Vive la rénovation. Depuis la défaite présidentielle, le mot d’ordre s’est répandu au PS comme une traînée de poudre. Rue de Solférino, parmi les cadres et les dirigeants, chacun assure qu’il est urgent de faire enfin le travail de fond qui a manqué depuis des années. Même si personne ne voit encore précisément où cette réflexion pourrait mener.

Sur le constat, la plupart des socialistes eux-mêmes ont la dent dure. Laurent Baumel, secrétaire national aux études du parti, dresse ainsi un bilan sans concession :

« La dernière fois que nous avons vraiment pensé notre rapport à la société, c’est dans les années 1970, dans le cadre du processus d’Épinay. Notre doctrine s’est ensuite fracassée sur notre expérience du pouvoir et le monde lui-même s’est transformé. La mondialisation, la fragmentation des classes sociales, le défi écologique… tout cela nécessite que l’on transforme profondément notre offre politique. Or on n’a pas bougé depuis au moins dix ans. »

La machine à inventer s’est grippée

Après la défaite présidentielle de 1995, « le parti avait tout de même su trouver des mesures fortes sur le problème dominant du moment : l’emploi », poursuit Laurent Baumel. Ce furent les emplois jeunes et les 35 heures, qui servirent de socle à la politique de Lionel Jospin.

Une fois ceux-ci mis en œuvre, la machine à inventer s’est grippée. À partir de 2000, le gouvernement de la gauche plurielle a en vain cherché un second souffle. Et depuis sa défaite de 2002, le PS n’a plus produit de mesures aussi clairement identifiables, capables de rassembler son électorat. Ni sur l’emploi, ni sur d’autres thématiques émergentes, comme la sécurité.

Pour Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, la rénovation du PS passe donc par l’invention de nouvelles réponses à ces problématiques. « Nicolas Sarkozy est parvenu à cimenter largement l’électorat de toutes les droites en misant sur le travail ou l’autorité », analyse-t-il.

Le PS, lui, « n’a jamais réussi à trouver une façon de rapprocher la partie de son électorat qui regarde vers Besancenot et celle qui lorgne vers Bayrou ».

Des valeurs qui ont radicalement changé

La tâche du PS s’annonce ardue pour reconquérir le terrain perdu. Car les valeurs de son électorat ont radicalement changé, prévient Jérôme Fourquet : « Plus de 40 % des sympathisants socialistes sont pour limiter le droit de grève, 45 % estiment que les chômeurs pourraient retrouver du travail s’ils le voulaient, une forte minorité pense qu’il y a trop d’immigrés. On est loin de l’ambiance qui régnait au temps du lancement de SOS Racisme.»

Face à ces attentes composites, le PS estime très majoritairement qu’il ne peut rester campé sur ses fondamentaux traditionnels.

« Le parti ne s’en sortira pas en proclamant en boucle : égalité, service public, antilibéralisme », met en garde Gérard Grunberg, directeur scientifique de Sciences-Po. Pour ce politologue, spécialiste du PS, le parti va devoir se poser des questions dérangeantes. « Pourquoi le PS, en se réclamant de la défense des exclus, a-t-il perdu la confiance des couches populaires ? Comment construire une doctrine économique qui ne se résume pas à dire : la mondialisation c’est affreux ? », interroge-t-il.

Sur les traces des autres partis démocrates européens

Et ce questionnement sur le fond trouve aussi des échos en matière de stratégie : « La majorité des dirigeants du PS et des militants savent évidemment qu’il n’est pas plus monstrueux de s’allier avec le MoDem qu’avec le Parti communiste. Il va maintenant falloir qu’ils l’assument », poursuit Gérard Grunberg.

Pour beaucoup d’observateurs, la transformation du PS devrait ainsi le conduire à mettre ses pas dans les traces des autres partis démocrates européens. Mais ce mouvement suscite des oppositions, des crispations. Jacques Généreux, économiste membre de l’aile gauche du PS, refuse l’idée même de «rénovation», qu’il dénonce comme un « coup de communication» visant au mieux « à remplacer les vieux éléphants par de jeunes lions ambitieux », mais conduisant, au pire, « au reniement ».

« Si le PS a perdu le combat idéologique, assure-t-il, ce n’est pas parce que la société se serait droitisée et que nos réponses ne seraient plus adaptées. La vérité c’est qu’on a perdu le combat parce qu’on a refusé de le mener sur nos valeurs et qu’on a, au contraire, validé l’idéologie de la droite. Oui à la renaissance, non à cette rénovation. »

Pris en tenaille depuis des lustres entre «modernistes» et «orthodoxes», le PS a longtemps préféré camoufler toutes ses discordes (sur la sécurité, la retraite, l’immigration, la fiscalité…) sous le tapis de larges synthèses ne fâchant personne. Pourtant, assure Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques à Lille, la peur de la scission se révèle un faux alibi : «Sur le fond, les clivages étaient bien plus importants au sein du PS dans les années 1970 qu’ils ne le sont maintenant. Et puis on voit qu’aux côtés de Ségolène Royal, par exemple, se retrouvent des gens qui ont fréquenté tous les courants, y compris les plus à gauche du parti.»

