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Vendredi 7 décembre 2007

 

Si vous avez raté Ségolène Royal hier soir dans l'émission "A VOUS DE JUGER" sur FRANCE2, nous vous proposons de la voir (ou revoir) ci-dessous.

 

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par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Candidature communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 7 décembre 2007

Découverte sur le net, cette lettre ouverte d'Eva à Ségolène Royal après son passage sur FRANCE2 hier soir. 

Nous pardonnons l'erreur qui met Ségolène à la présidence de la région Picardie ... nous en avons rêvé ... mais ce n'est pas le cas.

Extraits:

Spécial Ségolène Royal sur FR2 le 6 décembre 2007
 
Bonjour, 

Sur FR2 la voix de son maître, Arlette Chabot annonce triomphalement, au nom du pluralisme sans doute, qu’elle t’invite à son micro pour parler de toi, de la gauche, et de Nicolas Sarkozy. On allait donc savoir ce que tu penses de la politique du Président ! On allait enfin entendre sur une grande chaîne critiquer librement le nouvel élu ! Quel évènement ! 

Au cours de l’émission, il a été dit - par Olivier Besancenot je crois - que Sarkozy était le Président de 7% des Français. Et en effet, les maîtres du monde l’ont choisi pour diriger la France comme ils vont bientôt s’arranger pour faire élire aux Etats-Unis, en dépit de ses origines autrichiennes, "Terminator" ; un bon avocat et un comédien, on n’en demande pas plus pour berner les citoyens, voir http://syti.net, assurément le meilleur site du Web. 

Ségolène, je te tutoie car je suis une ancienne militante du P.S., j’avais des responsabilités, et même François Mitterrand me tutoyait. Je continue sur la lancée. J’ai quitté le P.S. car je le trouvais un peu trop complaisant envers le libéralisme et l’OTAN, et pas assez offensif. Désormais, je suis hors parti - mais toujours aussi militante. Du moins dans mon blog. 

 

...

 
Toi-même, Ségolène, quand tu rappelais certaines vérités concernant Sarkozy, on t’opposait aussitôt, par exemple, un embarrassant et perfide "Il y a quelque chose qui a beaucoup dérangé les socialistes, c’est la possibilité de demander à Bayrou d’être premier ministre...", auquel tu as parfaitement répondu, vu les circonstances : "C’était dans l’intérêt de la France". 

La Chabot te demande alors ce qu’il y a de commun entre toi et lui ; elle ne t’interrompt pas lorsque tu parles d’Etat impartial, de l’Education, des valeurs humaines communes, mais quand tu enchaînes en rappelant que Bayrou a eu des propos très durs sur le système de Nicolas Sarkozy, hop ! On reparle aussitôt de la mésentente des socialistes ; Il ne s’agit surtout pas d’évoquer, comme Bayrou l’a pourtant fait, la collusion des médias avec le candidat de l’UMP, son inféodation à l’Amérique et à Israël , et sa collusion avec les grandes puissances financières. Secrets d’ Etat ! 

A un autre moment, Arlette Chabot évoque le procès en incompétence dont tu as fait l’objet ; tu as fort bien répondu en parlant de tes propositions, et en rappelant ton itinéraire, qui t’a conduit de l’ENA au Parlement et à la Tête de la Région de Picardie, en passant par les différentes charges ministérielles. A ta place, j’aurais évoqué le fait que tu es la première femme à diriger une région, prélude à la direction d’un Etat, et surtout que tu as été la conseillère de François Mitterrand en matière de politique étrangère - un domaine où, justement, on ne s’est pas privé d’attaquer ta compétence. En tous cas, chaque fois tu t’en es tirée la tête haute : par exemple, en indiquant ton souci d’une juste redistribution des fruits de la croissance. 

Naturellement, la propagandiste Chabot ne manque pas de souligner que tu reconnais à Sarkozy des qualités - il arrive que la télé ne retienne de l’intervention d’un socialiste que les critiques contre son propre parti, ou les éloges rendus au Président ; il y a un fossé entre le temps de parole accordé à la gauche, et le contenu réel des extraits donnés - ; et lorsque, hypocritement, la Chabot fait une allusion aux "critiques adressées à Sarkozy", c’est pour citer l’hyper-présidence, les innombrables interventions sur le terrain du Président - en sachant justement que c’est le côté qui plaît aux Français. Et dire que cette télé-propagande est payée avec l’argent des contribuables français, bientôt même les plus démunis, pour qu’ils votent contre leur intérêt ! 

