Le chapitre 2 du livre en ligne de Ségolène Royal - Désirs d'avenir vient d'être publié.
Voir ci-dessous A PROPOS DES 35 HEURES.
Chapitre 2 - Les désordres de l’emploi et du travail
(comprendre les mutations pour mieux les maîtriser)
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1. Chômage, sous-emploi et précarité : les chiffres du désordre
Les chiffres ne rendent pas compte de l’épaisseur de la réalité humaine mais ils aident à prendre la mesure des désordres massifs de l’emploi et du travail qui déstabilisent, insécurisent et désespèrent les Français...
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2. Déstabilisation des classes moyennes et blues des cadres
Impossible, de nos jours, de réduire le désordre social à la désaffiliation des plus marginalisés ou à la concentration des difficultés dans les quartiers de relégation : c’est désormais le noyau central de la société française qui est atteint donc également ces classes moyennes qui, pendant quelques décennies, avaient vu leur sort s’améliorer et leurs rangs s’étoffer...
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3. La colère des Français et le descenseur social
Pour deux Français sur trois, le mot « capitalisme » évoque « quelque chose de négatif ou de très négatif » (sondage LH2 pour Libération en novembre 2005). C’est l’avis de 76% des sympathisants de gauche interrogés mais aussi de 38% de sondés qui se disent proches de l’UDF et de l’UMP. Pourtant, dans leur grande majorité, ils sont partisans de la liberté d’entreprendre...
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4. Sous les mots d’aujourd’hui, les idées d’avant-hier
A l’exact opposé du vécu des Français, certains discours apparaissent carrément surréels. Ils aggravent le désordre des choses par le mensonge des mots. Ils le disent plus ou moins ouvertement parce qu’en France, reprendre mot à mot le credo de l’ultra-libéralisme et parler aujourd’hui comme hier Mme Thatcher, ça ne passe pas...
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5. Financiarisation de l’économie : de l’intérieur du système, certains tirent le signal d’alarme
Le fait nouveau, en France, est que la conscience des dégâts n’est plus seulement le fait de ceux qui en font les frais. De l’intérieur même du système, des voix s’élèvent. Non, nous disent-elles, le seul scénario possible n’est pas celui de la financiarisation outrancière et du service exclusif des dividendes. Oui, faute de règles nouvelles, la destruction l’emportera sur la création de valeur et d’emplois...
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6. Patrons-voyous : les moutons noirs
Toute profession a ses escrocs et ses fraudeurs. Aucune ne mérite d’être jugée à l’aune de ses déviants. Il n’est donc pas question d’étendre à tous les entrepreneurs l’opprobre méritée par le petit nombre de ceux qui falsifient leurs comptes ou qui mettent brutalement la clef sous la porte en abandonnant du jour au lendemain leurs salariés. Mais ces scandales ont frappé les Français aux yeux desquels ils symbolisent les excès d’un système vécu comme de plus en plus prédateur donc incitant à l’immoralité...
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7. Licenciements boursiers : détruire les emplois pour doper les dividendes
De nos jours, les suppressions d’emplois ne sont plus seulement l’effet de difficultés économiques ou de redéploiements stratégiques adossés à un véritable projet industriel : elles peuvent accompagner des bénéfices records et n’avoir d’autres fonctions que d’adresser aux analystes et aux marchés financiers un signal de gestion rigoureuse de nature à orienter le cours des actions à la hausse...
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8. Mille-euristes et milliardaires : pauvreté salariée et parachutes dorés
La pauvreté est, en France, une réalité massive. Dans son rapport 2003-2004, l’Observatoire de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale citait trois chiffres...
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9. Délocalisations : la mondialisation-alibi
Les délocalisations sont devenues, en quelques années, le symbole emblématique des ravages de la mondialisation financière, des dangers de la concurrence planétaire des systèmes sociaux et fiscaux, de l’érosion – très vivement redoutée en France – d’une souveraineté nationale vécue comme impuissante à retenir les emplois qui s’échappent vers les pays à bas salaires...
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10. Santé-sécurité au travail : le retard français
En France, 2.000 accidents du travail occasionnent chaque jour une incapacité au moins temporaire. Si les accidents mortels ont heureusement régressé, ceux entraînant un handicap permanent augmentent de 15% par an alors qu’ils baissent annuellement de 10% en Allemagne...
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A PROPOS DES 35 HEURES
PARIS - 5 Juin 2006 - Après son pavé dans la mare sur le thème de la sécurité, Ségolène Royal dresse un bilan mitigé de la semaine de 35 heures, mesure phare du gouvernement de "gauche plurielle" de Lionel Jospin et sujet tabou au parti socialiste.
Dans le chapitre 2 du "livre en ligne" qu'elle publie sur son site internet, "Désirs d'avenir", la députée socialiste estime que "la répartition de l'effort et des avantages" liés aux 35 heures "a été fortement inégalitaire".
La contrepartie de cette réduction du temps de travail a été "un spectaculaire assouplissement du droit du travail (...) et une flexibilité accrue (annualisation, réduction des délais de prévenance, etc.)", écrit Ségolène Royal, aujourd'hui favorite des sondages dans la course à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007.
La réduction de la semaine de travail, officiellement de quatre heures, s'est en fait "bornée en moyenne à 2h30, voire 1h30 pour les ouvrières du textile", poursuit la compagne du premier secrétaire du PS François Hollande.
"La proportion des salariés en horaires flexibles est passée de 10% à 40%, soit plus que les salariés américains", souligne-t-elle. "Pour ceux-là, les rythmes de travail ont été intensifiés, les amplitudes horaires étendues et la segmentation de la journée de travail accentuée."
C'est essentiellement au bas de l'échelle des qualifications et des statuts que la flexibilité a été accentuée, constate la présidente de Poitou-Charentes.
"RESULTAT NON VOULU"
Elle cite l'exemple du groupe de pneumatiques Michelin, où "les cadres ont bénéficié de jours de congé supplémentaires et les ouvriers sont venus travailler le samedi."
La semaine de 35 heures a ainsi abouti, selon elle, à un résultat "non voulu" : "Une dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés, pour lesquelles la flexibilité s'est traduite par un empiètement accru sur leur vie personnelle et familiale alors que les femmes cadres y ont trouvé, elles, des jours de respiration bienvenus."
"Malgré l'intensification du travail et du stress, malgré la difficulté à joindre les deux bouts pour ceux qui s'en sortaient en cumulant les heures supplémentaires, l'appréciation globale des 35 heures par les salariés reste positive", note cependant Ségolène Royal. "Sans doute parce que le désir est fort d'avoir un peu de temps pour soi ou pour sa famille (...) et parce que l'espoir de créations d'emploi était largement partagé."
Enfin, l'ancienne ministre de Lionel Jospin estime que la loi Fillon, votée par la droite pour assouplir les 35 heures, a en réalité "figé les inégalités et cassé la dynamique de création d'emplois", objectif initial de la réduction du temps de travail.
"En termes de qualité de vie au travail, les résultats des 35 heures sont donc mitigés", conclut-elle.
Ségolène Royal avait déjà jeté le trouble la semaine dernière au PS en proposant la mise en place de structures à "encadrement militaire" et la mise sous tutelle des allocations familiales pour défaut d'autorité parentale, pour lutter contre la délinquance des jeunes.
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