Jeu de rôles

Plus qu’un grand écart idéologique, ce sont d’autres écueils qui freineraient la rénovation. Pour Laurent Baumel, proche de Dominique Strauss-Kahn, cette frilosité du PS à trancher les questions pendantes serait due « au jeu de rôles entre présidentiables », toujours soucieux de ne pas laisser un concurrent marquer un point, imposer une idée.

En plus de ces rivalités anesthésiantes, le PS doit composer avec des contraintes spécifiques à l’histoire politique française. «Les travaillistes britanniques n’avaient pas à craindre une extrême gauche qui est capable de faire 12 % ou un parti Vert organisé. Le PS, si. Et cela rend les évolutions non pas moins nécessaires, mais plus périlleuses», souligne Frédéric Sawicki.

Malgré ces dangers, la plupart des dirigeants socialistes assurent que l’immobilisme n’est plus tenable. Même si, pour le moment, la rénovation reste surtout de l’ordre de la proclamation. « On avait déjà entendu à peu près les mêmes grandes déclarations après la défaite de 1995 et surtout de 2002. Sans que rien ne vienne changer les habitudes », met en garde Gérard Grunberg.

La différence, cette fois, c’est qu’après trois défaites présidentielles successives et deux échecs législatifs consécutifs, le PS doit en plus s’adapter au nouveau rythme impulsé par Nicolas Sarkozy.

Face à l’activisme du chef de l’État, l’immobilisme du parti deviendrait aussi criant que dangereux. « Durant la séquence électorale, 33 % des sondés se disaient proches du PS, note Jérôme Fourquet de l’Ifop. Ils ne sont plus que 24 % dans nos dernières enquêtes. Cela prouve que la situation actuelle dans le parti est sévèrement jugée par l’opinion. » Vive la rénovation !

Source: la-Croix.com.

par la-Croix.com publié dans : Parti Socialiste
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Jeudi 19 juillet 2007

L'EXPRESS.fr du 19/07/2007
Arnaud Montebourg

"Le PS doit récrire toutes les règles du jeu"
Propos recueillis par Élise Karlin et Éric Mandonnet

La rénovation du PS, il y a longtemps qu'Arnaud Montebourg en a pris le chemin. Jamais au côté de François Hollande, dont le député de Saône-et-Loire juge sévèrement l'« immobilisme ». Minoritaire au sein de son camp toutes ces dernières années, il a finalement rallié Ségolène Royal, dont il fut l'un des porte-parole pendant la campagne présidentielle et dont il salue encore les avancées. Devenu n° 2 du groupe socialiste à l'Assemblée, Montebourg apprécie que les élus puissent y élaborer des « contre-propositions » politiques, afin d'armer le PS pour affronter la droite. Car, selon lui, il ne faudra pas six mois avant que retentissent les premiers échecs de Nicolas Sarkozy. Le voici déjà qui critique le projet de révision constitutionnelle du président de la République...


Arnaud Montebourg à Dijon le 7 Mars 2007
On reconnaît également Michel Françaix, Abdel Mokhtari, Sylvie Houssin

L'an passé, lors de la Fête de la rose, à Frangy-en-Bresse, vous aviez invité Ségolène Royal. Quand vous songez à l'année écoulée, quelle impression prédomine ?

Malgré une sévère défaite, Ségolène Royal a réussi à faire bouger le PS par l'extérieur, là où nous, les rénovateurs de l'intérieur, avions échoué : faire entrer dans le projet des socialistes des questions que le parti esquivait, telles que l'autorité républicaine, la reconstruction de la puissance politique face à la toute-puissance des marchés, le projet de VIe République, la conversion à la lutte contre la crise climatique, la réconciliation avec l'entreprise comme lieu de production de richesse et de fabrication négociée du contrat social. Voilà des pas de géant par rapport à l'immobilisme des dernières années ! Malgré ces avancées, l'impréparation politique et les divisions de la gauche ont contribué à la défaite. Les querelles d'écuries, de chapelles et de clans l'ont emporté sur le travail collectif et le désir commun de vaincre.

Quelle part de responsabilité porte Ségolène Royal dans cet échec ?

Les responsabilités sont partagées. Elle n'a pas su, ou pas pu, rassembler toutes les forces du parti, ni su ni pu être prête, comme le parti lui-même. Cela pose le problème des divisions internes, même si elles appartiennent à une histoire qui nous est de plus en plus étrangère.