 

... 

 

En fait, je te suis reconnaissante pour plusieurs raisons. D’abord, tu as osé, toi femme, la première, à faire en France ce que d’autres ont réalisé ailleurs, souvent avec succès : te présenter à la charge suprême. Au nom de mes sœurs et de tous les démocrates, nous te remercions pour cette légitime audace qui rentrera dans l’ Histoire de la France. Et tu l’as accompli avec courage, avec fermeté, avec aplomb, malgré toutes les attaques dont tu as fait l’objet, malgré toutes les calomnies et les médisances que même ton propre parti, honte à lui, ne t’a parfois pas épargné ; en toutes circonstances , tu as fait preuve de calme, de maîtrise de soi , et malgré l’épreuve que tu vivais sans doute déjà dans ta famille , l’infidélité semble-t-il de ton époux Premier Secrétaire, gagnant notre estime et notre respect à tous, d’autant plus que ton adversaire, aujourd’hui, perd sans cesse ses moyens et donne à l’étranger de la France une image très négative. 

Je sais, Ségolène, que tu nous aurais dignement représentés à l’étranger, et que tu ne nous aurais pas trompés ainsi que Sarkozy le fait sans cesse, en s’attribuant des mérites qui ne sont pas les siens, comme ceux des contrats signés en Algérie . Tu es une femme d’honneur, tu as une éthique irréprochable, et c’est d’autant plus précieux que cela contraste avec la vermine qui a pris le pouvoir, cynique, malhonnête, sans scrupule, prête à tout pour accomplir ses desseins au service des puissants et contre les intérêts des plus fragiles. Oui, Ségolène, avec l’éducation qui a été la sienne, tu as compris qu’il était temps de rétablir le souci de l’éthique en politique, comme d’autres avant toi, je pense en particulier au très intègre Pierre Mendès-France. Nous sommes fiers de toi, Ségolène. 

Et je m’élève contre l’insinuation d’inaction te concernant, puisque je suis abonnée au site http://sego-dom.over-blog.com, passionnant, et qui informe régulièrement sur ce que tu fais - et sur la politique en France. Je salue le travail des militants de ce site, en particulier celui de Dominique. En lisant ce blog, on comprend que tu n’as pas cessé d’être active. 

 

Cliquez pour lire l'intégralité de la lettre ouverte et la commenter

par Desirs d'avenir Comités 60 publié dans : Dans les média communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Jeudi 6 décembre 2007

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Chers amis de Désirs d’Avenir,


L’actualité de ces derniers temps m’inspirent quelques réactions dont vous pouvez débattre sur le site.


Voyage de Nicolas Sarkozy en Chine : service minimum pour les droits de l’Homme.

Au delà de la communication sur les contrats industriels qui étaient pour la plupart déjà signés et des déclarations d’intention sur la nécessaire réévaluation du yuan, de nombreuses ONG, en particulier Reporter Sans Frontières, déplorent déjà la quasi-absence de déclarations tangibles sur les droits de l’Homme.

L’absence de la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama Yade est révélatrice. Mais de là à déclarer que la Chine avait effectué des « progrès depuis 30 ans » sur la question des droits de l’homme, il y avait une ligne rouge que la décence imposait de ne pas franchir.

A moins de huit mois des prochains Jeux olympiques, alors que monde a le regard tourné sur la Chine, la France avait la responsabilité historique de rappeler qu’elle n’oubliait ni le Tibet,  ni Tien an Men, ni les exécutions continues – et croissantes – d’opposants politiques. Les contrats, surtout ceux déjà signés, ne permettent pas tout.

La France ne gagnera pas le respect des Chinois en mettant de côté ses valeurs fondamentales : les Allemands souvent très durs avec Pékin, se sont toujours mieux imposés que la France sur le marché chinois. Les parts de marché que les entreprises françaises doivent gagner dans ce pays ne sont pas incompatibles, loin s’en faut, avec un discours ferme et équilibré sur l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’homme. C’est cela une démocratie qui marche sur ses deux jambes. La France ne doit plus être arrogante avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être fidèle à elle-même, constante dans ses convictions pour mieux promouvoir ses intérêts.