Comment réagir ?

Nous nous retrouvons dans la situation de 2002, comme un désagréable retour à la case départ. Aucune des raisons de la défaite d'alors n'a été sérieusement analysée, il n'y a pas eu d'inventaire, l'ombre portée de Lionel Jospin pendant toutes ces années n'a pas permis de mesurer à quel point l'offre politique de la gauche s'était figée. Le risque existe que tout recommence comme en 2002, mais tout doit être fait pour interdire au PS de redevenir la SFIO, puissante dans certains fiefs locaux et durablement absente du pouvoir national.

Faut-il une clarification idéologique, au risque de la scission ?

Le niveau d'exigence dans la rénovation après cette troisième défaite exclut toute division. Nous avons le devoir de ne pas nous diviser, tout en organisant notre propre mutation. Si quelqu'un avait l'idée saugrenue d'une scission, nous donnerions un avantage politique décisif à Nicolas Sarkozy pour les dix années à venir.

Le PS a-t-il vécu ?

L'idéal socialiste demeure, mais le système des motions et des contributions du parti d'Epinay a vécu ! On se jette des désaccords à la figure pendant plusieurs mois, pour ensuite faire des synthèses artificielles en quelques heures. C'est incompatible avec le bon fonctionnement d'un grand parti de gauche, qui a le devoir de rechercher les points d'accord, de les mettre en valeur, pour réduire ensuite à leur juste expression les points de désaccord et les trancher. Le PS ne peut pas rester un parti d'opposants et de protestation, il doit être un parti de contre-propositions, de préparation de l'alternance. Nous devons inventer un système d'écoute de la société en utilisant ses 300 000 adhérents et ses 50 000 élus, qui ne parviennent pas à se faire entendre de l'appareil central. Il faut récrire toutes les règles du jeu, y compris en ouvrant les primaires à l'ensemble des électeurs de gauche - à l'italienne - pour désigner notre candidat en 2012.

Est-ce l'état du parti qui l'a mis à la merci de Nicolas Sarkozy ?

La gauche et le PS paient très cher la facture de l'immobilisme. A ne vouloir rien changer, à espérer que les alternances viendraient automatiquement, comme si la paresse pouvait être payée en retour, à trop sous-estimer l'adversaire, nous nous sommes condamnés à rester minoritaires. J'ai beaucoup médité sur ma part de responsabilité dans l'histoire de la rénovation engagée au PS depuis 2002. Nous avons isolé, par nos comportements, les thèmes de la rénovation, et nous avons ainsi autorisé la vieille maison, dirigée par François Hollande, à nous diaboliser. Une famille où la transmission ne se fait pas vers les nouvelles générations, où l'on persécute sa jeunesse, même turbulente, c'est une famille qui a décidé de vieillir - peut-être de s'éteindre - sans se renouveler. C'est ce qui est arrivé ces dernières années. Nous avons pris le mauvais chemin pour nous faire entendre de nos aînés. Pour sauver le Parti socialiste, il faudra s'y prendre autrement.

Jean-Marc Ayrault toujours président du groupe à l'Assemblée, François Hollande premier secrétaire : la rénovation paraît mal engagée...

Il est évident que les premiers signes envoyés ne sont pas très positifs, alors que tous les partis sociaux-démocrates européens changent immédiatement les équipes dirigeantes après une défaite. Le risque d'une stratégie de la lenteur est très lourd. Aujourd'hui, c'est malheureusement le scénario de 2002 qui est à nouveau en marche. Avec une lueur d'espoir : le groupe socialiste à l'Assemblée est devenu un lieu de fabrication de contre-propositions politiques, sur tous les sujets esquivés par le parti ces dernières années - santé, retraites, éducation, immigration, mondialisation, industrie...

Quels sont vos rapports avec François Hollande ?

C'est le premier secrétaire. Il l'est jusqu'à l'an prochain.

A quoi doit ressembler son successeur ?

A quelqu'un capable de trancher, prenant des risques, préférant l'ouverture du parti à son repli et le remettant au travail collectif. Donc réellement différent.

Comment comptez-vous participer à la réforme institutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy, alors qu'elle s'inscrit clairement dans le cadre de la Ve République ?

Considérer la Ve République comme un objet de culte est un contresens sur la désagrégation du système politique à la française. Pourquoi la Ve République a-t-elle perdu autant de soutiens dans la société ? Elle produit de l'enfermement, de l'isolement et de l'autoritarisme. Or il ne faut jamais confondre un pouvoir fort, capable de prendre des décisions et de réformer, avec un système autoritaire, incapable de discuter avec la société et de l'emmener vers son destin. Lors de la dernière élection présidentielle, les candidats porteurs de l'idée d'une VIe République étaient ultramajoritaires ! Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy reste le conservateur obstiné d'un système moribond.

Comment la responsabilité du chef de l'Etat doit-elle, selon vous, être exercée ?
Le président est statutairement en position de ne pas être responsable, car il est un arbitre, qui doit faire respecter le pacte suprême et veiller à le respecter lui-même scrupuleusement. Le président ne gouverne pas, c'est le rôle du gouvernement. Qu'il le veuille ou non, c'est dans la Constitution, et il n'a aucune légitimité, sans le peuple souverain, pour décider de la transformer à son profit en s'arrogeant des prérogatives qui appartiennent au gouvernement. Il est incroyable que l'Elysée, aujourd'hui, rende des arbitrages budgétaires en lieu et place du Premier ministre ; il est inadmissible que les conseillers de la présidence campent dans les ministères et chaperonnent les membres du gouvernement, en ayant plus de pouvoir qu'eux ! Vous, citoyens, nous, parlementaires, nous n'obtenons de comptes que d'un ministre sans pouvoir, alors que nous ne pouvons pas interroger le conseiller - celui-ci, d'ailleurs, n'a aucune existence statutaire. Et nous ne pourrons jamais interroger le président. Donc la responsabilité présidentielle n'existe pas, c'est une fiction, et c'est d'ailleurs pour cela que le général de Gaulle y a apposé un gouvernement, sous le contrôle du Parlement, accessible à la sanction (censure) et au questionnement permanent du pouvoir parlementaire.

Vous êtes en train de nous dire que Nicolas Sarkozy, depuis deux mois, ne respecte pas la Constitution...

Il ne respecte pas l'article 20 de la Constitution. Or il n'a aucun pouvoir pour abroger de fait cet article, selon lequel le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Nous sommes dans un phénomène de concentration monarchique des pouvoirs, et de risque, à tout moment, d'excès de pouvoir. En l'état, la Constitution ne peut pas être modifiée par violations successives. Lorsque nous posons des questions à un ministre, par exemple Mme Pécresse, chargée des universités, mais qui a été dessaisie du dossier, comment fera-t-elle pour nous répondre ? Le président Sarkozy, en réalité, fait dériver le système institutionnel vers davantage d'irresponsabilité. C'est précisément de cet excès-là que la Ve République est en train de mourir. Nicolas Sarkozy prétend aujourd'hui qu'il sera responsable quand surviendront les premiers problèmes. Mais il ne sera responsable de rien ! Car personne ne pourra le questionner, ni le censurer ni le renverser.

Tout le monde veut renforcer le rôle du Parlement. Pour vous, quelles sont les pistes indispensables ?

Il faut renforcer tous les systèmes de contrôle : des commissions d'enquête libres, un contrôle sur les ministres, dont la responsabilité doit pouvoir être mise en cause par les parlementaires, une amélioration du contrôle de l'argent public, de la politique étrangère et militaire, qu'il s'agisse des opérations extérieures ou des négociations européennes, par exemple. Si le président augmente ses pouvoirs, en contrepartie le Parlement doit être libre. Supprimons l'article 49.3, sauf pour les lois de finances, où il se justifie encore. Réduisons l'usage des ordonnances, utilisées abusivement pour transposer les directives européennes. Les nominations dans les autorités dites indépendantes, comme le CSA ou la Cnil, doivent relever d'une majorité qualifiée des trois cinquièmes. Il faut enfin rendre le Parlement plus représentatif de la société, avec une réforme du Sénat - véritable anomalie - de la proportionnelle dans l'une des deux chambres et le vote des étrangers aux élections locales. Et puis il y a le mandat parlementaire unique, oublié opportunément par le président. Quant au Conseil constitutionnel, composé d'une façon excessivement politicienne, il doit devenir accessible au citoyen et ne pas être exclusivement chargé de sanctionner les excès de pouvoir du Parlement, mais aussi être en mesure de contrôler les actes de l'exécutif. Si un ministre viole la Constitution par une déclaration ou un acte, ceux-ci doivent être censurés.

Face à cette hyperprésidentialisation du régime, quels autres contrepoids prônez-vous ?

La justice est aujourd'hui une autorité déléguée ; il faut bâtir les conditions de la séparation des pouvoirs entre la justice et le gouvernement. Est-il normal que la carrière des magistrats dépende du gouvernement ou que les procureurs soient ceux du gouvernement plus que ceux de la République ? Le problème de l'indépendance des médias, dans une démocratie d'opinion où la personnalisation du système politique est poussée à l'extrême, doit faire partie de la réforme institutionnelle. De nombreux pays européens institutionnalisent des règles du jeu pour empêcher les intrusions du pouvoir politique dans le système médiatique et la connivence des pouvoirs économiques contrôlant les médias avec le pouvoir politique. Il faut imposer un statut pour les journalistes et les sociétés de journalistes, et interdire aux propriétaires de médias de vivre de la commande publique.