Elections en Russie, visite du Colonel Kadhafi en France

Comme l’a dit François Loncle à l’Assemblée Nationale, au lendemain des élections législatives russes, les accusations de fraude massive, de pressions et de malhonnêteté se sont multipliées en Russie et dans le monde. Et Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux à faire que de se précipiter au téléphone pour féliciter chaleureusement M. Poutine alors que les dirigeants de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ainsi que le gouvernement allemand, soulignent que ces élections n’étaient ni équitables, ni libres, ni démocratiques ! Pourquoi ce coup de téléphone pour le moins hâtif et imprudent, cette caution supplémentaire à un régime de plus en plus autoritaire ? Voila qui contredit totalement les engagements de M. Sarkozy, qui déclarait en mai dernier : « ce n’est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l’on doit s’interdire de dénoncer les violations des droits de l’homme ». Et de donner comme grand objectif à sa politique étrangère de promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde.

La Realpolitik devient un cynisme difficilement supportable qui va culminer lors de l’accueil du colonel  Kadhafi pour une visite d’Etat, contrairement à ce que font tous les pays de l’Union européenne, quelle appréciation portez-vous sur ces dérives ? Cette visite en France est intolérable alors que les tortures en prison sont désormais connues de tous.


Pouvoir d’achat

Parmi les annonces faites, je remarque que Nicolas Sarkozy a repris nombre de propositions que j’avais faites pendant la campagne :
- la réforme de l’indice des prix,
- le bouclier logement et les cautions,
- la taxation des compagnies pétrolières pour baisser le coût de l’énergie (alors que jeudi dernier il affirmait que ce n’était pas possible à cause des risques de délocalisation !).

mais il reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre : le doublement de l’aide à la cuve + 75 euros sera repris par la redevance télé à laquelle les personnes âgées vont être assujetties (+ 116,50 euros).


Quand Nicolas Sarkozy récupère le travail des entreprises françaises : l’imposture !

A chaque visite, ses soi-disant milliards de contrats. Comme si son seul déplacement était à l’origine de ces contrats alors même que la plupart de ces contrats étaient déjà signés. A ce compte là, il peut faire le tour du monde, partout où les entreprises sont présentes !

Mais pas un mot sur les délocalisations qui s’accélèrent. Depuis quelques jours, les grandes entreprises annoncent qu’elles envisagent des délocalisations :

Airbus qui a annoncé qu’il veut produire en zone dollar ;
Dassault qui lui emboîte le pas dimanche ;
Alstom aujourd’hui

Quelles actions et quelle riposte de Nicolas Sarkozy à ces délocalisations ? Peut-on sérieusement s’attribuer des contrats et pas les délocalisations qui sont d’ailleurs intégrées dans certains contrats ?


Il faut de la clarté et de la vérité.

Ségolène Royal
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par Ségolène Royal publié dans : Actualités politiques communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 5 décembre 2007

par Rue89

Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd'hui le livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, c’est vous" (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu'elle aussi était une femme qui avait souffert? 

Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d'une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.

 
La force 

Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d'honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate. 

Elle a "hésité longuement à parler" d'un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d'ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne. 

La vie politique -"Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c'est le bon jour, il va basculer vers moi. (...) Et ce jour n'est jamais venu."- se mêle à la vie privée -"une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë". 

L'humeur est également aux règlements de compte: "Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n'était pas une bonne idée." Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d'espoir, de 2012... et de sa condition de femme:

"Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d'un compagnon amoureux, à fond avec la candidate."

En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans "Une élection imperdable" (L'Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings ("Et pourtant je ne lévite pas", ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui "un procureur impitoyable". 

Elle pense aussi avoir été rejetée "comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes". 

Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:

"D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force."

Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l'implosion du PS pour mieux le reconstruire.

 
L’humour 

"J’étais sorcière, tu me voulais câline." Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti. 

"Ma plus belle histoire, c’est vous" est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:

"Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer."

L'identification 

"Depuis le 6 mai 2007, j'y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?" Ségolène Royal est une femme et s'interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n'y échappe. Aucun fait de campagne n'est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l'appréciation des (é)lecteurs. 

L'ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l'une des cinq parties de l'ouvrage. Au titre évocateur: "L'autre moitié du ciel: candidate mais femme." Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: "Etre une femme candidate, c'est pas si facile..." 

Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples "écarts de langage" pour mieux souligner leur gravité:

"Qui va garder les enfants?"
"Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel"
La présidentielle "n'est pas un concours de beauté"...
... ou "une question de mensurations"

Elle revient sans cesse à la charge: "Je le maintiens: le fait d'être une femme, ça a compté." Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux "caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré". A toutes les "travailleuses pauvres": "Sur 8,4 millions de salariés qui n'atteignent pas le smic, 80% sont des femmes." 

Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s'empêcher de penser: 

"L'ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?" 

Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit: 

"Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne." 

On est, nous aussi, en droit de s'interroger: quelles n'auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: "Comme une amoureuse qui craint un manque de libido"?
 

L'objectif 

"Dis, quand reviendras-tu?", chantait la dame en noir. L'ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012. 

C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où "le jour se lève encore". 

Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la "bravitude"), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne. 

Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu'elle a souffert pour l'écrire, qu'elle tenait à l'écrire. 

Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de... Barbara:

"Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose..."

Hubert Artus et Julien Martin

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Mercredi 5 décembre 2007

 

"Je vais m'engager avec passion dans la rénovation des idées du Parti socialiste pour préparer l'alternance"

 

Ségolène Royal sur TF1

Ségolène Royal était sur TF1 mardi 4 décembre et veut s'engager "avec passion" dans la rénovation des idées au sein et au-delà du Parti socialiste afin de préparer l'alternance en France. "Je vais m'engager complètement, pleinement, avec passion, dans la rénovation des idées du Parti socialiste, mais au-delà aussi, avec cette nécessité de faire converger toutes les forces de progrès pour préparer l'alternance".

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Mardi 4 décembre 2007

Ségolène Royal était lundi 3 décembre l'invitée du débat organisé par Le Monde sur le thème
"La gauche : comment sortir de l'impasse ?"

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, le répète. Son livre Ma plus belle histoire, c'est vous (Grasset), qui paraît mardi 4 décembre, est "déconnecté des échéances futures" et lui permet de "rendre des comptes" à ceux qui ont voté en sa faveur plutôt que d'en régler avec certains dirigeants socialistes.

Mme Royal n'entend pas évoquer avant janvier le congrès du PS, prévu fin 2008. "Je ne vais pas me laisser entraîner ou instrumentaliser dans un échéancier qui n'est pas le mien", prévient-elle.

Prudente sur le calendrier, Mme Royal continue cependant de marquer son territoire pour faire valoir sa "différence" – le mot revient régulièrement dans son livre. Invitée, lundi 3, du débat organisé par Le Monde au Théâtre du Rond-Point, à Paris, sur le thème "La gauche; comment sortir de l'impasse?", la présidente de la région Poitou-Charentes a plaidé pour que le PS organise son propre "dépassement". 

Décidée à couper l'herbe sous le pied de ceux qui la soupçonnent d'œuvrer en faveur d'une "droitisation" du PS sous couvert de promouvoir une alliance avec le MoDem, Mme Royal s'est attachée à plaider en faveur "d'un parti redevenu attractif". 

Le PS doit, selon elle, se poser comme "une force centrale à gauche, capable d'associer différents courants", allant des altermondialistes aux centristes, en mesure de "prendre ce qu'il y a de plus utile dans chaque courant" de pensée.

"BESOIN DE RADICALITÉ"

 

Il s'agirait de défendre "l'impartialité de l'Etat" avec le MoDem et de négocier "des compromis sociaux dans les entreprises afin de concilier sécurisation des salariés et efficacité économiquemais aussi de garantir les progrès sociaux". 

En parallèle, elle juge nécessaire de donner sa place à "un besoin de radicalité" sur certains sujets tels que la défense de la protection sociale et des services publics ou encore "le règlement des problèmes des banlieues". Citant l'exemple du traité européen de Lisbonne, en faveur duquel le PS s'est difficilement prononcé, elle suggère de construire "des convergences d'efficacité en attendant d'autres étapes". 

Mme Royal, qui "refuse de choisir" entre les idées de François Bayrou et celles d'Olivier Besancenot, a récusé le terme de social-démocratie. Il lui paraît "obsolète" et connoté comme "un dérapage vers la droite (…) comme si une gauche plus à droite serait plus efficace qu'une gauche à gauche". 

Revenant sur l'analyse de sa défaite face à Nicolas Sarkozy – qu'elle a accusé de "dresser les Français les uns contre les autres" –, Mme Royal a regretté un "manque de discipline" dans son camp et admis qu'elle n'avait pas eu réponse à certaines questions. 

Rappelant sa "détermination totale, passionnée à [s]'engager dans la rénovation de la gauche", elle a assuré avoir le désir de se trouver "d'une façon ou d'une autre, au premier rang de cette bataille".

Jean-Michel Normand
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