Un mot pour qualifier aujourd'hui Nicolas Sarkozy ?

L'homme qui voulait être Premier ministre.

Bernard Kouchner ?

Un sac de riz pour justifier la fin de l'impôt sur la fortune.

Rachida Dati ?

Une aventurière Place Vendôme.

François Hollande ?

L'ex-principal défaut de Ségolène Royal.

Bertrand Delanoë ?

Paris n'est pas la France.

Ségolène Royal ?

A la recherche du temps perdu.

Source: L'Express.

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Parti Socialiste
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Mardi 17 juillet 2007

"Je suis engagée dans le bilan de la campagne présidentielle, mais pour ouvrir des perspectives"

Le 16 Juillet, Ségolène royal a réuni son premier séminaire de travail sur l'analyse de la campagne.

Ségolène Royal et son équipe se sont retrouvées dans une salle de l'Assemblée nationale pour une première réunion de travail post-élections: le matin avec une trentaine de membres de son équipe de campagne, et l'après-midi pour une réunion élargie aux élus qui l'ont soutenue et aux experts.

"Je suis engagée dans le bilan de la campagne présidentielle, mais pour ouvrir des perspectives", explique Ségolène Royal. Le but de cette réunion est de "regarder ce qui s'est passé". Elle souhaite qu'"à la lumière de ce qui c'est passé, ce travail, cette réflexion puissent contribuer fortement à la rénovation des idées socialistes, pour faire en sorte que la société française soit mieux connue et que l'espoir qui s'est levé pendant l'élection présidentielle ne soit pas perdu".

Ségolène Royal a en effet décidé de mettre en place"un groupe de coordination" et "des groupes de travail" autour des valeurs qu'elle a défendues pendant la campagne présidentielle et des "insuffisances des réponses concrètes apportées".

"Ce travail sera mis à disposition du parti socialiste" précisant qu'une première synthèse en serait faite le 25 août à la Fête de la rose de Melle (Deux-Sèvres), lors de sa rentrée politique.

"Je viendrai régulièrement restituer le produit, le fruit de ces réflexions collectives devant les instances du parti, je viendrai chaque fois que j'aurai avancé dans le cadre de ces groupes de travail sur des idées bien construites et bien structurées, je viendrai, puisque l'occasion m'en est proposée, devant le bureau national du parti socialiste pour les restituer et mettre dans le patrimoine commun".

"J'ai confiance, je suis optimiste, nous allons reconstruire, nous allons rénover, accompagner la société française, répondre au désarroi et aux attentes des militants. Je suis là et bien là, avec eux, je vais le faire avec ma parole libre de femme libre, mais appuyée sur un mouvement collectif , je serai là et bien là au sein du parti socialiste".

"Nous devons tous nous remettre au travail, en examinant avec beaucoup de clairvoyance tous les éléments refondateurs qui se sont levés pendant la campagne, et sur lesquels il faut continuer à travailler".

"J'ai compris mes forces et mes faiblesses. Certes nous avons perdu mais nous avons aussi fait des choses extrêmement positives, c'était une belle campagne, on en est fiers. Je ne fuirai pas ce bilan dans ses points forts, dans ses points faibles, dans ses lumières, ses échecs, et ses insuffisances, c'est en ayant le courage de faire ce bilan de vérité et d'authenticité que l'on pourra ensuite bâtir sur des bases très solides".

Côté forces, elle rappelle que "même s'il y a eu défaite, il ne faut pas renoncer à tout ce qui a fait lever ce formidable élan pendant la campagne". Elle évoque également ses "intuitions", même si elles étaient "parfois insuffisamment précises", et les "éléments refondateurs" qui se sont levés: la démocratie participative, la valeur travail, l'ordre juste... "Nous ne devons pas abandonner les raisons pour lesquelles tant de gens nous ont rejoints".

Ségolène Royal reconnaît, côté faiblesses, que "l'élaboration du pacte présidentiel est intervenue très tard par rapport à celui de Nicolas Sarkozy, qui lui était prêt beaucoup plus tôt".

Elle évoque aussi les difficultés de "traduction" de ces concepts. Ségolène Royal regrette également que la "greffe avec le parti" dans la deuxième phase de campagne ait dû se faire "dans l'urgence".

Source: Désirs d'avenir.

par Desirs d'avenir publié dans : Les débats
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Mardi 17 juillet 2007

Le Revenu de solidarité active (RSA) : la dure réalité

Le Revenu de solidarité active (RSA), tel qu'il vient d'être présenté par le gouvernement, n'a plus rien d'innovant . C'est un mécanisme de cumul partiel des minima sociaux et des revenus d'activité (le taux de cumul est encore aujourd'hui à l'arbitrage), très similaire à celui que la loi de lutte contre les exclusions avait créé en 1998, mais présenté d'une autre manière. La principale différence est que le RSA est permanent et dure aussi longtemps que l'emploi repris, alors que « l'intéressement » (mécanisme incitatif permettant un certain cumul entre RMI et revenu d'activité) ne durait qu'un an.

Le dispositif prévu manque totalement d'ambition. Dans le cadre des expérimentations adoptées par l'Assemblée nationale, il ne sera versé qu'à quelques milliers de bénéficiaires du RMI et quelques centaines de bénéficiaires de l'Allocation de parent isolé (API). Il est très douteux qu'on puisse tirer de cette expérimentation limitée des enseignements permettant de passer au RSA tel qu'il avait été proposé initialement en faveur de l'ensemble des travailleurs pauvres (des millions de personnes) par la Commission animée par Martin Hirsh et, à ce titre, soutenu par la gauche. On passe ainsi d'un projet pesant plusieurs milliards d'euros à une nouvelle forme de défausse de l'Etat, puisque ce sont, pour l'essentiel, les conseils généraux qui paieront. Du RSA originel, ne demeure donc que le sigle.

Le RSA présente de sérieuses lacunes. D'abord, il s'apparente à une allocation aux travailleurs pauvres, ce qui laisse de côté les personnes les plus éloignées de l'emploi, condamnées en quelque sorte au RMI « sec ». Ensuite, pour celles qui peuvent exercer une certaine activité professionnelle, il peut déboucher sur un effet pervers majeur : « sanctuariser » les petits boulots mal payés

Un petit arbre cachant une grande forêt de reculs sociaux ?

En effet, plusieurs dispositions très défavorables aux plus modestes sont aujourd'hui en projet :
- l'API (allocation de parent isolé) pourrait être ramenée au niveau du RMI au bout de un an, ce qui aurait pour effet mécanique d'augmenter de près de 100 000 le nombre d'enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté ;
- l'AAH (allocation aux adultes handicapés) pourrait également être ramenée au niveau du RMI, moyennant un complément pour les plus lourdement handicapés ;
- la prime de Noël versée aux bénéficiaires du RMI et de l'ASS pourrait être supprimée ;
- les crédits de l'appui social individualisé, qui sert à financer l'accompagnement vers l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux, pourraient être divisés par deux.

Les perspectives de la sécurisation des parcours professionnels (SSP), sur le modèle des pays nordiques, semblent beaucoup plus prometteuses que le RSA, qui constitue en réalité un dispositif antinomique : car, en lieu et place d'un simple complément financier pour quelques uns, la SSP à l'ambition d'accompagner concrètement le plus grand nombre vers l'emploi.

Source: Désirs d'avenir.

par Desirs d'avenir publié dans : Actualités politiques
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Vendredi 13 juillet 2007

Pendant la campagne présidentielle, Ségolène ROYAL avait demandé à Jean-Pierre BEL, président du Groupe Socialiste au Sénat, de réfléchir sur la réforme des institutions.

Le rapport qu'il lui avait remis le 8 février 2007, intitulé "Pour une nouvelle République", peut être versé au débat qui vient d'être relancé :

> Télécharger le rapport au format PDF.

Source: Désirs d'avenir.

par Desirs d'avenir publié dans : Actualités politiques
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Mercredi 11 juillet 2007

Propos recueillis par Benjamin BONNEAU
Mardi 10 Juillet 2007

Najat Vallaud-Belkacem, 29 ans, est une étoile montante du Parti socialiste. L'une de ceux par lesquels pourrait arriver la refondation. Candidate malheureuse aux législatives dans le Rhône, elle voit l'avenir du PS avec Ségolène Royal, dont elle fut porte-parole pendant la campagne présidentielle. Et considère que le renouvellement des idées prime sur celui des hommes.

L'actualité du PS, c'est la candidature de Dominique Strauss-Kahn au FMI. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Il a tout à fait le profil pour occuper ce poste. Il en a la compétence, l'expérience et la notoriété internationale. On peut sans doute compter sur lui aussi pour humaniser et responsabiliser cette institution. J'espère, si c'est son souhait, que sa candidature sera retenue.

Mais les ténors du PS s'éloignent tous du parti. Est-ce une bonne chose dans la perspective de la refondation du PS ?
Prendre de la hauteur ne signifie pas forcément s'éloigner du parti. J'imagine qu'ils pensent être plus libre de réfléchir comme cela et de contribuer à la rénovation. Ce peut être aussi une forme de contribution à la refondation du PS lorsque Laurent Fabius et DSK laissent par exemple leur place au Bureau National à des militants plus jeunes.

Cette refondation dont on parle beaucoup doit-elle se concentrer avant tout sur un renouvellement des hommes ou des idées ?
Je crois qu'il faut s'interroger sur ce que doit être la gauche du XXIème siècle, comme l'ont fait beaucoup de partis socialistes européens. Il y a donc nécessité d'une refondation idéologique qui peut et doit se faire dans le respect de nos valeurs et de notre histoire. Le monde change, notre façon de l'appréhender doit aussi évoluer. Dans ce cadre, il peut y avoir aussi un renouvellement humain, mais la modernité en politique n'a pas d'âge me disait Michel Rocard il n'y pas longtemps. Il a raison.

La modernité, c'est aussi l'entrée de personnalités de gauche au gouvernement ?
Si j'excepte le cas de M. Besson, je considère que ce sont des gens de qualité, mais je pense que, pour le moment, cette ouverture ne s'est pas faite à leurs idées et que c'est donc une ouverture en trompe l'oeil. Je crains des déconvenues mais j'espère me tromper. Pour l'heure, il n'y a que M. Hirsch pour avancer des idées alternatives, on verra jusqu'où il peut aller. La politique du gouvernement, c'est d'abord l'application du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy que ces personnalités ont combattu et je pense que les personnalités de gauche du gouvernement ne pourront pas s'exonérer d'une certaine responsabilité gouvernementale. Ils sont d'ores et déjà solidaires des cadeaux fiscaux qui inaugurent selon moi une économie de rente au lieu de favoriser le risque, l'esprit d'entreprise et de promouvoir la recherche et l'innovation.
Cela dit, je ne veux pas juger un gouvernement à la hâte et j'attends de voir si l'ouverture permettra de réorienter certaines annonces gouvernementales (TVA sociale, carte scolaire, avenir des ZEP, franchises médicales...). Enfin, je distingue le choix des hommes politiques, que je comprends mal, de celui des personnalités de la société civile qui pensent mieux faire avancer leurs idées dans un gouvernement qu'en dehors, fut-il de droite. L'avenir dira s'ils ont eu raison.

Cette ouverture est-elle selon vous une vraie volonté politique de Nicolas Sarkozy ou est-ce plutôt une manipulation visant à scléroser encore un peu plus le PS ?
Je crois aujourd'hui que les deux sont indissociables. Il y a sans doute à la fois une volonté réelle de Nicolas Sarkozy d'ouverture, mais dans le cadre d'un exercice sans partage du pouvoir, pas même avec son Premier ministre. Il aspire à se forger une image gaullienne qui lui impose d'être au dessus des partis. Mais il y a aussi dans ce contexte une volonté de réduire toute opposition au silence, de rendre toute critique illégitime. Dans ce cadre, son ambition est sans doute aussi d'affaiblir durablement l'opposition et le PS en particulier.

Le cabinet fantôme mis en place par Jean-Marc Ayrault a été mis en place pour que le PS joue son rôle d'opposition. Mais est-ce vraiment le meilleur moyen pour le PS de jouer son rôle d'opposition ?
Je trouve l'initiative très intéressante. Bien sûr, nous sommes dans une situation différente de la Grande-Bretagne, mais l'idée de structurer l'opposition parlementaire pour jouer le rôle d'une opposition constructive et capable d'incarner une alternative crédible est intéressante. C'est l'un des outils permettant au PS de jouer son rôle d'opposition, ce n'est évidemment pas le seul, les backbenchers du PS ne devraient pas s'en inquiéter !

Vous qui avez été la porte-parole de Ségolène Royal pendant la dernière élection présidentielle, comment jugez-vous son actuel positionnement au sein du PS, clairement en retrait ?
Ségolène Royal a été l'objet d'attaques souvent violentes et passionnelles, pas toujours très dignes. Elle n'ignore pas elle-même qu'il faut faire le bilan critique de la campagne, et elle a annoncé qu'elle y travaillait, mais je comprends qu'elle refuse d'être une victime expiatoire. Je ne dirais pas qu'elle est en retrait du PS, je dirais qu'elle est dans un temps plus long que celui de la campagne et qu'elle aborde notamment la question de la rénovation du PS avec sérénité et détermination.

Quelle est son ambition à court et moyen terme ?
Je crois qu'il faut parler de responsabilité plus que d'ambition. Ségolène Royal a une responsabilité particulière parce que 17 millions de Français ont voté pour elle et que beaucoup d'entre eux attendent d'elle qu'elle poursuive ce qui a été engagé, que ce soit dans la manière de faire de la politique, dans la rénovation du Parti socialiste, dans l'ouverture à des majorité d'idées. D'une certaine manière, elle a une dette à l'endroit de ses électeurs. Sa responsabilité est d'avancer dans la voie de la rénovation qui est la condition des victoires futures.

Etes-vous comme elle favorable à un rapprochement avec le centre ?
Je crois utile de s'interroger sur ce que pourrait être une sociale démocratie à la française et je crois que dans ce cadre, il est possible de trouver des convergences avec le centre sur un certain nombre de sujets. C'est ce qu'on appelle des majorités d'idées. Mon expérience lyonnaise me permet de témoigner que c'est possible, le PS a travaillé avec Anne-Marie Comparini (UDF) lors de la dernière législature du Conseil régional pour faire échec au Front National et le Grand Lyon est aujourd'hui dirigé avec le MoDem/UDF. Ne pas être d'accord sur tout ne signifie pas n'être d'accord sur rien.

Justement, serez-vous candidate à Lyon aux municipales de 2008 ?
J'aimerais bien...

par JDD publié dans : Dans les média
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Mardi 10 juillet 2007

Le comité Désirs d'avenir de Margny les Compiègne nous a transmis deux informations que nous relayons ci-dessous. Pour la petite histoire, on notera que le 1er secrétaire fédéral PS n'a pas jugé bon de soumettre la motion au conseil fédéral estimant que ... la question avait été tranchée par le national.

Pour un référendum avançant la date du congrès du Parti Socialiste

MOTION PRÉSENTÉE AU CONSEIL FEDERAL
PAR LA SECTION DE MARGNY-LES-COMPIEGNE
 Le 2 juillet 2007
 
La section de Margny-les-Compiègne réunie le 29 juin 2007 demande à ce que soit mise au vote et transmise au Conseil National la motion suivante :
 
Etant donnée la situation actuelle du Parti et l’urgence de la mise en route du processus de « rénovation », un certain nombre de militants souhaitent que le Congrès soit organisé sans tarder. Pour cela, un referendum doit être organisé afin de donner la parole aux militants et de mettre en application la déclaration de François Hollande au Congrès du Mans « nous tiendrons compte de la parole des militants ».

Pétition: NON AU MINISTERE DE « L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE »

Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même. En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l’identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère. Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense. Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

Signez la pétition en ligne

par Nelly Cochet - Margny Les Compiègne publié dans : Actualités politiques
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Lundi 9 juillet 2007

Dimanche 8 Juillet, TF1 a diffusé dans l'émission 7à8 une interview de Ségolène Royal au ton peu habituel.

« Je me suis découverte une capacité de résistance hors du commun »

Ségolène Royal revient d’abord sur son sentiment au soir du second tour : « C’est un moment de lourde déception, mais pas pour moi-même, pour les milliers de gens qui ont encore aujourd’hui, quand je les rencontre, les larmes aux yeux. » « Moi je devais rester solide comme une mère de famille qui doit rester debout pour ses enfants » même si « l’émotion est là, continue. Et ce qui est extraordinaire, c’est que les gens ne me reprochent rien et me disent merci comme lors du soir du deuxième tour, lorsque j’étais sur le toit du Parti Socialiste et que les gens me criaient merci . C’est alors une foule triste mais fière de cette campagne et qui sait qu’il y aura une suite, même si la suite se révèle compliquée. »

Ce qui a été le plus difficile ce sont « des phrases qui m’ont marquée, des attaques de mon propre camp, c’est le plus insupportable. Le point de faille le plus lourd face à l’adversaire » aggravé par une « improvisation dans l’organisation. »

« Les déclarations des autres ont été très violentes, indécentes, condescendantes, donc, si moi je faisais en plus mon auto-critique… mais je la ferai à la rentrée et dans toutes ses dimensions. »

Interrogée sur ce que lui a apporté la campagne, Ségolène Royal répond : « Je me suis découverte une capacité de résistance hors du commun » mais surtout « découvrir l’affection, l’amour des gens, c’est ce qui fait tenir pendant une campagne, ça redonne de l’énergie car j’ai une responsabilité à l’égard de tous ces gens ». Pour elle, ce qu’ils ressentent c’est de « la ferveur, de l’admiration pour une femme qui se lève, qui avance, mais je ne me sens pas le tempérament d’une madone, plutôt d’une combattante. »

«J’ai toujours eu conscience que je n’avais pas le droit de m’écrouler, d’abord pour les femmes car derrière, il y avait un enjeu important, je devais montrer que la longue marche des femmes débouche sur quelque chose de nouveau. »

A propos de sa situation personnelle, Ségolène Royal pense que « la politique n’abîme pas forcément le couple et la famille, elle peut même rapprocher. Mais il y a des circonstances privées qui font que les choses ne sont